Enseignement

Le Conseil supérieur de l’éducation, une action continue pour la réhabilitation de l'école

Hafsa Sakhi,LE MATIN
20 Aout 2017
Enseignement.jpg 23 septembre 2016 : S.M. le Roi Mohammed VI a donné, à Tanger, le coup d'envoi officiel de la rentrée scolaire 2016-2017. Ph. MAP

Sa Majesté le Roi Mohammed VI a toujours placé la formation et l’éducation des jeunes en haut de Ses priorités. En témoignent les différents chantiers initiés pour encourager la mise en place de politiques publiques et de réformes visant à améliorer la qualité de l’école publique. Le but étant d’offrir à la population un enseignement public de qualité permettant aux jeunes de participer pleinement au développement que connaît le Maroc. Cette haute bienveillance se manifeste, entre autres, par la mise en place du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique.

C’est le 16 juillet 2014 que le Souverain a procédé à l’installation des membres du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS). Un Conseil qui se présente comme une entité constitutionnelle indépendante, dont la mission est de donner des avis sur les politiques publiques et les questions d’intérêt national portant sur l’éducation, la formation et la recherche scientifique, mais également d’établir une feuille de route à même de développer le secteur éducatif marocain.
«Dans le contexte des réformes que Nous mettons en œuvre au service du citoyen, la réforme de l'enseignement est à la base du développement. Elle est la clef de l'ouverture et de la promotion sociale, le gage de protection de l'individu et de la collectivité contre les fléaux de l'ignorance et de la pauvreté, et les démons de l'extrémisme et de l'ostracisme. Voilà pourquoi Nous n'avons de cesse de plaider pour une réforme substantielle de ce secteur vital, de sorte à réhabiliter l'école marocaine et à la rendre apte à remplir comme il se doit la mission qui est la sienne en matière d'éducation et de développement. Aussi avons-Nous confié au Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique le soin d'évaluer l'état d'exécution de la Charte nationale de l'éducation et de la formation, et de dégager une vision stratégique globale pour la réforme du système éducatif dans notre pays». C'est là un extrait du discours prononcé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI à l'occasion du 16e anniversaire de la Fête du Trône.

En effet, près d’un an après sa mise en place, le Conseil a élaboré une nouvelle feuille de route du système éducatif, remplaçant la Charte nationale d’éducation et de formation 2000-2013. Il s’agit de la Vision stratégique de la réforme 2015-2030, dont le but principal est de garantir «une école de l’équité et de l’égalité des chances. Pour cela, et afin de consolider les acquis, dépasser les difficultés et réaliser une généralisation équitable, le Conseil propose huit principaux leviers de changement.
On parle de mettre en œuvre le principe de l’égalité d’accès à l’éducation et à la formation ; l’obligation et la généralisation de l’enseignement préscolaire ; la discrimination positive en faveur des milieux ruraux, périurbains et des zones déficitaires». C'est-à-dire que pour le CSEFRS il est prioritaire de les doter de toutes les ressources humaines, d’équipement et de logistique. La Vision 2015-2030 prévoit aussi la garantie du droit d’accès à l’éducation, à l’enseignement et à la formation pour les personnes en situation de handicap ou à besoins spécifiques ; ainsi que la garantie d’un apprentissage continu et durable et de la construction du projet personnel et d’insertion. Doter les institutions d’éducation et de formation de l’encadrement, des équipements et du soutien nécessaires est également un des leviers de la Vision, sans omettre de mettre en place une école performante et attractive et de faire de l’enseignement privé un partenaire de l’enseignement public dans la généralisation et la réalisation de l’équité.

Et le moins que l’on puisse dire est que le Conseil ne ménage pas ses efforts pour accomplir ses missions. La tenue, récemment, de sa 12e session a ainsi été l’occasion de revenir sur les réalisations du Conseil et les obstacles auxquels le système éducatif continue de faire face. «Nous constatons que, grâce à l’action commune et à l’approche participative mise en œuvre, nous avons contribué de façon effective au chantier de promotion de l’école et nous avons même commencé à recueillir les premiers fruits, comme l’attestent les multiples marques de reconnaissance manifestées à l’égard du Conseil, tant au niveau national qu’international. Comme vous pouvez le constater, il devient fréquent que les agendas des sessions de notre assemblée générale comportent, parmi les points soumis aux débats, les résultats des travaux conduits au sein du Conseil, consacrés à l’examen des problématiques essentielles de la Vision stratégique de la réforme et à la réflexion prospective. Il s’agit là d’un indice significatif de la vitalité des entités qui portent ces travaux», a déclaré Omar Azziman, président du CSEFRS dans son allocution.

«Malgré ces signes encourageants, nous devons garder à l’esprit que, sur le terrain, les résultats ne sont pas encore au rendez-vous et que nous travaillons toujours dans un contexte marqué par un scepticisme à l’égard des performances de l’école marocaine, ce qui oblige à redoubler d’efforts en matière d’approfondissement, de veille, de proposition et d’évaluation pour répondre tant aux objectifs de la Vision stratégique de la réforme 2015-2030 qu’aux attentes de la société», ajoute M. Azziman. 

Le préscolaire, obligatoire dès 4 ans

Assurer l’éducation primaire pour tous est l’un des huit Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) que le Maroc s’est fixé d’atteindre. Le PNUD Maroc (Programme des Nations unies pour le développement) fait savoir que l’examen de l’évolution des effectifs des enfants préscolarisés, entre 2008-2009 et 2011-2012, a fait ressortir une tendance à la baisse de 5,4% pour toute la période. «Néanmoins, l’impact de cette baisse sur le taux net de préscolarisation (enfants âgés de 4-5 ans) reste limité, puisqu’il est passé de 48,2% en 2008-2009 à 53,9% en 2011-2012». De Ason côté, Mohamed Hassad, ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, a fait ressortir lors de son intervention à la 12e session du Conseil que 100.000 enfants par an échouent dans leur première année primaire, d’où l’importance d’introduire le préscolaire. À ce titre, au terme des travaux de cette session, le CSEFRS a indiqué que le projet d’avis sur la généralisation de l’obligation et la gratuité de l’enseignement préscolaire a été adopté en faveur des enfants âgées de quatre à cinq ans.





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