Nation

Éditeurs et imprimeurs rattrapés par la crise mondiale du papier

Pourquoi le gouvernement doit agir vite

author Mohamed Amine Hafidi,

La crise mondiale du papier a considérablement impacté les imprimeurs marocains, puisque cette matière  première représente près de 50% du coût de production.

La crise mondiale du papier a considérablement impacté les imprimeurs marocains, puisque cette matière première représente près de 50% du coût de production.

La presse écrite vivote. L’effet domino de la crise mondiale du papier risque de sonner le glas des éditeurs et imprimeurs marocains. Ces derniers, qui ont déjà à gérer des contraintes structurelles, se retrouvent aujourd’hui désarmés face à une véritable bombe à retardement. Hausse des prix du papier, risque de pénurie, problèmes d’approvisionnement, lourdeur des charges financières et énergétiques, baisse des revenus publicitaires et des ventes… autant de facteurs qui poussent aujourd’hui les opérateurs du secteur à demander à l’État d’agir, et vite, afin de stopper l’hémorragie. Des milliers d'emplois sont en jeu.

«La pluie tombe toujours plus fort sur un toit percé». Ce proverbe japonais s’applique parfaitement au secteur de la presse écrite marocaine. Une presse dont le toit ne cesse de s’effriter ces dernières années et qui est malmenée par des crises structurelles et conjoncturelles. En plus des baisses de tirages, de diffusion et de recettes publicitaires observées ces dernières années, le secteur fait face aujourd’hui à l’une de ses pires crises : la crise de l’industrie du papier.
D'où vient le mal ? De la décision de la Chine de passer de producteur à consommateur de papier, ce qui a affecté le marché mondial dans d'énormes proportions. L’offre de papier a ainsi fortement baissé face à une demande stable, induisant une flambée des prix depuis fin 2017. Ce revirement stratégique des Chinois est dicté par leurs engagements à respecter les accords sur la lutte contre le changement climatique. Résultat des courses : l’arrêt de la production de papier, une activité polluante et à faible marge. «Cette nouvelle donne est ainsi venue aggraver la santé de l’industrie du papier qui connaît déjà plusieurs difficultés. La consommation du papier édition est en effet en baisse continue depuis plusieurs années, car les tirages se réduisent, les lecteurs virant plutôt vers le digital. Pour équilibrer l’offre et la demande, les fabricants de papier ont été contraints de fermer des usines ou de procéder à des joint-ventures», rappelle une source proche du dossier.
Les producteurs de papier étaient sur de très faibles marges, mais les prix étaient stables. Le hic aujourd’hui, c’est que le prix du papier ne cesse de flamber. L’année 2018 connaitrait la plus forte hausse (+50%), contre 40% à ce jour. Face à cette mutation du secteur, plusieurs usines européennes ont décidé de se recycler dans le carton d’emballage. Ce segment étant plus lucratif et en pleine expansion, grâce notamment à la distribution et au boom de l’e-commerce, qui nécessite d'importantes quantités d’emballages. Du coup, l’offre pour le papier édition ou journal se rétrécit comme une peau de chagrin, induisant donc de fortes hausses des prix. Ces prix sont fixés par quatre grandes firmes mondiales : Eldorado, Suzano, Fibria et Arauco. Ces mastodontes font ainsi la pluie et le beau temps et ont décidé ces derniers mois d’opérer des hausses systématiques non négociables. Cette situation a considérablement impacté les imprimeurs, non seulement marocains, mais aussi mondiaux puisque le papier constitue la matière première la plus importante dans le coût de production, estimé à près de 50%. De même, les nouveaux délais d’approvisionnement imposent la constitution de stocks importants. «Avant, les imprimeurs pouvaient disposer du papier en 8 semaines, aujourd’hui il faut compter 3 à 4 mois minimum. Le stock qu’ils doivent constituer est aussi plus important, ce qui implique des charges financières conséquentes en mobilisant la trésorerie en stock», précise notre source.
Et comme un malheur n’arrive jamais seul, les banques sont devenues plus exigeantes et réclament plus de garanties. Et pour cause, les rallongements des délais d’approvisionnement contraignent les imprimeurs de demander le doublement de leurs lignes de crédit, des lignes qui deviennent aussi plus chères. Face à ces nouvelles charges financières, les imprimeurs se rabattent le plus souvent sur les papiers disponibles sur le marché, quitte à y mettre le prix fort. «Alors qu’ils ont facturé, par exemple, du 49 grammes au client, ils peuvent utiliser du 52 grammes, plus cher, car c’est le seul calibrage disponible sur le marché. Une solution de substitution coûteuse, mais nécessaire pour l’imprimeur afin d’éviter la rupture de stock ou la non-parution des journaux», déclare notre source.
Cette crise du papier vient aggraver une situation déjà alarmante en raison de la hausse des autres coûts, comme la maintenance, l’énergie et la main-d’œuvre. Pour la maintenance de machines destinées à l’impression des journaux, il faut compter les charges pour la mobilisation des ingénieurs étrangers, les pièces et les mises à jour des logiciels qui coûtent de plus en plus cher. Concernant l’énergie, la facture a considérablement augmenté ces dernières années. Le coût de l’électricité industrielle a augmenté de 6% l'an depuis 2014, suite à la nouvelle grille tarifaire, décidée sous l’ère Abdelilah Benkirane. Ceci sans oublier la diminution systématique des revenus d’impression des journaux à cause des réductions des tirages et de la fermeture de groupes de presse ces dernières années.

Autant d'éléments qui font que les imprimeurs ne peuvent plus investir dans les moyens de production et craignent le pire les prochains mois, car exposés au risque de pénurie du papier (la presse sénégalaise et mauritanienne n’a pas pu paraître pendant plusieurs jours cette année faute de papier) et de la hausse des coûts de maintenance. Une maintenance très chère des machines pour imprimer un produit qui, finalement, n’est pas vendu cher ou à sa juste valeur. Et c’est là le dilemme des professionnels. Si par exemple un éditeur, qui ne peut plus supporter le surcoût de l’impression, essaie d’augmenter le prix de son journal, il verra son lectorat baisser de 20 à 30%. La solution ? Optimiser le tirage et réduire la pagination, tout en investissant dans le digital. Et pour cette nouvelle niche (le digital), le retour sur investissement n'est pas envisageable à moyen terme, faute de monétisation et d'un modèle économique rodé au Maroc. «Si le phénomène de la baisse des ventes et de la publicité est une réalité internationale, il est plus rudement ressenti au Maroc, puisque le marché est biaisé faute d'un large lectorat», nous précise notre source.
Et l'effet boule de neige ne s'arrête pas là. En plus des imprimeurs et des éditeurs, l'onde de choc s'est également répandue aux distributeurs. Tout ce monde est au pied du mur ! Quand l’éditeur opère des arbitrages en termes de tirage, les distributeurs livreront de moindres quantités, mais pour le même coût de distribution, voire plus, car le prix des carburants est sur une courbe ascendante. Ces derniers viennent d'ailleurs d'être augmentés la semaine dernière. À terme, le distributeur, déjà déficitaire, devra mettre la clé sous le paillasson.
C'est donc toute cette chaîne de valeur (imprimeur-éditeur-distributeur) qui est menacée de faillite avec toutes les conséquentes que l'on connaît sur l'emploi, ces trois métiers faisant vivre des milliers de personnes. Si l’État ne prend pas le taureau par les cornes, le pire est à craindre. Les prémices de cette banqueroute généralisée sont déjà là, faisant réagir les imprimeurs et éditeurs de journaux marocains. Ces derniers appellent le gouvernement à agir urgemment pour trouver des solutions immédiates sous forme d’aides et de subventions. Il s’agira d’abord de sauver les meubles et d'arrêter l’hémorragie pour s’inscrire ensuite dans une logique de partenariat et de soutien à ces entreprises en mettant, à titre d’exemple, en place un contrat-programme. 

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