Le Maroc a dénoncé, mardi, la dérobade de l'Algérie face à sa responsabilité internationale à l’égard des populations des camps de Tindouf et le peu de cas qu’elle accorde à leur drame humanitaire. «Contrairement à l’ensemble des vrais pays d’accueil, l’Algérie est la seule à refuser le recensement et l’enregistrement des populations des camps de Tindouf et à se dérober à ses responsabilités internationales à leur égard», a déclaré le chargé d'affaires du Royaume à Genève, Hassan Boukili, lors de la 71e session du comité permanent du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) tenue du 6 au 8 mars à Genève. Il a relevé que contrairement aux pays d'accueil engagés effectivement et généreusement en faveur de l'assistance et la protection des réfugiés, l’Algérie constitue un cas singulier et une situation unique dans l’histoire de la protection et de l’assistance internationale des réfugiés. «Contrairement aux vrais pays d'accueil, qui subissent des coûts réels engendrés par des situations de réfugiés qu’ils n’ont pas choisies, l’Algérie a choisi de subir une prétendue situation de “réfugiés sahraouis” qu’elle a elle-même créée», a fait observer le diplomate.
Il a affirmé que «c’est plutôt l'Algérie qui génère paradoxalement un fardeau humain et humanitaire énorme à la population des camps, en raison de son opposition depuis trois décennies à leur enregistrement et de leur maintien, de force, dans une zone de non-droit, victimes des violations de leurs droits humains, tout en instrumentalisant leur drame humanitaire pour servir son projet séparatiste». «Le seul fardeau que l’Algérie prend en charge volontairement concerne ses dépenses faramineuses pour armer le polisario, financer les campagnes politiques et médiatiques contre le Maroc et soutenir l’activisme politique des séparatistes», a-t-il dit.
Il a indiqué que l’Algérie impose depuis quarante ans une division de tâches étrange et inacceptable, par laquelle la Communauté internationale prend en charge l’aide humanitaire des populations des camps, alors qu'Alger se charge des dépenses militaires, politiques et propagandistes du polisario, son bras armé contre le Maroc. «L’Algérie étant un faux pays d’accueil, elle n’est donc pas en droit de revendiquer un quelconque partage de fardeau, à l’instar de l’ensemble des vrais pays d’accueil, comme la Jordanie ou le Liban», a insisté le diplomate. Il a souligné ainsi que toute évaluation de l’Algérie en tant que faux pays d’accueil devrait se faire séparément et inclure l’évaluation des détournements des aides humanitaires sur plusieurs années, comme cela a été certifié dans le rapport de l’Inspecteur général du HCR en 2005, le rapport du PAM (Programme alimentaire mondial) et le récent rapport l'Office européen de lutte antifraude. «Une telle évaluation devrait permettre de rétablir les faits de ces détournements, définir les responsabilités et demander des comptes aux auteurs des fraudes», a-t-il soutenu.M. Boukili a en outre affirmé que l’Algérie ne devrait plus être autorisée à se cacher au HCR derrière les vrais pays d’accueil, comme elle se cache derrière des pays au Conseil des droits de l’Homme. «L’Algérie demeurera un faux pays d’accueil tant qu’elle ne respecte pas les paramètres de protection des populations des camps de Tindouf, tant qu’elle refuse leur recensement conformément au mandat général du HCR», a-t-il expliqué. L'Algérie demeurera un contre-exemple des vrais pays d’accueil tant qu’elle s’opposera aux solutions durables pour ces populations et tant qu’elle conditionnera leur retour librement consenti à des plans politiques obsolètes. Il a à ce propos relevé que contrairement au Maroc, dont l’engagement responsable humanitaire dans le monde est internationalement reconnu, l’Algérie n’a aucun engagement humanitaire notoire ni en Afrique ni au Moyen-Orient ni ailleurs dans le monde. «Elle n’a qu’une seule velléité politique : celle de se servir du drame humanitaire des populations des camps de Tindouf pour déstabiliser le Maroc en agissant contre son intégrité territoriale», a-t-il conclu.
