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Le coin des experts - Entretien avec Driss Herrati, spécialiste en logistique

Des contrats individuels de formation s'imposent pour rester dans la course de la compétitivité logistique

author Saïd Naoumi,

«Le gouvernement doit faire confiance au privé. Car nous cernons mieux les vrais besoins des entreprises et ceux des personnes que nous formons».

«Le gouvernement doit faire confiance au privé. Car nous cernons mieux les vrais besoins des entreprises et ceux des personnes que nous formons».

La formation constitue un grand défi dans la course à la compétitivité logistique. Les managers sont là, mais les opérationnels manquent à l'appel alors qu'ils constituent 85% de la Fonction logistique. D'où l'intérêt de renforcer le dispositif de formation et de prévoir un système de contrats individuels qui permette au salarié de se former tout au long de sa carrière. Le gouvernement doit faire confiance aux opérateurs privés de la formation professionnelle. La recommandation est de Driss Herrati, expert en logistique et directeur du centre Avenir Formation, spécialisé dans la formation des opérationnels en logistique. Car, assure-t-il, les prestataires privés de formation cernent mieux les besoins des entreprises et ceux des personnes formées. L’expert appelle l’État à instaurer un système de contrats individuels de formation qui permettent au salarié de pouvoir se former tout au long de sa carrière et développer ses compétences.

Le Matin-Eco : Quel état des lieux dressez-vous aujourd’hui de la formation dans le secteur de la logistique ?
Driss Herrati :
Je pense que dans l’ensemble, la situation a beaucoup évolué. La quasi-totalité des entreprises dans le secteur logistique forment leurs personnels opérationnels et ceci sans compter sur l’offre du secteur public qui est quasi-inexistante. Les opérateurs logistiques font confiance aux dispositifs privés de formation qui sont beaucoup plus compétents et dynamiques. Néanmoins, il reste beaucoup à faire dans le domaine intermédiaire -chef d’équipe, caristes-chef de quai, inventoriste, responsable service réceptions-expéditions, etc.). Ce sont là des fonctions très importantes dans une entreprise logistique ou industrielle et qui manquent de personnels qualifiés. 

Comment analysez-vous l’offre de formation des opérationnels dans la logistique ?
Normalement, il devrait y avoir un centre de Formation par région, avec une préférence pour les régions industrielles. Je vous rappelle qu’un centre de formation a une capacité de former en moyenne environ 600 personnes par an et les besoins en opérationnels logistiques selon le Contrat Cadre de 2011 est de 68.000 personnes que nous devons former et placer dans les entreprises logistiques. Je dois vous dire qu’actuellement l’offre de formation des opérationnels logistiques est minime mais progresse quand même. 

Est-ce que les entreprises recourent aujourd’hui de plus en plus aux dispositifs de formation pour leur personnel opérationnel ? 
Oui, effectivement, il y a une vraie prise de conscience dans les entreprises industrielles et logistiques en particulier. Ceci est dû à plusieurs facteurs. D’abord, grâce à cette nouvelle génération de managers qui sont au fait des obligations de formation et de développement des compétences. Ensuite, l’intégration dans les entreprises de normes comme la HSE et la QSE (hygiène, sécurité, environnement et la qualité sécurité environnement) qui imposent donc la formation des opérationnels. Aussi, dans les phases de certifications, les entreprises ont l’obligation de répondre à un cahier des charges précis qui instaure, entre autres, l’obligation de former le personnel. Sans oublier les entreprises internationales clientes qui imposent aussi leurs mesures. 

Le gouvernement est en train de mettre au point un plan intégré et exhaustif afin de rehausser le niveau de la formation professionnelle. Quelle place pour le privé ? 
La plupart des projets du gouvernement qui ont été lancés ces dernières années n’ont pas bien fonctionné. Certains n’ont même pas pu voir le jour. Je citerai le cas du contrat programme 2011-2013, lequel devait permettre de former les chauffeurs, les conducteurs d’engins, etc. C’est un contrat qui a été signé entre le département de l’Équipement et la Fédération du transport (CGEM). Mais aujourd’hui, il y a un contrat-programme ambitieux et qui marche bien. Il s’agit de PME-LOGIS qui associe l’AMDL, l’Équipement, la CGEM et le GIAC Translog. Il porte sur la mise à niveau des entreprises de transport-logistique et des chargeurs industriels. Ce contrat est ambitieux, pragmatique et opérationnel. Il donne la possibilité aux entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires de moins de 200 millions de DH de bénéficier d’un accompagnement vers la certification. 

L’offre actuelle de formation professionnelle parvient-elle à satisfaire en compétences tous les secteurs de l’économie ?
Non puisque nous n’avons pas fini de former l’ensemble des opérationnels qu’il faut. En plus, il est nécessaire de former une autre population, à savoir les métiers intermédiaires -chef d’équipe, responsables emballages et contenants, etc.-, car demain, il faudra de vrais professionnels pour ces postes clés. Je dois souligner que les besoins quantifiés dans la stratégie de développement de la logistique et de son contrat-programme formation ressortent à 20.000 pour les opérateurs spécialisés-préparateurs de commande, 5.000 à 15.000 pour les réceptionnaires-expéditeurs et entre 7.800 et 25.000 caristes d’entrepôts. 

Quels sont selon vous les ajustements  à effectuer pour garantir l’efficacité et l’efficience des dispositifs de formation professionnelle ?
Le gouvernement doit faire confiance au privé. Car nous cernons mieux les vrais besoins des entreprises et ceux des personnes que nous formons -employés ou demandeurs d’emploi -. À l’instar de la France, il faut penser à instaurer un système de contrats individuels de formation qui permette au salarié de se former tout au long de sa carrière, développer ses compétences et bénéficier en conséquence de la promotion dans la société où il évolue. Ce n’est pas normal que cette population ne puisse pas avoir de promotion, ni de projet de carrière alors que c'est le cœur de métier des entreprises. 

Quel rôle doit jouer le secteur privé dans ce processus ?
Nous devons être équipés et financés par des contrats de partenariats avec l’ANAPEC par exemple. Nous sommes prêts à répondre aux besoins des entreprises et des particuliers qui veulent se former afin de trouver un emploi. Pour information, les entreprises d’intérim n’ont pas dans leurs fichiers de CV de caristes ou opérationnels, car ces personnes ne font pas de CV, donc nous essayons de remédier à cela en travaillant en étroite collaboration avec elles. Vous avez aussi les fournisseurs d’engins qui proposent maintenant aux clients de les louer avec le conducteur au lieu de les acheter. Ce qu’on appelle le contrat de full services. Cette offre intéresse beaucoup les grandes sociétés. 

En tant qu’expert, comment évaluez-vous la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement de la compétitivité logistique notamment son volet formation ?  
Malheureusement, nous autres acteurs de la formation des opérationnels, fonction qui regroupe 85% du personnel dans une entreprise logistique, n’avons jamais été contactés pour travailler sur ces programmes, ni pour donner notre avis. Maintenant que Sa Majesté le Roi a demandé au gouvernement d’élaborer une stratégie dans le domaine de la formation courte durée, je pense qu’on sera sollicités cette fois-ci. Il ne faut pas oublier que nous avons beaucoup de jeunes non diplômés qui ne peuvent accéder à l’ANAPEC, car celle-ci n'inscrit pas les non-bacheliers. Or, avec une formation qualifiante de courte durée, ils pourraient accéder au marché de l’emploi rapidement. 


Propos recueillis par Saïd Naoumi

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