La protection des données à caractère personnel des mineurs sur Internet est une des préoccupations majeures de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP). Dans ce cadre, cette autorité a organisé, mercredi dernier à Rabat, une conférence dédiée à cette question en partenariat avec le Centre pour le Contrôle démocratique des Forces armées (DCAF), basé à Genève. Le DCAF est un organisme qui assiste les États dans le développement de la bonne gouvernance du secteur de la sécurité au sein d’un cadre démocratique et dans le respect de l’État de droit. Il fournit également un appui consultatif et des programmes d’assistance pratique à des États visant à renforcer la gouvernance de leur secteur de la sécurité.
Une deuxième partie des débats s’est intéressée aux nouveaux enjeux de la protection des données personnelles. Ce qui a permis d’identifier les enjeux de la protection des données personnelles des mineurs sur Internet. Dans ce cadre, Rachid Haddouchane, responsable du département des systèmes d’information à la CNDP, a dressé une liste des principaux risques encourus par les jeunes et les enfants sur le Net. Il a ajouté dans le même sens que ces risques pourraient avoir une influence sur la qualité des relations sociales, familiales et sur les résultats scolaires, les risques de cyber-harcèlement (insultes, menaces, chantages à la webcam...), l’incitation à jouer à des jeux dangereux. Il a cité l’exemple des jeux menant à relever des défis périlleux (comme la neknomination, un jeu poussant à la consommation d'alcool, ou la «Baleine bleue», un jeu qui pousse les jeunes au suicide). Cette liste comporte aussi le fait d’exposer les jeunes à des images choquantes (pornographie, violence, comportements dangereux...), le risque de divulgation d'informations personnelles, les risques d’être victimes de tentatives d'escroquerie, d’usurpation d'identité et de piratage de comptes. Une autre partie des débats a soulevé la question des prérogatives et des techniques d’enquête des forces de sécurité pour faire face au phénomène de la cybercriminalité. Ainsi ont été présentés les efforts déployés par les forces de sécurité qui luttent contre la cybercriminalité et plus particulièrement celle qui vise les mineurs. C’était également une occasion pour parler des mécanismes de coordination et de coopération sur le plan international. Les acteurs de la société civile ont eu leur mot à dire à ce sujet dans le cadre d’un sous-thème consacré au «Rôle de la société civile dans la prévention et la lutte contre la cybercriminalité visant les mineurs». Ainsi, les initiatives de la société civile pour sensibiliser les mineurs, les parents ainsi que les autorités aux dangers du Net et aux bonnes pratiques du numérique ont été présentées.
