Enseignement

Les parents d’élèves montent au créneau

,LE MATIN
19 Mars 2017
Les-parents-deleves.jpg Un groupe de parents a lancé sur Facebook, il y a quelques jours, une pétition pour «Sauver l'enseignement marocain».

Créé il y a à peine un mois, le Groupe du Mouvement libre des parents d'élèves au Maroc a lancé sur Facebook une pétition qui sera envoyée prochainement au ministre de l’Éducation nationale dans le but d’ouvrir le débat sur la restauration de l’école publique et de dénoncer les agissements du secteur privé.

Soucieux de donner un enseignement de qualité à leur progéniture, de plus en plus de parents ne font plus confiance aux écoles publiques et optent pour le secteur privé malgré la cherté des tarifs qui ne cessent d’augmenter chaque année. Mais on remarque dernièrement que même les écoles privées ne satisfont plus les exigences des parents. Ces derniers se plaignent non seulement des tarifs exorbitants, mais aussi du corps enseignant incompétent, de la mauvaise pédagogie… Face à cette situation, un groupe de parents sur Facebook baptisé «Mouvement libre des parents d'élèves au Maroc», a lancé, il y a quelques jours, une pétition pour «Sauver l'enseignement marocain». Ce document vise à ouvrir le débat sur la restauration de l’école publique et dénoncer les agissements du secteur privé.

Conformément à l’article 31 de la Constitution marocaine : «L’État, les établissements publics et les collectivités territoriales œuvrent à la mobilisation de tous les moyens à disposition pour faciliter l'égal accès des citoyennes et des citoyens aux conditions leur permettant de jouir des droits… et à une éducation moderne, accessible et de qualité». Aujourd’hui, les parents se trouvent confrontés au défi majeur qu’est la scolarité dans notre pays», lit-on dans cette pétition qui a dépassé les 3.000 signatures. Et d'ajouter : «Devant un secteur public en agonie (fermeture des établissements publics, démission des enseignants, régression de la qualité de l’enseignement public, absence des moyens d’enseignement, etc.), les parents d’élèves se sont presque tous tournés vers le secteur privé (par obligation et non par choix), se retrouvant ainsi pris dans le cercle vicieux du secteur privé, animé beaucoup plus par les intérêts pécuniaires que par l’éducation des enfants. En attendant qu’une réforme de l’école publique soit mise en place, nous espérons aujourd’hui réussir, ensemble, un changement pour le bien de nos enfants et notre pays».

Le Groupe Mouvement libre des parents d'élèves au Maroc prévoit d’envoyer cette pétition au ministère de l’Éducation et de la formation professionnelle, une fois les 10.000 signatures atteintes. «Notre groupe a pour objectif de pousser un coup de gueule et permettre aux parents de dire ce qu'ils pensent sur les écoles marocaines sans peur d'être jugé, d’où l’idée de la création de la pétition. Lorsque les 10.000 signatures seront atteintes, elle sera envoyée au ministre de l'Éducation nationale», indique Layla Kholoud, fondatrice du groupe.
«La pétition a pour objectif à long terme de restaurer une école publique gratuite et de qualité, améliorer la qualité et les conditions des enseignants et, à court terme de stopper les pratiques “abusives” des écoles privées (plafonnement par l'État des prix exercés par les écoles privées, suppression des droits d'entrée et des frais d'inscription, responsabiliser l'école à la sécurité de l'enfant...). Nous souhaitons sensibiliser davantage les parents à la problématique de l'enseignement au Maroc, et faire entendre notre voix aux autorités compétentes pour entamer des réformes le plutôt possible», ajoute Layla Kholoud.





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