Le Plan d’aménagement de Mehdia a fait l’objet, en fin de semaine, d’une rencontre revêtant un caractère capital, sachant que cette station balnéaire n’a jamais bénéficié de documents d’urbanisme. Parmi les orientations stratégiques qui ont été prises par l’Agence urbaine de Kénitra-Sidi Kacem pour la réalisation du Plan d’aménagement de Mehdia figurent le développement du tourisme durable, la valorisation des sites historiques et culturels, la création de zones dédiées aux activités de pêche côtière, la diversification de l’offre immobilière et l’amélioration des services 

urbains. Il est à rappeler, à cet égard, qu’un Plan d’aménagement concernant cette commune, qui dispose d’atouts touristiques et de ressources écologiques et naturelles énormes, a été élaboré en 2004, mais il a été abandonné faute d’approbation. 

La mise en application du plan actuel se heurte à plusieurs contraintes. Mehdia souffre d’une forte pression démographique et urbanistique et d’une voracité immobilière, compte tenu de sa proximité géographique avec la ville de Kénitra.

D’un autre côté, la ville est l’unique endroit au Maroc qui se situe juste à côté de quatre grands sites aux ressources naturelles exceptionnels. C’est une commune entourée par la zone humide de Sidi Boughaba, du fleuve Oued Sebou, de la forêt de chêne-liège Maâmora et de l’océan Atlantique. Aujourd’hui la commune de Mehdia ne dispose plus que de 159 hectares pour la réalisation de projets socioéconomiques et touristiques. Une superficie qui ne peut pas répondre aux exigences d’un développement durable et harmonieux. 

Ce déficit foncier menace gravement l’équilibre écologique de cette zone. L’unique solution, selon l’ensemble des intervenants lors de cette journée d’étude, réside dans l’intégration, au sud de la ville, d’une partie de la commune de Sidi Taïbi et de Chlihate, de l’autre côté de l’embouchure de Oued Sebou. Et ce, pour échapper à l’asphyxie et pour valoriser ces trois sites à la fois.

Le projet «Mehdia ville durable» a été, par ailleurs, longuement discuté lors de cette rencontre. Il sera créé dans cette zone écologique fragile qui entoure la ville. Le schéma d’aménagement comprend cinq grands ensembles : un centre dédié à la recherche médicale, un golf de 50 hectares, un programme de construction de 500 villas et un projet résidentiel avec immeubles, un hôtel 5 étoiles en front de mer et, enfin, une zone regroupant des commerces et des services avec un centre des congrès, un mall, une marina, des plateaux bureaux et une promenade urbaine le long du littoral. 

Ce projet n’a pas manqué de susciter quelques inquiétudes, notamment chez les acteurs associatifs concernés. Il est temps, dit-on, que ce grand projet soit débattu sur la place publique, en vue d’écarter les doutes et de préserver un patrimoine écologique unique en son genre.