Trente milliards de dirhams, tel est le montant d’investissement nécessaire pour réhabiliter le secteur du transport urbain dans les 10 grandes agglomérations urbaines du Royaume. Ce chiffre a été donné par le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, qui présentait hier devant le Conseil du gouvernement un exposé sur les défis des déplacements urbains. En effet, les transformations démographiques ainsi que la migration de la population vers les zones urbaines ont fait que 60% de la population se sont installés définitivement dans les villes, ce qui a causé une pression sur les moyens de transport public mettant ainsi en évidence la nécessité d’adopter une nouvelle approche pour la gestion de ce secteur, a souligné le ministre chargé des Relations avec le Parlement et la société civile, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, précisant que cette approche prendra en compte les dispositions de la loi sur la gestion déléguée promulguée en 2006 ainsi que la loi organique 113-11 portant sur les collectivités territoriales.
La stratégie, qui sera élaborée en concertation avec toutes les parties concernées, a ajouté le ministre, sera précédée par l’élaboration d’un diagnostic de la situation actuelle du transport urbain au Maroc. Sur ce volet, le ministre a tenu à rappeler qu’une première évaluation du secteur laisse dégager l’existence de 42 contrats de gestion du transport urbain : 24 sont des contrats de gestion déléguée, 16 d’exploitation et deux contrats avec des régies autonomes de gestion du transport. «Toutefois, il semble que les deux formes de contrat adoptées au niveau de Casablanca et Rabat soient les plus valables dans la mesure où le contrat est géré par un groupement d’agglomération, d’où l’importance d’étudier de près ce modèle dans l’objectif de le généraliser à d’autres villes du Royaume», a précisé M. El Khalfi.
Évoquant les dysfonctionnements du secteur, M. El Khalfi a souligné l’existence de plusieurs contraintes liées notamment à la pression de la circulation, la baisse des bénéfices du secteur qui provoque souvent des déficits budgétaires, le manque d’attractivité du secteur du transport public ainsi que l’absence d’autres moyens de transport alternatifs, d’où la nécessité de restructurer ce secteur afin d’anticiper une éventuelle crise dans les années à venir.
