Le retour de la Grèce sur le marché obligataire peut être «utile» à condition que tout nouveau financement ne provoque pas une hausse de la dette grecque. C’est-ce qu’a estimé, le 26 juillet, Delia Velculescu, chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) pour le pays, citée par l’AFP. «L'un des principaux objectifs du programme actuel pour la Grèce est de faciliter le retour du pays sur le marché, mais sur une base de viabilité de la dette», a-t-elle souligné dans un entretien paru dans le quotidien grec des affaires Naftemporiki. Après trois ans d'absence des marchés, la Grèce a réussi mardi à lever 3 milliards d'euros à cinq ans avec un taux de rendement de 4,625% et un coupon de 4,375%, inférieurs à une obligation similaire d'avril 2014 (4,95 et 4,75% respectivement). Continuant à bénéficier des prêts à taux généreux du Mécanisme européen de stabilité (MES) jusqu'à la fin du programme, prévue en août 2018, la Grèce n'a pas actuellement besoin de se financer sur les marchés. D’après l’AFP, l'émission de l'obligation de mardi est plutôt considérée comme un test pour préparer le refinancement obligatoire du pays sur les marchés à l'issue de ce programme.

«Un second et même un troisième essai pourraient avoir lieu d'ici la fin du programme», a assuré le 24 juillet le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos. Pour Delia Velculescu «tester les marchés avant la fin du programme actuel peut être utile à condition que tout nouveau financement soit aligné avec les objectifs de la soutenabilité de la dette publique, qui ne permet pas une nouvelle hausse de la dette». La dette publique grecque, à 179% de son PIB en 2016, reste le grand fardeau de son économie, et le pays est obligé d'utiliser une grande partie de ses fonds pour rembourser les trois prêts successifs, accordés par la zone euro et le FMI depuis le début de la crise de la dette en 2010.