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Le pouvoir est seul responsable de la crise en Algérie

Avec Agences,

Saïd Saadi, lors du congrès du Rassemblement pour la culture et la démocratie.

Les travaux du cinquième congrès ordinaire du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), ouverts vendredi à Alger, ont été une occasion pour des acteurs politiques, de divers horizons, de faire un diagnostic de la crise multidimensionnelle que traverse l'Algérie et de clouer au pilori les tenants du pouvoir.

D’anciens chefs de gouvernement et des personnalités nationales se sont succédé durant toute la matinée à la tribune offerte par les congressistes du RCD pour livrer surtout leurs analyses de la situation actuelle du pays et convenir ainsi que «le pouvoir est seul responsable de la crise». Dans son intervention, l’ancien Chef du gouvernement, Ahmed Benbitour, a situé, en quatre points, la source du mal dont souffre le pays qui sont, selon lui, «la perte de la morale collective, la généralisation de la corruption, l’individualisme et le fatalisme». Prenant la parole, le fondateur du RCD, Saïd Saadi, a fait observer que «malgré les moyens colossaux mis au service de la promotion de la fraude électorale, malgré une corruption endémique, malgré les abus opposés au fonctionnement des organisations non inféodées, malgré les censures qui frappent toute voix discordante, la bataille des idées est gagnée», ajoutant que «le parti unique et ses dérivés s’approprient l’ensemble des revendications qu’il a vigoureusement et, en certaines occasions, sauvagement combattues». Notant que la phase actuelle exige de redécouvrir et d’interroger les valeurs et les visions ayant engendré les grandes épopées qui ont libéré le peuple algérien, afin de voir dans quelle mesure elles peuvent éclairer les luttes actuelles, M. Saadi estime que «l’argent, c’est-à-dire l’oxygène du système, fait défaut et l’asphyxie arrive au rythme de l’inflation».

«Ceux qui sont fascinés par 2019, allusion faite à la prochaine présidentielle, sont les janissaires de l’Histoire», dit-il, relevant que nulle manœuvre, nulle pression ne peut venir à bout d’une libre conscience et d’une libre pensée. Pour sa part, l’ancien Premier ministre Sid Ahmed Ghozali enchaine que «le fait de lier à la crise la chute des prix du pétrole est le plus grand mensonge qui puisse exister», alors que l’ancien président de l’Assemblée populaire nationale, Karim Younes, relève que l’Algérie connaît une «régression sur tous les plans». Le président du parti non agréé l’UDS, Karim Tabbou, est revenu, lui, sur la fermeture du champ politique et la répression que subissent les partis, y compris ceux qui sont agréés. Même son de cloche chez le président du parti «Talaie El Hourriyet», Ali Benflis, qui estime, de son côté, que «notre pays vit, malheureusement, une impasse politique totale qui s’ajoute à une crise économique aiguë et une situation sociale explosive».  

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