Le coordinateur humanitaire au Nigeria Edward Kallon a affirmé qu'une «aide vitale d'urgence pour les populations les plus vulnérables» dans les États de Borno, Yobe et Adamawa, représentait «une priorité immédiate». L'appel de fonds permettrait également d'améliorer les programmes d'aide déjà en place et d'accroître la capacité des organismes locaux d'aide à répondre aux besoins sur le long terme, a-t-il ajouté. «Il faudra 1,05 milliard de dollars pour répondre aux besoins humanitaires de 6,1 millions de personnes», a indiqué Edward Kallon au cours de la présentation à Abuja d'un plan de réponse humanitaire au Nigeria pour 2018. L'insurrection de Boko Haram, qui dure depuis 2009, et sa répression par l'armée, ont fait au moins 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés, et provoqué une terrible crise humanitaire dans le nord-est du Nigeria. Le gouvernement du Nigeria s'est proclamé à plusieurs reprises vainqueur de Boko Haram, qui signifie «l'éducation occidentale est interdite» en langue Haoussa (pratiquée en Afrique occidentale). Le Président nigérian Muhammadu Buhari a ainsi assuré en décembre 2015 que les jihadistes avaient été «techniquement battus», après la reconquête par l'armée de secteurs entiers que contrôlait le mouvement jihadiste dans le nord-est du Nigeria. Mais il constitue toujours une menace et commet régulièrement des attentats suicides meurtriers, ainsi que des raids contre des villages ou des postes militaires. De nombreuses régions restent totalement inaccessibles et les civils ne peuvent se déplacer que sous protection militaire. Le rapport précise qu'en dépit de l'aide nationale et internationale, la situation dans le nord-est du Nigeria reste «précaire» et nécessite des solutions sur le long terme. «Des millions de personnes souffrent d'une réelle insécurité alimentaire et la moindre perturbation du processus d'aide peut les faire tomber dans le seuil d'urgence», selon le rapport, qui souligne que 943.000 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition.