Nation

Régulation de la croissance

Choisir entre inégalités et pauvreté

author LE MATIN

Choisir entre inégalités et pauvreté

Tout pouvoir politique est confronté au choix du mode de régulation de son économie. Et ce choix est loin d’être évident, car il s’effectue entre deux modes presque mutuellement exclusifs. Le premier est celui de la régulation par l’État. Cette expérience a prouvé son échec dans les ex-pays de la sphère communiste qui l’ont adoptée et a conduit à leur effondrement brutal. Le second est celui de la régulation par le marché. Ce mode, même s’il fait preuve de résistance aux différents soubresauts, demeure une fabuleuse fabrique de crises et d’inégalités pour alimenter sa machine du profit ne connaissant désormais plus de limites. Lequel choisir pour notre pays ?

Répartir la pauvreté entre un grand nombre…
Face aux dérives du capitalisme industriel du 19e siècle et de la dégradation de la condition ouvrière qui en a résulté, plusieurs penseurs avaient opté pour une solution radicale, que l’on peut résumer comme suit : Le capitaliste n’apporte que les moyens de production et s’accapare toute la valeur créée par l’ouvrier (ou l’agriculteur), en contrepartie d’une pitance qui permet à ce dernier à peine de se maintenir en état de produire. Le travailleur n’a par conséquent aucune perspective d’accumulation de revenus lui permettant à son tour de détenir des moyens de production et de sortir de sa misère. La solution imaginée par ces intellectuels est de collectiviser les moyens de production par les ouvriers et faire de l’État le seul régulateur de l’économie. Les causes d’échec de choix sont multiples, mais nous pouvons en citer trois. La propriété privée et l’appât du gain qui sont le moteur de l’innovation et donc de la création de richesses dans un pays ont été complètement étouffés.
D’autre part, le choix de ce qui est produit et de sa quantité n’obéissait pas à une interaction entre l’ensemble des acteurs de la société, mais était dicté par une classe sociale qui ne pouvait l’imposer au reste de la société que par une dictature violente. La troisième raison fut l’apparition d’une nomenklatura (postes de direction des organes du parti et de l'État, des entreprises économiques et des organisations sociales) qui orientait la production nationale, non en fonction de l’intérêt général, mais pour maintenir les énormes privilèges dont elle bénéficiait. L’épouse du dernier président soviétique Gorbatchev ne réglait-elle pas ses achats somptueux par une carte de crédit américaine ? Ce mode de régulation a connu un échec retentissant, au point où les pays qui l’ont essayé furent les premiers à le fuir et à se jeter dans les bras de l’économie de marché à la première occasion.

… ou concentrer la richesse sur une minorité
L’économie de marché ne peut être si admirablement décrite que par la citation suivante d’Adam Smith : «En dirigeant cette industrie de manière à ce que son produit ait le plus de valeur possible, il [chaque individu] ne pense qu'à son propre gain ; en cela, comme dans beaucoup d'autres cas, il est conduit par une main invisible à remplir une fin qui n'entre nullement dans ses intentions ; et ce n'est pas toujours ce qu'il y a de plus mal pour la société, que cette fin n'entre pour rien dans ses intentions. Tout en ne cherchant que son intérêt personnel, il travaille souvent d'une manière bien plus efficace pour l'intérêt de la société, que s'il avait réellement pour but d'y travailler». 
Selon cette conception, le marché est le meilleur régulateur de l’activité économique, le garant des intérêts individuels et le système qui assure l’allocation la plus optimale des ressources. Dans ce schéma de pensée, le rôle de l’État se limiterait à garantir et à protéger les trois libertés économiques fondamentales que sont la liberté d’entreprise, la liberté de posséder et liberté de concurrencer. 
Si ce système a prouvé son efficience en tant que mode de production, il a lamentablement échoué en tant que mode de répartition des revenus. Il a ainsi favorisé de fortes inégalités dans la répartition des richesses entre une minorité accaparant toute la valeur créée par la société et une majorité n’ayant qu’une infime part de cette valeur.

Existe-t-il une troisième voie ?
Si le retour à la régulation par l’État n’est pas souhaitable, la poursuite de la régulation par le «tout marché» n’est plus possible. Aujourd’hui, aucun pays dans le monde n’est certes dans un choix absolu de l’un des deux modes de régulation, mais la domination idéologique néolibérale fait que nous sommes davantage proches du second cas que du premier. Or les dérives du «tout 
marché» et l’usine des inégalités qu’il génère deviennent une véritable menace pour nos sociétés modernes avec la montée en force des mouvements populistes. 
Ceux-ci s’appuient sur les dérives du néolibéralisme pour remettre en cause l’idée démocratique elle-même en faisant l’apologie du révisionnisme et en proposant des modèles oscillant entre les pires années du communisme et le cauchemar des totalitarismes. Le Maroc devra continuer, tout en protégeant les bienfaits de l’économie de marché, à en décrier les dérives tant consuméristes qu’inégalitaires. Les axes de notre modèle de société doivent s’articuler autour de «3 F». 
Une Formation publique de qualité qui cimente les différents composants de la nation et qui garantit l’épanouissement de nos concitoyens. Un Financement qui permet aux plus méritants d’accéder à la réussite en affaires. Une Fiscalité qui distribue la richesse créée sur le plus grand nombre possible de Marocains. Cela suppose un préalable de taille, une conscience collective de notre destin commun. Autrement dit, soit que nous réussirons collectivement, soit que nous péricliterons individuellement. 

 

Par Nabil Adel Nabil Adel est Chef d'entreprise,chroniqueur, essayiste
et enseignant-chercheur à l'ESCA - École de Management.

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