Le chef de l'opposition sud-africaine, Cyril Ramaphosa, et le Président Jacob Zuma ont engagé la semaine dernière des tractations directes pour tenter de sortir de la crise, mais, à ce jour, ces transactions semblaient n'avoir accouché d'aucun progrès. Les 107 membres de la plus haute instance de décision de l'ANC, le Conseil national exécutif (NEC), étaient appelés à se retrouver lundi à huis clos dans un hôtel de Pretoria pour, officiellement, faire le point des discussions. Cette instance a le pouvoir de «rappeler» M. Zuma, comme elle l'avait fait en 2008 pour le Président Thabo Mbeki. Mais l'actuel Chef de l'État peut toutefois refuser d'obtempérer. Dans ce cas, l’ANC pourrait déposer devant le Parlement une motion de défiance qui le contraindrait à partir. «Nous savons que vous voulez tourner la page», a concédé M. Ramaphosa. Ce dernier, qui succéderait à Jacob Zuma en cas de démission du Président, se heurte cependant à deux obstacles de taille : l'obstination du chef de l'État, qui s'accroche au pouvoir, et les divisions de l'ANC. Dans les négociations en cours, il tenterait d'obtenir l'immunité pour les nombreuses affaires de corruption dans lesquelles il est impliqué, ainsi qu'à obtenir la prise en charge de ses frais de justice, ont rapporté les médias locaux. Dimanche, Cyril Ramaphosa a exclu tout passe-droit pour le président, rappelant que «ceux qui sont corrompus et ont volé l'argent des pauvres seront jugés». L'autorité du Président Zuma a commencé à vaciller depuis l'élection en décembre de Cyril Ramaphosa qui lui a succédé à la tête de l'ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud depuis l'avènement de la démocratie en 1994. Mais l'actuel vice-Président n'a toujours pas réussi à écarter l'actuel Président, condition à ses yeux incontournable pour redorer le blason du parti avant les élections générales de 2019. Le blocage actuel a commencé à ternir la réputation de Cyril Ramaphosa, dont l'autorité est déjà mise en cause.
La grogne monte dans les rangs de l'opposition, qui a déposé de son côté une motion de défiance inscrite à l'ordre du jour du 22 février, la neuvième depuis l'arrivée au pouvoir de Jacob Zuma en 2009.