Le Matin : Qu’est-ce qui marque l’offre de formation de votre université ?
Souad Bennani : Universiapolis, l’Université Internationale d’Agadir, est le fruit d’une expérience entamée il y a plus de 28 ans par son fondateur Dr Aziz Bouslikhane. Il avait proposé la création de la première Business School au Maroc fondée sur le système d’enseignement nord-américain. Un concept qui a attiré des étudiants de plus de 15 nationalités. Notre rôle en tant qu’Université est d’évoluer vers une nouvelle conception de l’enseignement supérieur et une nouvelle approche de la recherche scientifique.
Conscients de l’ampleur des défis auxquels nous faisons face, nous avons construit notre Université sur quatre principes essentiels : des programmes évolutifs, des pédagogies innovantes, un réseautage intense à l’international et une orientation appliquée pour la recherche scientifique. La qualité de notre réseau de partenaires et échanges avec les entreprises et les universités internationales développent la mobilité et l’employabilité de nos lauréats, qui dépassent aujourd’hui les 3.500.
Notre excellence pédagogique, nos programmes ouverts sur l’international, la compétence et l’engagement de notre corps professoral et administratif et la qualité de notre infrastructure hors-normes ont permis à notre Université d’obtenir, cette année, la reconnaissance de l’État. Les diplômes délivrés par Universiapolis seront ainsi signés par le président de l’Université Ibn Zohr et seront automatiquement admis pour équivalence avec les diplômes nationaux : licence, Master et ingénieur d’État.

Beaucoup pointent du doigt la qualité de l’enseignement supérieur marocain. Comment évaluez-vous le système ? Et quelle pédagogie adoptez-vous pour garantir cette qualité ?
Il ne s’agit pas forcément d’un problème de système d’enseignement, mais plus du problème de sa mise en application. Le phénomène de la massification des effectifs dans les établissements publics rend l’application d’un système d’enseignement de qualité quasi impossible. La politique volontariste de l’État marocain pour encourager le secteur privé par la mise en place de la reconnaissance des établissements qui offrent une formation selon de très hauts standards de qualité peut contribuer à moyen terme à la diversification de l’offre de formation et
l’allégement des effectifs dans les établissements publics. Dans notre Université, la qualité de la formation ne se base pas uniquement sur la dimension pédagogique. Celle-ci n’est qu’un axe parmi d’autres. À savoir, la vie étudiante, la recherche scientifique, le système de gouvernance et l’offre de formation. Pour améliorer chacun de ces axes, nous nous soumettons annuellement à un exercice d’auto-évaluation et nous mettons en exécution toutes les actions correctives qui s’imposent.

Avez-vous des programmesspécifiques ?
Depuis sa création, Universiapolis s’est toujours préoccupée de l’insertion de ses jeunes lauréats. Il s’agit d’un défi qui constitue l’une de nos missions, à côté de la formation et de la recherche. Cette préparation au monde de l’emploi est introduite dès la deuxième année du parcours de nos étudiants, à travers un stage. Nous avons consacré un service spécial intitulé «Stage et Insertion», afin d’accompagner nos étudiants et les assister dans leur recherche de stages, de promouvoir les formations et les compétences de nos lauréats auprès des entreprises nationales et internationales pour faciliter leur insertion professionnelle, d’établir des conventions de partenariats avec les entreprises facilitant leur l’insertion, d’organiser des visites d’entreprises et des voyages d’études, de mener des simulations d’entretien d’embauche et la «Semaine des carrières et des métiers»…En troisième année (licence), ils sont amenés à réaliser entièrement un projet professionnel qui consiste à étudier plusieurs points : le plan marketing, le plan juridique, le plan ressources humaines, le plan production et le plan financier. C’est un exercice qui a un double objectif. Premièrement, les étudiants valident l’enseignement et l’apprentissage acquis durant les 3 années d’études. Deuxièmement, ils ont la possibilité de réaliser une étude de faisabilité qui pourrait aboutir à la création effective de leur propre entreprise, d’où l’idée du Salon Ficra Expo est née. Cet évènement a été créé dans le but de promouvoir l’entrepreneuriat en donnant la possibilité aux étudiants de se mettre en avant, mais plus précisément de «favoriser l’initiative par la création d’activité», «de faire de ses idées un sens», afin qu’elles soient prises en compte, appliquées, ou adaptées pour l’avancé économique de son pays, voire améliorer les techniques déjà connues ou en créer des nouvelles.
Dans le cadre de nos programmes spécifiques, toutes nos écoles et facultés proposent des licences et masters en adéquation avec le marché du travail actuel. D’ailleurs, la Business School – ISIAM lance cette année un nouveau Master «Islamic Banking and Finance», vu que cette spécialité a connu une croissance remarquable depuis les dix dernières années, notamment dans la région Moeyn-Orient/Afrique du Nord (MENA) et dans le Sud-Ouest asiatique. Au Maroc, et avec la promulgation officielle de la nouvelle loi bancaire marocaine ainsi que l’adoption d’une série de textes législatifs et réglementaires, le développement de telle activité revêt une importance stratégique. Un Master qui sera animé par une nouvelle équipe polyvalente composée d’universitaires et de cadres et professionnels du monde la finance participative.

Qu’en est-il du taux d’insertion de vos lauréats ?
Dès le sixième mois après l’obtention du diplôme, l’insertion des diplômés de l’université est déjà bien avancée. L’École polytechnique d’Agadir enregistre un taux de 60% au cours du premier semestre de la diplomation, et de 84% à partir d’un an, sur différents secteurs, dépendamment de la filière.
En Génie électrique, les fonctions occupées sont généralement dans les bureaux d’études et l’industrie. En Génie industriel et Génie alimentaire, la majorité de nos lauréats occupent des postes dans l’industrie agroalimentaire et la logistique.
En Génie mécanique, le secteur automobile occupe la première place, tandis qu’en Génie informatique, c’est le secteur de développement logiciel qui domine.
Concernant la Business School – ISIAM, elle réalise un taux semestriel de 56% d’insertion, et un taux annuel de 80%, avec 19% des débouchés en Finance et Comptabilité, 18,5% en Marketing et commercial et 12% en Audit-Contrôle de gestion. L’École supérieure de tourisme et d’hôtellerie atteint 40% d’insertion dès les six premiers mois de la diplomation.