Le Matin : Quels sont les objectifs de cet événement ?
Comment peut-on améliorer la qualité de l’éducation de la petite enfance au niveau du Maroc et de l’ensemble des pays africains ?
Au Maroc, sur Instructions Royales, le préscolaire s’est hissé en tant que mesure d’urgence pour renforcer les programmes d’appui à la scolarisation et ceux de la lutte contre les déperditions scolaires. Le Royaume a lancé en juillet 2018, le Programme national de généralisation et de développement du préscolaire. Ce programme, piloté par le ministère de l’Éducation nationale, vise à généraliser le préscolaire sur une période de 10 ans. Il est vrai que les statistiques disponibles renseignent largement sur le taux d’accès et de couverture des services d’éducation de la petite enfance, mais l’amélioration de la qualité des offres d’éducation de la petite enfance reste un grand défi pour le Maroc et pour la quasi-totalité des pays africains. On sait qu’au Maroc la qualité de l’éducation préscolaire varie profondément d’une structure à l’autre et l’absence de mécanisme efficace d’assurance de la qualité à ce niveau empêche toute véritable amélioration sur le plan de la qualité et de l’homogénéité. Une mesure urgente serait de commencer par définir un cadre de qualité Africain qui reposerait sur 3 axes fondamentaux :Le premier axe est la mise en place des systèmes politiques, juridiques et financiers. Toute action visant à développer un sous-secteur doit reposer sur des fondements juridiques et politiques, mais également s’assurer de la disponibilité de moyens financiers pour sa réalisation. Malheureusement, en Afrique, avec plus de 70% des offres d’éducation de la petite enfance assurées par le secteur privé, les États n’ont pas encore défini tous les mécanismes de pilotage et de contrôle de la qualité. Il est dès lors urgent de définir un cadre de la qualité. Le deuxième axe consiste à investir sur la professionnalisation du personnel de la petite enfance avec un focus sur les éducateurs. Et enfin, le troisième axe implique de repenser les programmes pédagogiques. Les tout-petits ont besoin de développer non seulement des compétences cognitives nécessaires et vitales pour entrer dans l’enseignement primaire, mais également des compétences autres que cognitives. À l’issue de cet événement, une Déclaration de Casablanca pour l’éducation de la petite enfance de qualité sera adoptée par l’ensemble des participants.Parlez-nous un peu plus de cette Déclaration...
La déclaration de Casablanca sur la professionnalisation des personnels de l’éducation de la petite enfance lie 19 pays, y compris des ministres, des représentants des travailleurs, des décideurs politiques, des organisations de la société civile, des chercheurs et 7 organisations internationales autour d’un contrat de performance. La déclaration rappelle les textes fondements, l’Agenda 2030 et particulièrement les engagements et les cibles des Objectifs de développement durable ODD 4. Elle consigne les engagements de tous les participants à travailler pour l’amélioration de la qualité de l’éducation des tout-petits en misant fortement sur la qualification et la professionnalisation des éducateurs.La déclaration rappelle des lignes directrices et amène les participants à s’engager particulièrement pour une définition de référentiel des métiers de la petite enfance, une restructuration et une institutionnalisation de la formation des éducateurs et, une amélioration de leurs conditions de travail.Propos recueillis par H.E.H.
