Économie

Irrigation et économie d’eau

L’agriculture face au stress hydrique

LE MATIN

Ph. Shutterstock

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Près de 70% de toutes les ressources en eau douce disponibles dans le monde sont utilisées pour l’agriculture. Historiquement, le Maroc s’est distingué par une prise de conscience précoce de la nécessité de la maîtrise de ces ressources en eau, limitées, par une politique audacieuse et volontariste de mobilisation de l’eau et de l’irrigation des terres agricoles dite «Politique des barrages et du million d’hectares irrigués». «La politique des barrages et du grand hydraulique entamée il y a plus de 50 ans a doté le Maroc d’un patrimoine hydro-agricole qui contribue à la stabilisation de la production agricole grâce à l’irrigation de plus d’un million d’hectares», nous expliquent à ce propos les responsables de la Direction de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole. 
À présent, le pays dispose d’une superficie sous irrigation de l’ordre de 1,6 million d’hectares, et bien que cette superficie ne couvre que près de 16% de la superficie agricole utile du pays, elle contribue à près de 45% de la valeur ajoutée agricole et pour 75% des exportations des produits. Avec une contribution de près de 50% à la création d’emploi en milieu rural, l’agriculture irriguée est également un levier important de création d’emploi, de lutte contre la pauvreté en milieu rural et de maitrise de l’exode rural. Cette contribution de l’agriculture irriguée est plus déterminante pendant les années de sécheresse où la production des zones Bour est sévèrement affectée. 

Des ressources limitées !
Malgré les efforts de mobilisation des ressources en eau avec près de 140 grands barrages totalisant une capacité de près de 18,6 milliards de m3 et de plusieurs milliers de forages et de puits captant les eaux souterraines, les ressources en eau constituent le principal facteur limitant le développement de l’irrigation des terres agricoles. «Depuis plus que trois décennies, l’agriculture irriguée censée bénéficier, selon les documents de planification, de plus de 80% des ressources en eau mobilisées au Maroc est confrontée à une raréfaction grandissante des ressources en eau sous les effets conjugués des évolutions démographiques, climatiques et économiques, qui génèrent un déséquilibre croissant entre offre et demande en eau. Cette situation se traduit par des restrictions significatives des allocations d’eau pour l’irrigation. L’agriculture ne reçoit, en effet, que les volumes d’eau résiduels après satisfaction des besoins en eau potable classés prioritaires. Le volume d’eau effectivement fourni aux grands périmètres d’irrigation dépasse rarement 50% de la dotation réservée à ces périmètres irrigués, prévus par les documents de planification des bassins hydrauliques. “Partant du constat que la raréfaction de l’eau est l’un des défis les plus urgents à relever pour assurer développement agricole durable et la sécurité alimentaire du pays, le Plan Maroc Vert, lancé en 2008, réaffirme avec force le rôle stratégique de l’agriculture irriguée pour le développement économique et social du Maroc et accorde une place de choix à la maîtrise de l’eau et à sa rationalisation en tant que levier stratégique pour l’amélioration de la productivité et la stabilisation de la production dans un contexte climatique versatile”», soulignent les mêmes responsables relevant du ministère de  l’Agriculture. 

Une ère nouvelle
Ainsi, avec l’adoption du Plan Maroc Vert, l’agriculture irriguée est rentrée dans une ère nouvelle : l’ère de la rationalisation et de la valorisation de l’eau d’irrigation. Une politique volontariste de généralisation des techniques d’irrigation économes en eau et de valorisation de l’eau agricole a été adoptée. Trois grands chantiers structurants pour l’avenir de l’agriculture irriguée ont été engagés à commencer par le Programme national d’économie d’eau en irrigation (PNEEI), qui vise la modernisation des systèmes d’irrigation et le développement de l’irrigation localisée sur 550.000 ha. Ensuite, le Programme d’extension de l’irrigation a pour objectif d’étendre l’irrigation sur une superficie de près de 160.000 ha associée aux barrages réalisés ou en cours de réalisation ; et enfin, le Programme de partenariat public-privé en irrigation vise la promotion du partenariat public-privé (PPP) pour le développement et la gestion de l’irrigation. Ces programmes constituent une réponse à la mesure des défis de la raréfaction des ressources en eau, de la valorisation de ces ressources pour sécuriser la production et de la résilience de l’agriculture face aux changements climatiques qui menacent particulièrement notre région.
«Les avancées enregistrées par l’agriculture irriguée, depuis le lancement des programmes d’irrigation en 2008, sont probantes sur le plan de la généralisation des techniques d’irrigation localisée, de l’extension de l’irrigation à de nouvelles terres et de la promotion du partenariat public privé en irrigation avec toutes les retombées en matière d’augmentation de la productivité agricole, d’augmentation des revenus agricoles et de conservation des ressources en eau» affirment la direction de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole. 
Ainsi, le développement de l’irrigation localisée sur plus de 560.000 hectares a permis d’étendre l’irrigation économe en eau sur près de 35% des terres irriguées au niveau national alors qu’elle n’était que de 9% avant le lancement du Plan Maroc Vert. La modernisation intégrale des réseaux collectifs d’irrigation a porté sur près de 120.000 ha. «Cela a permis à près de 40.000 agriculteurs d’accéder aux techniques modernes d’irrigation et d’assurer ainsi la transition d’une agriculture traditionnelle à faible valeur ajoutée vers une agriculture moderne à haute valeur ajoutée», nous confient les responsables du ministère de tutelle. De même, l’extension de l’irrigation a connu un essor remarquable avec 12 projets d’une superficie de 82.300 ha mis en chantier depuis le déploiement du Plan Maroc Vert. Ce qui a permis de valoriser les ressources en eau mobilisées par les barrages et d’assurer une meilleure convergence entre les barrages et les aménagements hydro-agricoles associés et ainsi la rentabilisation des investissements publics consentis. Grâce à ces efforts les agriculteurs peuvent accéder aujourd’hui à de l’irrigation moderne avec un service continu et à la demande et de disposer d’un instrument complet et vital pour l’augmentation de la production agricole, l’introduction des filières de production alternatives à plus haute valeur ajoutée et l’économie d’eau. 

Un nouveau tournant en matière de PPP
En matière de Partenariat public-privé en irrigation, le Plan Maroc Vert a marqué un tournant dans le mode de financement et de la gestion des infrastructures d’irrigation à travers la consolidation, l’adoption et la promotion du PPP pour la conception, le co-financement, la construction et l’exploitation des projets d’irrigation. Le Maroc s’est surtout distingué dans ce domaine par la concrétisation du premier projet de PPP pour la sauvegarde de la plaine agrumicole d’El Guerdane sur 10.000 ha qui est cité comme un cas d’école à l’échelle internationale. Ce projet, mis en service depuis 2009, a permis de sauvegarder le bassin agrumicole d’El Guerdane dans la région du Souss-Massa. Fort du succès de cette expérience inédite à l’échelle internationale, d’autres projets PPP ont été engagés. 


Le traitement des eaux usées profitable !

Un rapport mondial des Nations unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2017 sur le thème «Les eaux usées, une ressource inexploitée» souligne l’importance capitale de l’amélioration de la gestion des eaux usées pour l’avenir de l’humanité. Il s’agit en premier lieu de limiter les impacts négatifs du rejet des eaux usées non traitées. Les conséquences de l’émission d’eaux usées non traitées ou mal traitées sont classées par l’organisation en trois catégories. Tout d’abord, des effets nocifs pour la santé humaine, ensuite, un impact négatif sur l’environnement et enfin, des répercussions néfastes sur les activités économiques. Par ailleurs, les eaux usées, après traitement, peuvent constituer une nouvelle source d’eau, en particulier dans un contexte de stress hydrique chronique. Cela peut s’avérer dans certains cas profitable, car «en tant que composante essentielle d’une économie circulaire, l’utilisation des eaux usées et la récupération des sous-produits peuvent générer de nouvelles opportunités d’affaires et permettre de récupérer de l’énergie, des nutriments, des métaux et d’autres sous-produits», affirme Irina Bokova, ancienne directrice générale de l’Unesco, dans le même rapport.


Des résultats encourageants !

Grâce à ces programmes, les premiers résultats atteints sont très prometteurs avec des sauts significatifs dans toute la chaine de valeur de l’économie et de la valorisation de l’eau. La Direction de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole estime les économies d’eau réalisées à plus de 2 milliards de m3 par an, soit deux fois la capacité d’un grand barrage comme Bine El Ouidane. Ces programmes ont également permis la création d’une valeur de production additionnelle de 20 milliards de dirhams par an et de l’équivalent de 210.000 emplois permanents dans les activités de production agricole en plus de 28.000 emplois créés par les chantiers de travaux. Les résultat font aussi état d’un accroissement des rendements des cultures variant de 67 à 100% en moyenne, d’une augmentation de l’intensification culturale, qui est passée en moyenne de 100 à 130%, un triplement de la valorisation de l’eau (passant en moyenne de 2 DH/m3 à plus de 6 DH/m3), un triplement du revenu moyen des agriculteurs, mais surtout une amélioration significative du service de l’eau, grâce à la modernisation des réseaux d’irrigation et au passage au mode de distribution d’eau à la demande. 

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