Les enseignants ont fait la Une de la presse marocaine durant les derniers mois de 2017, malgré eux. Un grand nombre d’entre eux ont été victimes de violences de la part de leurs élèves. On a ainsi eu droit à une professeure blessée à l’arme blanche, un enseignant blessé par une bouteille brisée, un autre battu par ses élèves… des cas de violence partagés sur les réseaux sociaux et divisant l’opinion publique, entre ceux qui crient au scandale et ceux défendent les jeunes.
De son côté, le gouvernement a réagi en condamnant les actes qui portent atteinte à l’image de l’école. Le Chef de l’Exécutif avait même annoncé la tenue d’une réunion en vue de mettre en place les mesures nécessaires afin de mettre fin à ce phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur dans la société marocaine, ainsi que l’élaboration d’une loi-cadre qui posera les bases d’un traitement «stratégique et profond» du fléau de la violence dans les établissements scolaires.
Répondant aux questions orales à la Chambre des représentants durant le mois de novembre, le ministre de l’Éducation nationale par intérim, Mohammed Laaraj, a réitéré l’engagement du gouvernement à éradiquer ce phénomène tout en insistant sur le nombre réduit des cas de violence, malgré les apparences. En effet, le ministre a révélé que les cas de violences relevés au niveau des écoles restent marginaux et ne dépassent pas 86, sur une population de 7 millions d’élèves.Prenant conscience de l’importance que prend le phénomène dans le Maroc, l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) a présenté, récemment à Rabat, une étude intitulée : «Analyse de la situation de la violence en milieu scolaire». L’Unesco estime ainsi que la mise en place des cours d'éducation sur les valeurs et la valorisation du statut des enseignants sont les meilleurs moyens de contrecarrer la violence en milieu scolaire. «L'amélioration du niveau de vie et du salaire de l'enseignant l'aidera à se consacrer davantage à ses élèves et il sera ainsi moins tenté d'organiser des cours de soutien payants», indique le document. Celui-ci note «qu'une attention particulière devrait être accordée à la promotion des activités parascolaires et au renforcement des centres d'écoute au niveau des établissements scolaires». Notons que l’élève ayant agressé son enseignante, à Casablanca, à l’aide d’une arme blanche, a écopé de quatre mois de prison ferme et 30.000 DH d’amende. nHafsa Sakhi
