De nouvelles frappes aériennes visant la région sous contrôle rebelle de la Ghouta, à l'ouest de Damas, ont tué mercredi 23 civils, dont cinq enfants. Le régime du Président Bachar Al Assad et son allié russe ont multiplié ces derniers jours les bombardements aériens dans la Ghouta et dans la province d'Idlib, les deux derniers grands bastions insurgés, provoquant la mort de dizaines de personnes. «Les allégations récentes concernant l'utilisation d'armes chimiques en Syrie continuent d'être une source de grave préoccupation» et l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) «étudie toutes les allégations crédibles», a indiqué dans un communiqué cette organisation internationale basée à La Haye.

Ces dernières semaines, le régime de Bachar Al Assad a été accusé d'avoir mené plusieurs attaques chimiques, notamment dans le fief rebelle de la Ghouta orientale, près de Damas. Ces allégations ont poussé les États-Unis à brandir la menace d'une nouvelle action militaire, alors que la Syrie a nié l'utilisation d'armes chimiques, dénonçant les «mensonges» de la France et des États-Unis. La Russie, allié indéfectible du pouvoir de Bachar Al Assad, a dénoncé de son côté une «campagne de propagande». «Une méthodologie rigoureuse est utilisée pour mener l'enquête», et le rapport de la mission de l'OIAC «tiendra compte de la corroboration de témoignages, de recherches, de rapports médicaux ainsi que des échantillons obtenus», a-t-elle précisé. «Toute utilisation d'armes chimiques est une violation de la Convention sur les armes chimiques et de la norme internationale durement gagnée qui interdit ces armes», a réitéré le directeur général de l'OIAC, Ahmet Üzümcü, cité dans le communiqué. Plus de 96% des stocks mondiaux déclarés d'armes chimiques ont été détruits à ce jour sous la supervision de l'OIAC. La Syrie de Bachar Al Assad est devenu un État-membre de l'OIAC en 2013, admettant posséder un stock d'armes chimiques, sous la pression des États-Unis et de la Russie.