Développement professionnel

Comment venir à bout de la jalousie

,LE MATIN
07 Mars 2017
Developpement-professionnel2017.jpg La jalousie est à la source aussi bien des intrigues et des conflits (ouverts ou sous-jacents), que de la baisse de la confiance mutuelle et de la cohésion des équipes et de la productivité en finalité.

La jalousie constitue un aspect sombre de la personnalité humaine et des émotions à conséquences désastreuses. Pour y remédier, il est nécessaire d'identifier son origine pour mieux agir. «Le premier pas c’est déjà de reconnaître chez soi ce trait de caractère dont personne n’est fier et qu’on a du mal à s’avouer à soi-même», explique Malgorzata Saadani, coach, consultante certifiée ICC et DG d'ANC Communications.

Éco-Conseil : Des études ont prouvé que la jalousie entre collègues au travail peut être source de mal-être et de différents conflits. Qu’en pensez-vous ?
Malgorzata Saadani : La jalousie fait partie de l’aspect sombre de la personnalité humaine et des émotions à conséquences désastreuses. Elle se réfère soit à la comparaison avec l’autre dans un esprit de compétition permanente, soit à une simple envie de dévaloriser l’autre sans que cela ait un lien direct avec les enjeux personnels. Dans le premier cas, la jalousie surgit lorsque la personne identifie un «concurrent» potentiel dont les objectifs entrent dans la ligne de mire de ses propres plans : un collègue doué et zélé peut se faire attribuer les missions plus prestigieuses, obtenir une meilleure prime ou être promu à un poste qu’on vise soi-même. Mais cette compétition peut aussi avoir un caractère très symbolique, comme être plus apprécié par les collègues pour ses talents de bon vivant ou encore avoir la confiance ou le respect du chef. La deuxième situation précitée, à savoir la jalousie sans enjeu, est un cas beaucoup plus grave. Il s’agit notamment des situations où un simple constat de succès, souvent chez une personne qu’on ne connaît même pas, évoque un désir de lui nuire pour le plaisir douteux de tirer cette personne vers le bas. Malheureusement, ce sont des situations assez fréquentes où la médisance exacerbée prouve un vrai malaise social, une frustration personnelle, voire le déséquilibre psychique des nombreux envieux. Dans les deux situations que je viens de décrire, la jalousie est à la source aussi bien des intrigues et des conflits (ouverts ou sous-jacents) que de la baisse de la confiance mutuelle et de la cohésion des équipes, et de la productivité en finalité.

Comment faire face à la jalousie d’un collègue au travail ?
À vrai dire, la personne jalouse a surtout un problème avec elle-même, avec les émotions découlant du manque de confiance en soi, avec le besoin de se sentir valorisée. La jalousie modérée peut être gérée grâce à la bonne communication et à l’intégration de la personne dans son équipe : il faut la rassurer, la valoriser et lui faire comprendre qu’il y a de la place pour tout le monde au sein de l’entreprise. On peut identifier une telle personne à travers ses propos et ses actes et tenter de la gérer au mieux. Par contre, la jalousie exagérée ou pathologique est un problème qui nécessite des soins psychologiques adéquats. Il est donc difficile d’envisager un remède simple à l’aide des outils de management.

Et si on est soi-même jaloux, comment transformer ce sentiment en un puissant levier de carrière ?
Le premier pas, c’est déjà de reconnaître chez soi ce trait de caractère dont personne n’est fier et qu’on a du mal à s’avouer à soi-même. Sachant que la jalousie est une émotion dite composée découlant de la colère (qui est une émotion dite primaire), il faut identifier son origine pour mieux agir. Prenons l’exemple d’une concurrence avec un collègue pour une promotion. Si nous sommes jaloux des résultats d'une personne ou d’une belle présentation qu’elle a faite, cela doit nous pousser à des efforts pour améliorer nos propres résultats et performances personnelles, à mieux mettre en valeur notre travail. Si nous ressentons de la jalousie suite à une décision injuste de la part de la hiérarchie, cela doit nous pousser à mieux communiquer pour faire connaître notre opinion et, dans le cas extrême de défaillance structurelle du management (népotisme, inexpérience humaine, mauvaise organisation), cela peut même nous pousser à rechercher un nouvel employeur où la structure et la gestion des carrières seraient plus saines.



Concentrez-vous sur vous-même !

Comme vous le constatez, la jalousie pousse à l’action. Alors autant que cette action soit positive : au lieu de s’asseoir dans un café et de faire de la médisance, il est préférable de se concentrer sur soi-même et sur l’amélioration de ses propres compétences et résultats. Aussi, même en n’étant pas particulièrement jaloux, nous devons être très vigilants pour ne pas nous laisser «contaminer» par les personnes de notre entourage. Si nous prêtons trop l’oreille à des discours envenimés, tôt ou tard certains mots vont se graver dans notre esprit en l’éloignant de l’action constructive et en l’entraînant sur la pente dangereuse de la médisance et de la frustration.

E-MATIN
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