Sports

EXCLUSIF : Entretien avec Jawad Ziyat, président du Raja Casablanca

«Il nous faudra quatre à cinq ans pour redresser les finances du club»

author Abderrahmane Ichi, LE MATIN

Pour son premier entretien depuis son élection à la tête du Raja de Casablanca, Jaouad Ziyat a esquissé sa feuille de route pour son mandat. Il a rappelé les grandes lignes de son projet pour redresser les finances du club. Pour lui, il faudra quatre à cinq ans pour remettre le Raja dans une situation financière saine et équilibrée. Pour y arriver, Ziyat veut plus de revenus marketing, plus d’adhérents, plus d’abonnés, mais également revoir le principe de distribution des droits TV en augmentant la prime octroyée aux premières équipes du classement.

Le Matin : Le Raja a été éliminé samedi en demi-finale de la Coupe du Trône par un petit poucet, le Widad Fès. Cette défaite doit être difficile à digérer, d'autant plus qu'elle était inattendue ?
Jawad Ziyat :
On sait bien que la Coupe du Trône et les coupes de manière générale dans l'ensemble des pays sont truffées de surprises. Et les petits poucets comme vous le dites existent partout. Malheureusement, hier (Ndlr, samedi 3 novembre), le Raja en a fait les frais. Une défaite inattendue, mais on ne peut pas gagner à chaque fois. Des fois la malchance ou l'excès de confiance vous empêchent de marquer. Vous avez vu une première mi-temps contrôlée par le Raja. Un passage à vide lors de la deuxième mi-temps a permis à l'équipe adverse d'égaliser. Des prolongations tout à fait contrôlées par le Raja où il y avait de nombreuses occasions non concrétisées. Et en football, quand vous avez des occasions et que vous n'arrivez pas à le mettre le ballon dedans, vous êtes sanctionné. C'était le cas samedi. C'est le football. On n'y peut rien. On avance. Il y a encore beaucoup de challenges qui attendent le club. Il faut rapidement se remobiliser et avancer vers ces challenges-là.

Cela fait un peu plus de deux mois que vous êtes élu à la tête du Raja Casablanca. Un club qui souffre d'une crise financière aiguë. Beaucoup de chiffres contradictoires ont été avancés concernant le montant exact de la dette. Pour couper court aux spéculations, quel est le chiffre réel de cette dette ?
Il y a à peu près 80 millions de DH de dettes, auxquelles s'ajoute une dette fiscale de l'ordre de 60 millions de DH. Nous parlons donc d'une dette globale de 140 millions de DH. Et dans cette dette-là, il y a des engagements urgents et des engagements dont le paiement peut être étalé dans le temps.

Qu'entendez-vous exactement quand vous parlez de dette urgente ?
Des dettes urgentes sont des dettes à payer dans les trois prochains mois.

Et elles se chiffrent à combien ces dettes ?
De mémoire, on parle d’une dette d'un montant de 30 millions de DH à régler dans les trois prochains mois. On a déjà commencé à la régler. Pour rappeler un peu les événements, l'élection a eu lieu le 12 septembre, mais en réalité le comité provisoire a commencé à travailler dès le mois d'avril. Nous avons déjà résorbé une partie de cette dette. Mais il nous faudra quatre à cinq ans pour remettre le Raja dans une situation financière saine et équilibrée. C'est un travail au quotidien. On est déjà content puisqu’après plusieurs années, le Raja a depuis 10 jours un compte bancaire et un chéquier en son nom. Chose qui n'était pas arrivée depuis de nombreuses années. 

Vous dites que dans quatre à cinq ans, la dette du Raja sera résorbée. Quelles sont les actions que vous comptez mener pour assainir les comptes du club ?
La première action que nous avons entreprise depuis le début est d'arrêter les litiges.  Le Raja a aujourd'hui 40 litiges, à la fois devant la FRMF et la FIFA. Ces litiges pèsent 40 millions de DH. La deuxième action entreprise est d'accroître nos revenus. Nous avons un plan pour accroître nos revenus marketing, puisque nous avons inscrit dans le budget de cette année 20 millions de DH de ces revenus. Ces revenus vont nous permettre de faire face aux dépenses qui seront cette année de l’ordre de 75 millions de DH. C’est pour cela que nous avons fait un travail important sur les abonnés et les adhérents. Ce travail nous a permis d'atteindre des chiffres records jamais égalés au Maroc. Nous sommes déjà à 150 adhérents. Nous sommes le premier club au Maroc en nombre d'adhérents. Il faut savoir qu’usuellement, les plus grands clubs au Maroc ne dépassaient pas la centaine d'adhérents, ou à peine. Nous sommes arrivés à 150 et nous continuons à recevoir des demandes d'adhésion. La dynamique créée autour du Raja fait que des gens nouveaux viennent y adhérer. Nous sommes contents de voir des chefs d'entreprises, des banquiers, de grands avocats vouloir s'associer au Raja pour contribuer à son essor de façon à ce qu’il soit compétitif de manière continue à l'échelle africaine. Nous avons pour la première fois au Maroc atteint le chiffre de 5.000 abonnés et nous avons l'ambition d'atteindre 10.000 abonnés, de manière à ce que le stade soit plein durant les matchs et non pas attendre une grande affiche pour qu'il le soit. Tout ça, c'est des actions structurantes qui vont nous permettre de redresser les finances du club.

Vous avez avancé le chiffre de 20 millions de DH de revenus de sponsoring. Avez-vous déjà commencé à renégocier les contrats avec vos sponsors, parce que le club leur offre aujourd’hui plus de visibilité. Jusqu'à samedi, le club était en lice sur quatre tableaux. Aujourd'hui, il l'est sur trois, c'est une aubaine pour les sponsors ?
En effet, je remercie les sponsors historiques et nouveaux qui ont accepté, bien que leurs contrats soient en vigueur, de s’asseoir autour de la table avec nous et de discuter dans le cadre de la commission marketing avec mes collègues Salim Chiekh et Nawal El Aidaoui, en charge de cette commission, pour rediscuter de ces contrats. Nous avons bon espoir d'atteindre les objectifs escomptés. Nous voulons arriver à un maillot du Raja qui ne ressemble pas à un flyer de supermarché. L’année dernière, il y avait huit annonceurs sur le maillot du club, cela ne ressemble pas au maillot qu'on s'attend à voir chez un club de la renommée et de la taille du Raja. Nous sommes déjà passés de huit à six annonceurs sur le maillot et nous avons l'objectif de passer à quatre, voire cinq annonceurs. Les discussions sont en cours. Je pense que d'ici la fin du mois de novembre, nous serons en mesure d'annoncer de bonnes nouvelles à ce niveau-là. Il faut savoir aussi que nous avons une plus grande page Facebook et, de manière générale, la plus grande présence digitale au Maroc. Cette présence digitale n’a pas été exploitée jusque-là. Elle n'a été ni vendue ni valorisée. Et dans le cadre des nouveaux accords, nous introduisons également le volet digital. 

L'objectif est donc d'arriver à un grand sponsor maillot, comme ce qui se fait en Europe ?
Évidemment, on ne passera pas de huit annonceurs à un seul. Ça sera difficile pour le sponsor de supporter le montant global. Notre objectif est simple : nous voulons que le maillot nous rapporte 15 millions de DH. Ces 15 millions de DH seront probablement répartis entre quatre, voire cinq sponsors au maximum, au lieu des huit de l'année dernière qui nous ont rapporté autour de 11 millions de DH. Nous voulons passer à 15 millions de DH, mais avec quatre ou cinq sponsors. Et nous privilégions d'abord nos sponsors historiques qui étaient là même quand ça allait mal. C'est à eux qu'on doit donner aujourd'hui le privilège et la priorité, sachant que les choses se sont améliorées du point de vue sportif.

Est-ce que le Raja n'a pas songé à commercialiser lui-même ses droits TV, faisant fi du principe de solidarité entre les clubs, puisque les droits TV actuellement ne rapportent rien au club ?
En fait, ce qui est à relever et qui n’est pas à mon sens équitable, c'est qu'aujourd'hui les droits TV rapportent 6 millions de DH à tous les clubs. Que vous soyez premier ou dernier, vous touchez 6 millions de DH. Que vous drainiez des millions de téléspectateurs quand votre match est télévisé ou quelques centaines, vous touchez le même montant. On comprend le principe de solidarité, par contre il n'est pas normal que le vainqueur du Championnat touche 3 millions de DH. Cela veut dire que le vainqueur va toucher 9 millions de DH (3 millions de prime du titre et 6 millions de droits TV) et le dernier 6 millions de DH. Le gap n'est pas suffisamment important. Nous devons donner une grosse carotte pour que les meilleurs clubs (les trois premiers) aient un montant important. C'est en tout cas la position que je défends personnellement. C'est comme en entreprise, quand vous avez deux salariés : un qui travaille très bien et l'autre pas assez, si vous ne les différenciez pas suffisamment, vous n'encouragez pas la méritocratie, vous n'encouragez pas les meilleurs à faire plus d'efforts. Oui, nous sommes en faveur de cette refonte. Il va falloir que ce point soit discuté avec l'ensemble des clubs pour qu'il y ait un accord sur ce changement éventuel.

L'autre chantier sur lequel vous êtes attendu est celui de l'infrastructure. Quels sont les chantiers en cours de réalisation ou ceux qui seront bientôt lancés pour doter le club d'une infrastructure digne de son standing ?
Avec M. Rachid Al Andaloussi, qui est à la fois président de la commission des infrastructures et deuxième vice-président du club, nous avons depuis plusieurs mois lancé le chantier de l'infrastructure. Nous avons travaillé sur le complexe l'Oasis et nous avons trouvé ce centre dans un état de délabrement avancé. Nous nous sommes attelés à lancer les travaux. L'entreprise est en place depuis un mois, et nous avons pour objectif de finir les travaux en janvier pour reloger les jeunes et relancer la politique de formation inscrite dans les gênes du Raja. Le Raja a toujours été un club formateur. Il a toujours des jeunes et des moins jeunes et les a fait passer au devant de la scène en leur inculquant la culture du Raja, aussi bien sur le plan sportif que comportemental. S.M. le Roi, à l'occasion de la Coupe du monde des clubs 2013, a fait don d'un terrain au Raja en reconnaissance des bons résultats du club. Une convention a été mise en place pour la construction d'une académie de football. C'est le deuxième axe sur lequel nous avons travaillé. L'académie en est à la phase finale. Pour 2019, le Raja disposera de deux infrastructures. Une au niveau international à Bouskoura, d’une capacité d’accueil de 60 lits, dans laquelle nous envisageons de loger l'équipe première et les U17, U19 et U21. L’autre à l'Oasis, où nous logerons les U13 et U15. Nous avons la volonté de devenir le premier club formateur au Maroc aussi bien en termes qualitatifs que quantitatifs, puisque nous allons avoir 60 lits de chaque côté. Cet axe stratégique de formation a un triple objectif. Le premier est sportif, à savoir former les joueurs avec la culture maison, afin d'aller le plus loin en termes de résultats sportifs. Le deuxième objectif est social. Le Raja se doit de donner la chance aux jeunes démunis qui pourront utiliser le football comme ascenseur social et donc arriver s'affirmer dans la société grâce au sport. Le troisième objectif est financier, puisqu'à partir du moment où vous produisez des joueurs, vous ne les achetez plus sur le marché. Je vous rappelle que pour qu’un budget soit équilibré pour un club comme le Raja, il faut que 20 à 30% des revenus proviennent de la vente des joueurs. C’était le cas quand le Raja avait systématiquement un budget excédentaire dans les années 2000 et jusqu’en 2010. Je vous rappelle qu’à l’époque de Abdellah Rhallam, j’avais la chance d’être vice-président et nous avions laissé 12 millions de DH dans les caisses. Malheureusement, huit ans après, les 12 millions ont disparu. Cette politique de l’achat de joueurs tous azimuts dont vous parlez est dangereuse pour le club. Elle a conduit le Raja à la situation que nous connaissons aujourd’hui avec 40 litiges devant la FRMF et la FIFA et qui pèsent pour 40 millions de DH dans l’endettement du club.

Le Raja et le WAC ont signé en 2014 un mémorandum d’entente, mais il est resté lettre morte. Allez-vous ressusciter ce mémorandum ? Si oui, quelles sont les actions que vous allez mener ensemble ?
Je n’ai pas encore pris connaissance de ce mémorandum, car ce n’est pas la priorité aujourd’hui. La priorité est l’endettement, le centre de formation et les résultats. Maintenant, il n’est pas exclu que sur des questions spécifiques où l’intérêt du Raja et du Wydad peuvent converger. Je pense notamment à une amélioration de l’infrastructure du complexe Mohammed V puisque nous le partageons. Je parle notamment des ressources financières qui peuvent être mobilisées par les élus et les assemblées locales et régionales. 
Ça peut-être une discussion ou nous pourrons atteindre nos objectifs plus rapidement si nous avons une démarche coordonnée et concertée. Il n’est pas exclu que nous puissions, sur certains projets, avoir cette concertation. Mais notre priorité est de restructurer le Raja.

Casa Events organise les matchs du Raja comme ceux du Wydad. Elle prélève 15% des recettes. Un pourcentage jugé exorbitant par le Raja, comme d’ailleurs par le Wydad, allez-vous renégocier ce pourcentage ?
Le Raja ne se plaint pas de Casa Events parce qu’elle fait du bon travail. Nous avons chez Casa Events des gens qui sont professionnels qui travaillent correctement. Et honnêtement, la relation se passe très bien et nous n’avons pas grand-chose à leur reprocher. Nous sommes satisfaits du travail quotidien avec les équipes de Casa Events. Casa Events travaille pour le compte de la ville et les 15% sont fixés par la ville. Il faut une démarche concertée entre le Wydad et le Raja avec les autorités pour leur expliquer que le taux de 15% est très élevé et qu'il doit être révisé, mais aussi pour demander une contribution de la ville et de la région, car Casablanca est une métropole continentale importante et ces deux clubs participent à son rayonnement.

De combien est cette subvention ?
Il n’y a pas de contribution de la ville. Il avait une contribution de la région l’année dernière ou l’année d’avant. C’est un des sujets qui sont sur la table et sur lesquels nous essayerons d’avancer rapidement lors des prochains mois.

Savez-vous pourquoi la ville ne verse plus de subvention aux clubs ?
Non. Je sais qu’il y a eu un changement au niveau de la gouvernance et du mode de fonctionnement, mais je ne peux pas vous expliquer pourquoi. Mais je peux vous dire que nous allons tout faire pour obtenir une subvention de la ville de Casablanca.

Ph. Saouri

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