C'est un fait, le préscolaire est essentiel pour l'apprentissage des enfants. Or, force est de constater qu'un grand nombre d'enfants n'ont pas encore accès à ce type d'enseignement. Conscient de cette réalité, le Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique a présenté, mercredi à Rabat, un avis sur «l'éducation préscolaire, pilier de la nouvelle école marocaine». Un avis qui s'inscrit dans le cadre de l’approfondissement de l'examen de quelques problématiques transversales soulevées par la Vision stratégique 2015-2030.
L’avis vise donc à remédier à ces défaillances pour réussir cette généralisation tant souhaitée de l'enseignement préscolaire à l'horizon 2030, voire avant. «L'enseignement préscolaire est le deuxième levier de la Vision stratégique 2015-2030. C'est-à-dire que le Conseil a considéré que le principe de l'éducation pour tous est un pilier fondamental pour la construction de la citoyenneté et la consolidation du lien social. Nous nous sommes donc mis d'accord sur certains fondements très importants. Ainsi, l'avis insiste sur l'importance de la généralisation et l’obligation du préscolaire. Aujourd'hui, il va y avoir le caractère contraignant d'une norme juridique qui va faire que le préscolaire va devenir d'une manière efficace et efficiente obligatoire», explique Nadia Bernoussi, présidente de la Commission permanente de l'accessibilité et de l'éducation pour tous.
Mme Bernoussi ajoute que «l'unification de la transmission du savoir est aussi l'un des points clés de l’Avis présenté aujourd'hui. Même si chaque école aura sa spécificité au niveau pédagogique, il y aura un tronc commun dans lequel vont puiser tous les enfants. L’avis a également mentionné la qualité de l'éducation. Pour cela, l'environnement scolaire doit être respectueux des standards universels. Enfin, il est important de souligner qu'il s'agit plus d'une éducation que d’un enseignement. En effet, l’éducateur aura surtout pour mission de transmettre un savoir-être».
D'ailleurs, l’avis préconise que l’éducateur doive être titulaire d’un bac+3 et que l'enseignement préscolaire dépende du ministère de l’Éducation nationale. Le document n'oublie pas non plus d'insister sur l'importance d'octroyer les ressources financières nécessaires à cet enseignement en considérant le préscolaire comme un «investissement à fort rendement tant individuel que social et économique».