La fiction d'une Algérie simple «partie intéressée» et non une partie au conflit du Sahara a trop duré, écrit l'hebdomadaire international «Jeune Afrique» dans sa dernière livraison, notant qu'«il n'est que temps pour l'ONU de la reconnaître comme telle et de l'inviter à la table des négociations aux côtés de ses protégés du polisario». La publication commente, dans un éditorial, le message adressé début avril par S.M. le Roi Mohammed VI au secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, mettant l'accent sur la responsabilité de l’Algérie dans ce conflit. L'éditorialiste relève que c'est sur le sol algérien que le Front polisario, dont l'armement provient des arsenaux algériens ou transite par l'Algérie, est installé. «Sans l'aide de l'État algérien, les camps de Tindouf ne pourraient pas subsister, et sans son appui diplomatique, la Rasd ne siégerait pas à l'Union africaine», fait-il observer, insistant sur le fait que quand on entretient, que l'on perfuse, que l'on contrôle ainsi un mouvement armé de guérilla dont le moindre déplacement est soumis à son autorisation, on n'est plus dans le cadre de la «solidarité militante» et du «soutien aux droits légitimes», mais bien dans celui de l'«instrumentalisation». On est donc partie au conflit, aux côtés de ceux que l'on défend et que l'on utilise à la fois, soutient l'hebdomadaire, rappelant que «jamais le conflit du Sahara, qui n'a que trop duré, n'a échappé à la gestion algérienne».