L’Association parents et amis des enfants dyslexiques (Apaed) a organisé, durant le mois sacré, une soirée artistique au Centre culturel de Kénitra, en collaboration avec l’agence «Adacor» d’animation culturelle et artistique. En ce sens, en vue d’informer l’assistance de cette maladie, considérée encore comme tabou chez plusieurs familles marocaines, Ilham Saouli, présidente de l’Apaed, a tenu à rappeler que le dépistage de la dyslexie doit être précoce (4 ou 5 ans) et qu’une rééducation orthophonique s'impose. Elle a, en outre, saisi l’occasion pour attirer l’attention des responsables concernés sur la nécessité de sensibiliser les parents et les enseignants à cette maladie parfois difficile à déceler.

La dimension festive était au rendez-vous lors de cette soirée à laquelle ont pris part les familles et les parents des enfants dyslexiques. Elle a été caractérisée par l’organisation d’une exposition collective d’arts plastiques des artistes Mounia Senhaji, Hanane Maâkouz, Abdallah Rami et Hamid Boukheraz. Le public a également goûté aux délices de la musique marocaine et arabe classique, magistralement interprétée par la chanteuse à la voix suave Hanane Ahmed et le compositeur-interprète Mohamed Charif. La projection du film documentaire «Don du son» de la jeune réalisatrice Sara Raji Senhaji a été l’un des moments émouvants de cet événement artistique. Le film est parsemé de témoignages poignants de parents d’enfants dyslexiques et d’experts en la matière. À travers ce documentaire, Sara Raji Senhaji, qui était atteinte de dyslexie lors de son enfance, met en relief les difficultés et les souffrances des enfants dyslexiques et de leurs familles, dont la voix n’est pas encore entendue.

Après avoir rendu un grand hommage aux organisateurs, le parrain de l’Apaed, qui n’est autre que l’acteur et réalisateur Driss Roukh, a exprimé sa volonté de soutenir les efforts de cette jeune association et d’assister aux différents événements qu’elle organise. Considérant que la dyslexie n’a jamais été un handicap pour atteindre les sommets, Driss Roukh a cité les noms d’hommes illustres de l’histoire, de la science et de la littérature, ainsi que de grandes stars du grand écran qui étaient atteintes de ce trouble de la lecture. Il a mentionné, à cet effet, les noms de Winston Churshill, Ernest Hemingway, Albert Einstein, Steven Spielberg, Tom Cruise, Agatha Christie ou Leonardo Da Vinci. Il est à souligner que cette soirée artistique a été couronnée par la distribution de cadeaux aux enfants dyslexiques et d’attestations de participation aux artistes-peintres ayant apporté leur touche à un événement pour le moins inédit. 

Le monde obscur des « dys-» 

La dyslexie est un trouble persistant de l’acquisition du langage écrit, caractérisé par de grandes difficultés dans l’automatisation des mécanismes nécessaires à la maîtrise de l’écrit (lecture, écriture, orthographe…). L'enfant est normalement intelligent et ne souffre d'aucun déficit auditif ou visuel. La dyslexie fait partie des troubles spécifiques durables de l’acquisition des apprentissages communément appelés «dys-» : la dysphasie (du langage oral), la dyscalculie (du calcul) et la dyspraxie (du développement des coordinations). Les «dys-» sont spécifiques, car ils affectent un seul secteur de la cognition et ne sont pas des troubles cognitifs ou intellectuels généraux. En l'état actuel des connaissances, on ne peut assigner à ces troubles une cause organique, psychiatrique ou sociologique. Parmi ces troubles d'apprentissage, la dyslexie est celle qui est le plus souvent diagnostiquée.