Cette exposition a été une opportunité pour ce plasticien, qui a vécu plus d’une trentaine d’années en Amérique du Nord (Californie), d’offrir à voir des compositions qui balancent entre figuration et abstraction, à travers une gestuelle hautement symbolique qui célèbre toujours la vie avec ses joies et ses souffrances. «Ma peinture est mon reflet à toutes les périodes de ma vie, les plus sombres comme les plus heureuses», souligne l’artiste Kouhen, dont la touche furtive, incisive et juste introduit l’observateur dans l’univers pictographique du peintre qui donne libre cours à sa sensibilité. Depuis plus de quarante ans, Hassan Kouhen ne cesse d’innover, de partager son expérience et ses recherches picturales qu’il expose, notamment aux États-Unis, au Maroc, au Canada et un peu partout dans le monde. «J'aurais pu continuer à forcer les traits et travailler davantage sur la couleur comme à mes débuts d'autant que le succès critique était au rendez-vous. Mais, il me fallait explorer d'autres voies. Quand je regarde en arrière, en quarante ans de travail, je ne me suis jamais attardé dans une période picturale juste parce qu'elle plaisait. Il me faut bouger, aller de l'avant, chercher ce qui me dépasse et me reste inconnu», précise-t-il. Il faut dire que l’artiste a déjà, à son actif, un bon cumul pictural que la galerie d’art Almazar de Marrakech a été heureuse de fêter avec lui à l’occasion de ses quarante ans de peinture qui lui ont valu plusieurs succès et beaucoup de respect de la part des professionnels et critiques d’art. Il y a dévoilé ses œuvres récentes ingénieusement travaillées, inspirées de fragments et de symbolisme, plus gestuelles et moins formelles. Cet artiste intellectuel et charismatique ne manque pas de séduire tous ceux qui l’approchent et comprennent son œuvre audacieuse d’une intensité stylistique originale. Selon l’écrivain, chroniqueur et journaliste Omar Salim, «cet homme affable et avenant, bien né et bien éduqué, se meut en société comme un poisson dans l'eau. Mais sa peinture dégage autre chose : l'indicible, l'ineffable. Les non-dits d'un être tourmenté par une passion incommensurable qui, paradoxalement, ne le consume point, mais le rend chaque jour plus perspicace et plus précis». Et d’ajouter que Hassan Kouhen fait partie de cette race qui ne cesse de se raréfier. Celle des artistes peintes poètes. Chaque coin de ses toiles, grandes ou petites, cache un poème ou ne serait-ce qu'un vers. «Ce roi de la couleur, comme on l'appelle, est aussi un versificateur, un alchimiste... son art le propulse dans des sphères lointaines, transcendantales le rapprochant ainsi de sommets insoupçonnés», renchérit Omar Salim. C’est, d’ailleurs, ce qui fait sa réussite là où il met les pieds avec ses toiles, dont plusieurs font partie de collections
Hassan Kouhen ou l’œuvre audacieuse d’une intensité stylistique originale
C’est à Almazar Art Gallery de Marrakech que les œuvres du peintre Hassan Kouhen ont élu domicile, depuis le 15 décembre, pour le plus grand plaisir des passionnés des arts plastiques. Cette nouvelle collection de l’artiste Kouhen, qui a été appréciée par un large public de la ville ocre, prendra fin ce dimanche 7 janvier pour aller voyager sous d’autres cieux.
Chaque coin des toiles de l'artiste, grandes ou petites, cache un poème ou ne serait-ce qu'un vers.
Ouafaa Bennani
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04 Janvier 2018
À 18:30
