Aujourd’hui, le photographe mexicain Andrés Ordóñez présente l’exposition «Paysages intérieurs», à la Villa des arts, de Rabat. C'est une série de 45 images qui expriment son parcours au Maroc et intégrant ce projet photographique. «Le paysage du Maroc se trouve dans ses gens. Son interaction constitue la dynamique à plusieurs vitesses simultanées qui caractérise le pays. Une dynamique qui est le résultat du conflit entre l'anxiété de modernité, en tant qu'aspiration nécessaire, et l'ancrage dans une tradition millénaire, en tant que déterminant de l'identité culturelle, politique et économique», indique à ce propos Andrés Ordóñez. Selon lui, l’hybride marocain est insaisissable aux yeux complaisants du visiteur occidental.
Plein de candeur, l'européen affirme sa propre centralité en qualifiant l’entourage qu’il ne comprend pas d'exotique, sans se rendre compte qu'il est inséré dans une puissante configuration dans laquelle il est excentrique. «Moi je suis un voyageur. Depuis trente ans je gagne ma vie dans l'exercice d'un métier transhumant qui m'a appris à déchiffrer et faire miens les paysages d'autrui. Je suis mexicain. J'appartiens à une nation hybride et complexe comme la nation marocaine, toujours à cheval entre la modernité et la tradition. C'est pourquoi mon regard sur le Maroc ne peut qu'être amoureux», poursuit-il.
