Éco Analyse

Chômage des jeunes

Les NEET ou le paradoxe de l’exploitation

author Nabil Adel, LE MATIN

La faible capacité de création d’emplois s’explique, entre autres, par un taux élevé de défaillance des entreprises et le manque de compétitivité des sociétés qui se battent annuellement juste pour survivre.

La faible capacité de création d’emplois s’explique, entre autres, par un taux élevé de défaillance des entreprises et le manque de compétitivité des sociétés qui se battent annuellement juste pour survivre.

Nabil Adel est Chef d'entreprise, chroniqueur, essayiste et enseignant-chercheur à l'ESCA - École de Management.

La polémique statistique enfle entre le Haut Commissariat au Plan et le ministère de l’Industrie et du commerce sur les chiffres du chômage et les créations d’emplois dans l’industrie. Alors que ce débat d’experts qui n’intéresse nullement les Marocains est classique quand on cherche des 
solutions réelles aux problèmes sérieux du pays, c’est le quart de notre jeunesse qui vient gonfler la catégorie statistique des NEET, en créant une sérieuse source d’inquiétude pour l’avenir de ce pays. En cause, des lois à visage d’apparence humaine, mais qui aggravent le problème au lieu de le résoudre.

État des lieux des NEET au Maroc
Les NEET (Neither in Employment nor in Education or Training) sont un acronyme désignant souvent des jeunes sans emploi, qui ne sont ni à l’école ni en stage. Il cache, toutefois, une situation cauchemardesque de jeunes qui n’ont aucun avenir en dehors de la pauvreté et de la délinquance. Ils sont sans emploi, hors du système scolaire et ne suivent aucune formation non plus et n’ont qu’entre 15 et 24 ans. Au Maroc, ils sont un jeune sur trois. En d’autres termes, en 2018, un tiers des jeunes n’a aucune perspective d’avenir, à moins d’un miracle. C’est ce chiffre qui doit nous faire bondir et non une querelle de chiffres. Ainsi, selon les chiffres présentés par le Haut Commissariat au Plan le mercredi 28 mars à Rabat, les jeunes âgés de 15 à 24 ans qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation représentent un peu plus de 29% de cette tranche d’âge. En affinant l’analyse, les jeunes femmes seraient plus exposées, à raison de 46% contre à peine 13% des NEET pour les jeunes hommes. Une étude menée par Le Centre d'études sociales, économiques et managériales (CESEM) situe le taux des NEET à 35,4% de la population dont l’âge se situe entre 15 et 29 ans, soit près. Autrement dit, il s’agit ni plus ni moins que de 2,7 millions de femmes et d’hommes dont les perspectives d’avenir sont considérablement compromises ; une situation qui s’aggrave à mesure qu’ils avancent dans l’âge sans qualification leur permettant d’avoir des chances de s’insérer dans le marché du travail. Le Maroc se prive ainsi de cette force de jeunesse que d’autres pays nous envieraient et qui devrait être notre fer de lance, au lieu de devenir un sujet de préoccupation. Car au-delà de l’analyse économique de cette situation devenant de plus en plus intenable, ce sont les conséquences sociales de l’exclusion de cette partie de la population qui doit nous interpeller le plus. 
Cette catégorie de la population se situe entre la fin du collège et le diplôme d’études supérieures. Sa difficulté d’insertion dans le marché du travail nous renvoie deux réalités. D’abord, l’absence des structures d’accueil pour ces adolescents qui abandonnent leurs études avant le baccalauréat (15 à 20 ans) et ensuite l’incapacité de ceux qui ont obtiennent des diplômes dans le supérieur (Bac+2, Bac+3 et Bac+5) à trouver un premier travail. En cause, l’insuffisante qualité de leur formation et l’exiguïté du marché de l’emploi, où les créations nettes de postes n’arrivent pas à absorber les milliers de jeunes qui arrivent annuellement sur ce marché. Cette faible capacité de création d’emplois s’explique, entre autres, par un taux élevé de défaillance des entreprises, le manque de compétitivité des sociétés qui se battent annuellement juste pour survivre et d’un environnement des affaires plus propice à la disparition des entreprises qu’à leur éclosion.
Les risques de marginalisation et d’exclusion peuvent transformer à tout moment ces jeunes en déshérence en autant de bombes à retardement.

Le paradoxe de l’exploitation
Dans sa quête de conformisme aux lois internationales, le Maroc a durci la réglementation sur le travail des mineurs. Ceux-ci doivent être à l’école et non dans les champs, les usines ou les bureaux. Il faut éviter qu’ils fassent l’objet d’exploitation «propre» au monde professionnel. 
Toutefois, en interdisant l’exploitant de tirer profit de l'exploité ce n’est pas l’exploitant qui perd, mais bel et bien l’exploité. En d’autres termes, en empêchant un employeur de faire travailler un mineur, certes on le prive d’une ressource «bon marché», mais on prive, en même temps, le mineur d’une formation sur un métier et d’un revenu. Tel est le paradoxe de l’exploitation en économie. Il s’agit d’un point d’équilibre où l’exploitant et l’exploité bénéficient tous les deux d’une situation d’exploitation. En rompant cet équilibre, l’exploité perd plus que l’exploitant, car les options de ce dernier (exploitant) sont beaucoup plus nombreuses que celles du premier (exploité). Les lois qui encadrent sévèrement le travail des mineurs partent d’un bon sentiment, mais n’intègrent pas ce paradoxe, ce qui en fait des lois au mieux inapplicables, au pire dangereuses. 
En effet, en l’absence de structures d’accueil, pour recevoir les jeunes qui quittent prématurément l’école pour une raison ou une autre, le système devient très pervers. Les pays développés qui ont aboli le travail des enfants ont, au préalable, préparé toutes les infrastructures d’accueil, de formation et d’orientation pour éviter que ces derniers ne se retrouvent dans la rue, avec tous les risques de dérive qu’une telle situation renferme. 
En durcissant les règles de recrutement des mineurs au Maroc et sans penser à mettre en place de telles structures, on les condamne, une fois qu’ils abandonnent le système scolaire, à un sort bien plus inhumain (criminalité, mendicité, prostitution et drogue) que l’exploitation réelle ou supposée de l’univers professionnel. Toute réglementation «copiée – collée» d’un autre environnement et qui ne tient compte ni du niveau de développement de notre pays, ni de ses réalités socioéconomiques, finit par créer du chaos, là où elle est censée apporter de l’ordre.

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