Aïd Al-Adha

Une contamination bactérienne à l’origine de la putréfaction de la viande

Hajjar El Haïti,LE MATIN
07 Septembre 2017
Une-contamination-bacterienne.jpg 1.449 plaintes ont été reçues des citoyens, dont 670 seulement ont concerné la putréfaction de la carcasse et la teinte verdâtre de la viande, sur les 5,5 millions de têtes abattues.

Face à la colère des citoyens, révoltés après la putréfaction de la viande de nombreux moutons de Aïd Al-Adha, l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a livré de nouvelles explications.

La polémique de la putréfaction de la viande des moutons de Aïd Al-Adha continue. Après avoir livré des explications qui n’ont pas convaincu la majorité des citoyens et qui ont, au contraire, suscité leur colère, l'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires vient d’admettre que la teinte verdâtre de la carcasse ou sa putréfaction est due à une contamination bactérienne de type pseudomonas, clostridies, coliformes et staphylocoque. «Les dernières analyses microbiologiques effectuées sur des échantillons prélevés sur des carcasses contaminées ont permis de détecter des bactéries de types pseudomonas, clostridies, coliformes et staphylocoque», souligne l'Office dans son dernier communiqué. Et d’ajouter : «La coloration superficielle de la viande est due essentiellement à la présence des bactéries pseudomonas et clostridies en grand nombre dans l'appareil digestif de l'animal. Ces bactéries pourraient passer directement dans la carcasse après l'abattage en raison de l'arrêt du système immunitaire, pour continuer à proliférer autant que les conditions sont propices, notamment la hausse de la température, l'humidification de la carcasse et le retard dans la réfrigération».

D’après l’ONSSA, aucun cas similaire n’avait été détecté par le passé, à part quelques exceptions l'an dernier. «La coïncidence du Aïd avec les périodes chaudes de l'été et l'humidité, ainsi que le non-respect des règles d’hygiène et des conditions de conservation (réfrigération ou congélation de la viande), favorisent la prolifération rapide des bactéries. Outre le cheptel réservé à l'abattage à l'occasion du Aïd, la consommation nationale en viande rouge atteint annuellement plus de 3,5 millions de têtes ovins et caprins, sachant que les fournisseurs en cheptel sur le marché national sont presque les mêmes, mais qu'aucune teinte verdâtre ou une putréfaction quelconque n'ont été enregistrées dans les différents abattoirs à travers le Royaume». L'Office fait savoir, en outre, que durant les opérations d'encadrement et des permanences assurées par ses inspecteurs et ses techniciens avant et après l'Aïd, que 1.449 plaintes ont été reçues des citoyens, dont 670 seulement ont concerné la putréfaction de la carcasse et la teinte verdâtre de la viande, sur les 5,5 millions de têtes abattues, soit 0,01%
du chiffre total. 



Contrôle renforcé

Le communiqué de l’ONSSA fait état également de quelque 6.690 visites de terrain, dont 2.649 dans des fermes d'élevage du cheptel destiné à l'abattage à l'occasion du Aïd, 3.457 dans des marchés et points de vente ainsi que 2.563 opérations de sensibilisation, en plus de l'inspection de 4.228 carcasses et 32.700 kg de viscères, dont 10.574 kg impropres à la consommation ont été détruits. «L’Office va poursuivre le renforcement des programmes d'encadrement sanitaire pour le cheptel ovin et caprin à travers notamment le lancement, à partir de 2018, du programme de numérotation qui permettra d'assurer le suivi et le contrôle du cheptel, de veiller au respect des normes d'alimentation et d'engraissage et de prendre les mesures répressives contre les contrevenants», conclut la même source.

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