Le plus ancien musée de la ville ocre, Dar Si Saïd, rebaptisé «Musée national du tissage et du tapis» rouvre ses portes. Depuis sa passation à la Fondation nationale des musées (FNM) du Maroc, cet espace a connu une rénovation qui lui permet de se repositionner et de valoriser ses collections.
«Dans sa nouvelle conception, Dar Si Saïd offre une véritable structure muséale qui souhaite rendre hommage aux centres de production de tapis, à la fois rural et citadin, tout en gardant intact l’esprit du lieu», indique un communiqué dudit musée. Planté au cœur de l’ancienne médina de la ville ocre, le musée a pour ambition d’assurer sa mission fondamentale «de diffusion de la connaissance». Les visiteurs vivront une véritable expérience muséale qui leur permettra de redécouvrir ou d’en apprendre davantage sur un art traditionnel pérenne, emblématique de la culture marocaine. L’exposition présentée au Musée national du tissage et du tapis Dar Si Saïd se décline en deux grands axes.
Le premier met en relief la richesse et la diversité du tissage marocain. Rural ou citadin, l’authenticité de ce savoir-faire se manifeste à la fois dans les supports utilisés (velours, soie, brocart, cuir…) que dans les produits obtenus (caftans, sacs, babouches, jellaba…). Cette collection est complétée par un ensemble d’objets pour agrémenter l’exposition et présenter le tissage dans son entourage. On découvre ainsi une collection de bijoux, d’accessoires d’apparat féminin, d’armes, d’objets du quotidien… provenant des collections de la Fondation nationale des musées. Le deuxième axe est dédié au tapis en tant que véritable jalon social et historique. L’accent est mis sur les différentes phases par lesquelles passe la production du tapis et le présente dans ses différentes variantes et représentations tout en se focalisant sur la diversité des centres de production plantés dans les quatre coins du pays.À travers cette exposition, le Musée national du tissage et du tapis Dar Si Saïd aspire à devenir une référence de conservation du tapis et un centre de diffusion de l’information relative à ce savoir-faire ancestral vulnérable. Rappelons que le musée Dar Si Saïd a accumulé, depuis sa création, un fonds de collections riches et diverses. Ses collections proviennent de Marrakech, mais également de la région du Tensift, de l’Atlas et du Tafilalet. Il s’agit de collections en bois d’architecture rurale et citadine, d’objets liturgiques constitués d’une cuve d’ablutions en marbre, d’un minbar, de chapelets, de tablettes coraniques en bois, des corans, des bijoux, des poteries et céramiques, des armes, des tapis, des broderies et des objets en cuir. On y trouve aussi des objets métalliques, et d’autres en plâtre conservés.À propos de Dar Si Saïd
Dar Si Saïd est un palais bâti à la fin du XIXe siècle à l’initiative de Si Saïd Ben Moussa, qui exerçait la fonction de ministre de la guerre sous la régence de son frère Ba Hmad.
En 1914, après la mort de Si Saïd, le protectorat français le transforme en siège des chefs successifs de la région de Marrakech. En 1932, les bâtiments sont attribués à la Direction générale d’instruction publique des beaux-arts et des antiquités, pour y installer les bureaux du Service des arts indigènes, un Musée d’art ancien et des ateliers d’artisans. Dès 1957, les locaux de Dar Si Saïd sont répartis entre le Service de l’artisanat et le Musée. Ce dernier occupe, depuis cette date, près de la moitié du palais comprenant notamment le grand Riad avec ses quatre salles, les deux étages et de nombreuses annexes. D’une superficie actuelle de 2.800 m², le Musée Dar Si Saïd constitue par ses décors et sa structure un riche témoignage de l’architecture domestique marocaine du XIXe siècle.