Dans ce film, les réalisateurs Cyril Brody et Olivier Peyon suivent, avec leur caméra, la course incessante que mène Latifa Ibn Ziaten, aussi bien dans des établissements scolaires que dans des centres de détention, dans l’optique de défendre les valeurs de l’idéal républicain et de préserver la jeunesse du terrorisme et de la radicalisation. Ce qui frappe vraiment le spectateur, c'est le courage inébranlable porté par cette mère en deuil qui a réussi à redonner espoir à cette jeunesse des quartiers défavorisés, à dissuader des jeunes d’épouser des causes mortifères et à ouvrir le dialogue intercommunautaire. Avec un engagement social et une détermination sans précédent qui forcent le respect, cette femme devenue activiste malgré elle fait montre d’une volonté féroce pour réussir sa mission de défendre les valeurs de cette France rêvée, qui l’a accueillie à l’âge de 17 ans et rendue heureuse bien qu’elle n’ait pas su protéger ni son fils, ni sa propre jeunesse.

Dans ce contexte, elle se montre toutefois critique envers la société française et compatit avec les jeunes des ghettos qui n'ont «pas la chance comme les autres», comme elle s’en prend à l’utilisation de termes, tels «intégration», «Musulmans de France» ou «déchéance de nationalité» qui en rajoute une couche au sentiment de rejet de toute une communauté. Devenue également une figure populaire et médiatique de la tolérance dans l’Hexagone, Latifa Ibn Ziaten, décrite comme «une militante de la paix», se rend même en Israël et dans les Territoires palestiniens dans l’espoir d’organiser un voyage d’enfants juifs et arabes en France. Pour se consacrer totalement à ce combat perpétuel, elle quitte son poste d’employée municipale à Rouen (Nord-Ouest de la France) et crée l’Association «Imad Ibn Ziaten pour la jeunesse et la paix» afin de venir en aide à ces jeunes tentés par le djihad et d’instaurer un dialogue interreligieux. Elle sort même en 2013 un livre intitulé «Mort pour la France» (Éditions Flammarion) dans lequel elle nous livre notamment l'émotion d'une mère, mais aussi le cri d'alarme d'une femme debout, décidée à lutter pour la France, pour qu'il n'y ait plus jamais de Mohamed Merah.

Pour son action de promotion du dialogue interreligieux et d’une culture de la paix, Latifa Ibn Ziaten s’était vue décerner notamment le «Prix pour la prévention des conflits» de la Fondation Chirac, un Prix du département d’État américain rendant hommage à son travail sur le dialogue interreligieux et un autre de la Coalition mondiale pour l’espoir (The Global Hope Coalition). Il convient de signaler que la projection de ce film a eu lieu en présence de Latifa Ibn Ziaten.