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Rapport de la Banque mondiale : le dur réveil

author LE MATIN

Rapport de la Banque mondiale : le dur réveil

La Banque mondiale vient de nous gratifier d’un rapport qui nous rappelle la triste réalité. Nous ne sommes pas encore un pays émergent et il nous faudrait presque un miracle pour le devenir. En cause, naturellement, l’éternel problème de l’enseignement, mais également une très faible productivité des investissements. En fait, même présentés séparément, les deux facteurs sont intimement liés. En d’autres termes, nous investissons beaucoup et récoltons peu, faute de préparation nécessaire du moteur économique qui assurera cette émergence. Rappelons à ce titre quelques évidences.

Le constat de la Banque mondiale n’a rien de nouveau, même si son cynisme est consternant tant elle combat les politiques économiques qui permettent de résoudre les problèmes qu’elle soulève dans son rapport, mais c’est un autre débat. L’état des lieux contenu dans le rapport est largement partagé dans les cercles académiques et au sein de la communauté des affaires. Nous avons à plusieurs reprises dans les colonnes de cette chronique fait état des faiblesses structurelles de l’économie marocaine, qu’on peut résumer en trois grands chantiers à traiter d’urgence par le nouvel exécutif, outre l’épineuse question de la réforme
de l’enseignement.

Une faible productivité des facteurs
L’analyse de la croissance d’une économie est comparable à celle d’une entreprise. En effet dans une entreprise, il ne suffit pas d’investir pour réaliser des profits, encore faut-il disposer d’une bonne stratégie commerciale pour pouvoir placer ses produits sur le marché, d’une structure optimale des coûts pour dégager des marges et d’une bonne gestion du cycle d’exploitation (décalage dans le temps entre décaissements et encaissements) pour optimiser la consommation des capitaux. Le tout doit s’appuyer sur un capital humain bien formé et motivé et sur une gouvernance aux normes. En un mot, la croissance économique est le produit de notre taux d’investissement (la part de la richesse nationale que nous réinvestissons) et de la productivité des facteurs de production (produit réalisé par unité consommée de capital et/ou de travail).
Or au Maroc, nous nous sommes davantage concentrés sur le premier terme de l’équation (taille des investissements) que sur le second (rendement). Tant et si bien que des pays qui investissent moins que nous réalisent les mêmes taux de croissance que nous (Turquie, Colombie), alors que ceux qui ont le même niveau d’investissement que nous ont déjà décollé (Corée du Sud, Espagne). Le premier rôle de la politique économique d’un pays est d’orienter l’investissement et l’épargne qui le finance vers les secteurs où la productivité est maximale. Autrement dit, là où pour chaque dirham investi, nous créerons le maximum de valeur ajoutée. D’où la nécessité d’avoir des plans sectoriels ciblés, même si on ne touche pas tous les secteurs dans un premier temps ; la stratégie étant ce qu’on abandonne, non ce qu’on choisit.

Une gouvernance économique qui traîne
L’action publique devient un boulet qui retarde l’élan de ce pays, tant dans les grandes orientations économiques que dans les relations au quotidien des entreprises avec une administration censée être là pour les aider à créer de la richesse et des emplois. La force des pays avancés est dans la puissance et l’organisation de leurs gouvernements. Mettez l’appareil administratif américain ou allemand dans un pays en voie de développement et ses résultats économiques vous impressionneront au bout d’une décennie. La bonne imbrication des différentes strates de l’État et la cohésion dans leur fonctionnement est ce qui permet aux politiques publiques élaborées par le gouvernement d’être exécutés vite et bien.Par ailleurs, l’instauration d’une culture, et surtout de processus opérationnels, facilitant la reddition des comptes (en finir avec la corruption et le sentiment d’impunité de certains hauts fonctionnaires) met chaque agent public devant ses responsabilités d’être une locomotive et non un frein au développement. En fait, avant d’élaborer des politiques publiques, il faut se pencher sérieusement sur la qualification de l’organe qui aura en charge leur exécution. Il s’agit de lancer un vaste chantier de réforme de l’administration qui inclura la formation des agents publics, la refonte des modes de fonctionnement et d’évaluation dans l’administration, la généralisation des nouvelles technologies d’information et l’opérationnalisation des recommandations des différents organes de contrôle et à leur tête les rapports de la Cour des comptes.

Un tissu économique incapable de relever le défi
Si la gouvernance publique doit faire son aggiornamento, le secteur privé n’est pas en reste. En effet, notre tissu économique, dominé à 99% par des entreprises de petite taille, souffre de défaillances objectives qui expliquent la faible productivité de nos facteurs de production. C’est ainsi que les entreprises marocaines, surtout les PME, souffrent de faible capitalisation par rapport aux exigences de leurs métiers. Elles se retrouvent ainsi piégées entre leurs clients (qui payent de plus en plus en retard) et leurs banques (pour financer les charges en attendant la tombée des encaissements). Faute de capitaux suffisants, nos PME passent plus de temps à gérer ce cercle vicieux qu’à faire de l’innovation et de la qualité.

L’autre tare de notre tissu productif est que nos entreprises, même les plus grandes hélas, utilisent très peu les techniques modernes de gestion (planification, capital humain, marketing, opérations, finances, technologies de l’information, pilotage, etc.) dont l’application différencie les entreprises performantes des autres. Ainsi, le rapprochement des réalisations entre deux entreprises du même secteur, mais opérant dans deux environnements de travail et de management différents, est sidérant. L’écart de taille et de rentabilité entre les deux est quasi insurmontable. Comparez ainsi une PME agricole marocaine et une PME agricole espagnole (ou celle d’un autre pays développé), en termes d’organisation et de management et vous comprendrez mieux l’écart dans le développement entre les deux économies. Le développement économique (que nous préférons au terme d’émergence) suppose que tous les composants de l’avion ont été préparés à cet instant précis de décollage selon l’économiste Rostow. Cela ne semble pas encore être le cas pour nous. 

Par Nabil Adel

M. Adel est chef
d'entreprise, consultant et professeur d’Économie, de stratégie
et de finance. Il est également directeur général de l'Institut de Recherche en
Géopolitique et Géo-économie à l'ESCA.
[email protected]

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