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À la veille de la COP 24

La lutte contre le réchauffement climatique cherche encore sa voie

author Samir Benmalek,

La lutte contre le réchauffement climatique cherche encore sa voie

«Nous avons remis le message aux gouvernements, nous leur avons donné les preuves, à eux de voir». Ce presque aveu d'impuissance d'un des rédacteurs du dernier rapport du Giec traduit parfaitement la complexité de la lutte contre le changement climatique qui semble encore chercher sa voie. Si d'un côté les indicateurs de la progression des budgets alloués à cet objectif ne manquent pas, de l'autre les technologies propres et certains mécanismes d'incitation à réduire les émissions de CO2 ne font pas l'unanimité parmi les scientifiques.

«Faire face au changement climatique avec le niveau actuel de financement, c'est comme marcher vers un ouragan de catégorie 5 seulement protégé par un parapluie». En choisissant cette métaphore, la responsable climat de l'ONU, Patricia Espinosa, voulait interpeller les négociateurs sur la finance climat, réunis en mai dernier à Bonn, sur la nécessité d'accorder plus d'argent à la lutte contre le changement climatique. «Nous parlons de millions et de milliards de dollars alors que nous devrions parler en milliers de milliards», avait-elle insisté. Ce déficit, aussi énorme soit-il, conjugué à la dégradation continue des écosystèmes, ne traduit cependant pas la réelle prise de conscience quant à l'impératif de protéger l'environnement. Car il faut reconnaître que les bailleurs de fonds ont fini par mettre la main dans la poche, et ce ne sont pas les indicateurs qui manquent. Un rapport de l'ONU-Climat sur les tendances de l'investissement dans les énergies renouvelables publié en avril dernier indique qu'avec un total de 279,8 milliards de dollars investis dans les énergies renouvelables, 2017 a été la huitième année d'affilée où les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables ont dépassé les 200 milliards de dollars.

En 2017, l'énergie solaire a bénéficié de 160,8 milliards de dollars d'investissements, soit une augmentation de 18% en comparaison avec 2016. Ces fonds ont permis d'installer 98 gigawatts de nouvelle capacité solaire en 2017, dépassant l'ensemble des autres sources. Autre indicateur de cette prise de conscience, l'envolée des obligations vertes. Lancées en 2007, ces obligations sont passées de 13 milliards de dollars en 2013 à 48 milliards en 2015  pour atteindre 100 milliards de dollars en 2016. Sur l'ensemble de l'année 2017 et jusqu'au deuxième trimestre 2018, les obligations vertes émises ont atteint 389 milliards de dollars. L'on pourrait multiplier à l'envi de tels exemples comme les financements alloués par les six plus grandes banques multilatérales de développement qui ont progressé en 2017 pour atteindre 35,2 milliards de dollars, soit une hausse de 28% par rapport aux 27,4 milliards de l’année précédente. Même additionnés, ces montants ne suffisent visiblement pas à faire face au tsunami dont parlait Patricia Espinosa ni même aux autres phénomènes météorologies extrêmes dont les dégâts sont estimés par l'ONU à 2,245 milliards de dollars entre 1998 et 2017.

Les écosystèmes se dégradent plus rapidement que les investissements progressent
En dépit des investissements, l'année 2017 a battu des records de chaleur et des émissions de gaz à effet de serre. En août dernier, l’Agence nationale océanique et atmosphérique américaine avait indiqué que la concentration annuelle de CO2 à la surface a presque été multipliée par 4 depuis le début des années 1960. Conséquences, le mercure s'est affolé : 2017 a été la troisième année la plus chaude depuis le milieu du XIXe siècle, d'après l'Agence américaine.
Ces données ont été publiées avant le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), début octobre et dont la principale recommandation est de «modifier rapidement, radicalement et de manière inédite tous les aspects de la société». Cette transition est conditionnée par la réduction de 45% des émissions de gaz à effet de serre. Cette diminution est actuellement hors de portée. À quel niveau se situe alors le problème ? Il y a plusieurs réponses possibles à cette interrogation. Il y a d'abord le fait que cette prise de conscience s'est faite bien tardivement au regard de la progression des attaques perpétrées contre les ressources naturelles. Et c'est sur cet argument que l'ONU et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) se basent pour signifier leur désaccord avec les partisans du marché carbone mis en place pour inciter les industriels à réduire leurs émissions de CO2. 

Désaccord sur le marché carbone
Dans son rapport 2018 sur le développement durable, l'ONU a notamment écrit : «Une action basée sur le marché du carbone ne suffira pas, même avec un prix du carbone élevé». La messe onusienne est dite comme l'est celle de l'OCDE qui estime, dans un rapport de septembre dernier, qu'au rythme actuel du déclin des écosystèmes, les prix du carbone ne couvriront les coûts réels qu'en 2095. Cette position est à l'exacte opposé de celle de Kristalina Georgieva, directrice générale de la Banque mondiale : «nous voulons nous assurer que l'Accord de Paris est intégré dans chacune de nos mesures et nous cherchons très activement à agir pour fixer un prix sur le carbone», a-t-elle dit lors du G7 consacré à l'environnement de septembre dernier au Canada. Voilà donc un mécanisme qui ne fait pas l'unanimité. Cette opposition n'épargne pas non plus certaines technologies vertes. Les éoliennes feraient augmenter la température : deux chercheurs de Harvard ont estimé qu'alimenter l'ensemble des États-Unis en électricité d'origine éolienne «conduirait à réchauffer la température au sol de 0,54 °C dans la partie du pays qui serait recouverte d'éoliennes, et de 0,2 °C sur l'ensemble des États-Unis». Ces résultats ne sont pas sans rappeler les conclusions d'une étude, parue en septembre dernier, selon lesquelles les éoliennes et panneaux solaires changeraient la température au sol, modifieraient les flux d’air et provoqueraient une augmentation des précipitations au Sahara qui passeraient de 0,24 à 0,59 millimètre par jour. En conclusion, le parapluie de la responsable onusienne reste à trouver. 

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