Le fait de prendre la femme comme thématique générale du festival a permis de voir de plus près le travail accompli par elle dans plusieurs disciplines cinématographiques, puis de considérer l’ampleur de ses exploits dans ce domaine où elle est restée, jusqu’à ces derniers temps, presque inaperçue. Ce festival a, ainsi, constitué une opportunité pour beaucoup de femmes, travaillant dans le secteur, d’être découvertes, mises en valeur et pour certaines même d’être consacrées pour leur talent, pour d’autres de voir leur dévouement valorisé et remarqué.
C’est toute une machine qui s’est mise en marche depuis la création de ce festival, permettant de dénicher toutes les perles féminines qui se sont dévouées dans les différents métiers du septième art.
Et c’est la ville de Salé qui a eu l’initiative d’opter pour cette thématique de la femme qui s’est avérée un plus pour le paysage cinématographique au Maroc.
«Nous sommes toujours dans la continuité pour consolider les assises du cinéma au féminin. Je pense que le festival commence à atteindre tous ses objectifs à travers les films programmés, les hommages rendus à des femmes qui ont brillé dans leur carrière, les tables rondes à thèmes et autres activités en parallèle. Nous sommes fiers de voir que le festival a acquis un certain rayonnement à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc et une crédibilité accrue. C’est tout à l’honneur de notre pays et de la ville de Salé en particulier», souligne le directeur du Festival, Abdellatif
Laassadi. Ce dernier ne manque pas de préciser que d’année en année, la sélection des films est de plus en plus peaufinée, mettant en exergue les productions réalisées par des femmes. Comme pour cette édition où la sélection des longs métrages pour la compétition officielle réunit 11 films réalisés par des femmes et un seul fait par un homme. C’est dire que le festival est parvenu à réaliser les objectifs qu'il s'est tracés depuis son lancement : ceux de respecter la thématique de la femme dans l’univers cinématographique et d’arriver à explorer plusieurs horizons dans divers pays et continents.
Ainsi, la sélection de cette année a pu drainer des films d’Europe, d’Amérique latine, d’Asie, d’Afrique et du monde arabe.
«Le fait de réussir à réunir toute une pléiade d’artistes du monde entier, d’intellectuels de tout bord, de cinéphiles de tout âge autour des mêmes tables et de les solliciter à réfléchir ensemble sur les tenants et les aboutissants d’un cinéma qui, qu'on le veuille ou non, reste minoritaire, partout dans le monde, est déjà un vrai exploit et permet d'aller de l’avant dans l’encouragement et le respect de la créativité au féminin. D’où le choix pertinent de la thématique du Forum de cette édition qui a pour intitulé “Le discours du corps au cinéma : parole aux femmes”», renchérit Abdellatif
Laassadi. Le choix du jury y est aussi pour quelque chose, sachant que pour cette année, c’est Dominique Cabrera (scénariste, réalisatrice, productrice et actrice française) qui présidera le jury. Ce dernier sera composé de Sophie Goyette (scénariste et réalisatrice, Canada), Kamla Abuzekri (réalisatrice, Égypte), Pilar Carrasco Aguilar (écrivaine, chercheuse et critique de cinéma, Espagne), Souad Houssein (cadre spécialiste du programme Cinéma à l’Organisation internationale de la francophonie, Djibouti), Saadia Ladib (actrice, Maroc) et Marie-Eve Musy
(actrice, Suisse).
