Ce rendez-vous annuel, organisé par le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, l’Association et le commissariat général du SIAM, met en lumière un secteur agroalimentaire à fort potentiel qui représente plus de 16% du PIB et 40% de l’emploi.

La veille du SIAM a été marquée par l'organisation du grand événement annuel de l'agriculture : les Assises nationales de l'agriculture de Meknès qui se sont tenues cette année autour du thème «Agriculture et sécurité alimentaire au fil de l’eau». L’occasion de faire le point sur des avancées et des réalisations du Plan Maroc vert (PMV) qui, depuis son lancement en 2008, a toujours érigé l’utilisation rationnelle de la ressource hydrique parmi ses priorités. Ce plan a permis la création de plus de 300.000 exploitations agricoles, pour passer de 1,5 million à 1,8 million exploitations, a annoncé lundi le ministre de l'Agriculture, de la pêche maritime, du développement et des eaux et des forêts, Aziz Akhannouch. «Un progrès significatif dans la mécanisation de l'agriculture marocaine a été enregistré, pour atteindre 8,03 tracteurs pour 1.000 hectares, au lieu de 4,9 enregistrés avant la mise en œuvre du PMV», a précisé M. Akhannouch à l’ouverture des Assises.

Aujourd’hui, le Plan Maroc vert, dont le succès est fort remarquable malgré la persistance de certains défis à relever, sert de source d'inspiration pour nombre de pays africains. Ce Plan, qui replace l'agriculture au rang des premières priorités du pays, définit la politique agricole du Royaume pour les années à venir. L'objectif premier est de faire de l’agriculture un secteur performant apte à être un moteur de l’économie tout entière. Le deuxième objectif est de lutter contre la pauvreté et de maintenir une population importante en milieu rural.

Ces neuvièmes Assises nationales de l'agriculture connaissent la participation du président de l'Union africaine (UA) et Président de la République de Guinée. Invité de marque de cette édition, Alpha Condé a donné un discours d'ouverture au démarrage de ces assises dans lequel il a affirmé que l'Initiative Triple A, promue par Sa Majesté le Roi Mohammed VI lors de la COP 22, constitue une réponse innovante aux défis posés par le changement climatique en Afrique. «L'Initiative Triple A, promue par Sa Majesté le Roi Mohammed VI lors de la COP 22, constitue une réponse innovante et concrète aux défis que posent les changements climatiques pour les paysans africains», a souligné M. Condé. Selon lui, le choix du thème de ces Assises est tout à fait indiqué à un moment où le monde prend conscience des enjeux vitaux liés à la préservation et à la bonne gestion de cet «or bleu» et de toutes «les conséquences désastreuses auxquelles nous devrons faire face si rien n'est fait». «Il suffit de se rappeler que l'agriculture est la première activité économique dans plus de 95% des pays africains, un secteur qui concentre près de 35% des emplois directs du continent et génère les revenus de près de 70% de la population, soit près de 600 millions de personnes, pour se convaincre de l'impérieuse nécessité de donner au développement de notre agriculture la priorité requise en rapport avec l'impact qu'il peut avoir sur la croissance économique et la lutte contre la pauvreté», a-t-il souligné.

Le Président guinéen veut s’inspirer du modèle marocain en agriculture. Conakry et Rabat sont liés par trois projets pilotes agricoles qui ont été signés en février dernier. Il s’agit d’un projet d’aménagement hydro-agricole d’une superficie de 200 à 300 hectares, d’un projet d’agrégation de petits agriculteurs guinéens autour de la filière maïs et d’un accord de fourniture de 100.000 tonnes d’engrais comportant un don de 20.000 tonnes d'engrais complexes, signé par le groupe OCP.
Il faut noter que la démarche du groupe OCP en Afrique est globale et touche la totalité de la chaine de valeur. Pour cela, l’OCP appelle à une fertilisation raisonnée en Afrique à travers la production d’engrais adaptés aux sols et aux cultures locales et accessibles aux fermiers africains. L’action du groupe s’accompagne également de mécanismes d’appui aux agriculteurs (carte de fertilité, Caravanes OCP…). Cette vision africaine de l’Office s’inscrit dans la droite ligne des Orientations Royales érigeant, dans leurs priorités, la coopération avec nos partenaires africains et leur concrétisation par la décision de S.M. le Roi pour la création d’une usine de production d’engrais entièrement dédiée à l’Afrique. L’unité d’engrais de Jorf Lasfar visant exclusivement à accompagner le développement et la rentabilisation de l’agriculture africaine est «une première mondiale», selon le PDG de l’OCP, Mostafa Terrab. Dans ce cadre, l’OCP consacre une part significative des investissements consentis dans le cadre de sa stratégie de développement, à la satisfaction de la demande en fertilisants de l’Afrique.

Aujourd’hui, plus d'une vingtaine de pays africains coopèrent avec le Maroc pour développer leur agriculture. Cette coopération porte sur les domaines de l'alimentation, des ressources naturelles, de l'éducation et de la formation agricole, de la recherche et le développement, et des plateformes technologiques et d'innovation au service de la sécurité alimentaire en Afrique.
Cette année, le SIAM a choisi l’Italie comme invitée d’honneur. Troisième pays agricole de l’Union européenne, l’Italie est l’un des leaders mondiaux de l’agriculture biologique en Europe et dans le monde et des pays les plus impliqués dans les productions sous Signes d’identification de la qualité et de l’origine (SIQO). Elle occupe le 17e rang des partenaires commerciaux du Royaume dans le domaine agricole. Quarante-quatre entreprises italiennes présenteront leurs offres de produits, technologies et services agricoles, indiquent des responsables de la Foire de Vérone, coorganisatrice de la participation italienne à ce grand événement. «Désigné en tant que partenaire exclusif pour la gestion des espaces dédiés aux entreprises italiennes, la Foire de Vérone a réussi à mobiliser 44 entreprises qui exposeront leurs produits dans un stand d’une superficie de 1.200 m2 au SIAM, le plus important Salon agricole en Afrique et pont pour le commerce avec l’Afrique», ont-ils souligné.

Le SIAM sera ainsi l’occasion pour les professionnels et les acteurs dans le secteur de conclure des partenariats commerciaux et des contrats de travail dans le secteur agricole. Dans ce sens, les industriels marocains affichent l’ambition de tirer profit des perspectives d’évolution des marchés à l’export, notamment ceux localisés en Afrique, à plusieurs signatures de conventions et des espaces de mise en relation B to B.