Menu
Search
Dimanche 11 Janvier 2026
S'abonner
close
Dimanche 11 Janvier 2026
Menu
Search

Le mouvement «Extinction Rebellion» se mondialise

En un an, désobéir à l’ordre est devenu le modus operandi privilégié des militants écologistes mobilisés à travers le monde pour mettre la pression sur les gouvernements face à l’urgence climatique.

Le mouvement «Extinction  Rebellion» se mondialise
La rébellion XR a désormais des ramifications mondiales, comptant des milliers de militants qui multiplient les opérations coup de poing spectaculaires. Ph. DR

Le mode d’expression, qui dégénère parfois en actes violents réprimandés par les pouvoirs publics, consiste pour ses protagonistes à éveiller les consciences à travers la provocation et s’est invité dans le paysage de la lutte écologique avec l’éclosion d’un mouvement : Extinction Rebellion (XR). Lancé en octobre 2018 au Royaume-Uni, dans le sillage de la mobilisation pour le climat, le mouvement dont le nom alerte sur l’extinction des espèces a déclenché une véritable «rébellion climatique» qui a vite pris de l’ampleur à travers le monde. La rébellion XR a désormais des ramifications mondiales, comptant des milliers de militants qui multiplient les opérations coup de poing spectaculaires, en bloquant l’accès aux sites stratégiques et divers points névralgiques des grandes capitales. Parlements, aéroports, quartiers financiers, ponts… sont autant de cibles pour cette mobilisation qui a atteint son paroxysme en ce mois d’octobre avec le lancement d’une série d’actions au Royaume-Uni et dans le reste du monde, intitulée «Autumn Uprising» (soulèvement d’automne). L’objectif étant de perturber le fonctionnement des capitales pour crier l’urgence climatique. Londres, Bruxelles, Paris, Berlin, Genève et bien d’autres villes au-delà de l’Europe, allant de New York à Sidney, sont témoins au quotidien de scènes très médiatisées de ces «rebelles du climat» déterminés à occuper les lieux et espaces publics les plus symboliques et les plus fréquentés, malgré les interdictions. Selon la branche britannique d’Extinction Rebellion, plus de 1.000 militants ont été arrêtés pour le seul mois d’octobre, tandis que le cofondateur du mouvement écologiste, Roger Hallam, a comparu devant un tribunal londonien pour avoir tenté de perturber le trafic aérien à l’aéroport d’Heathrow en utilisant un drone. À l’image du mouvement populaire des Indignés (Indignados), porté par la vague de grogne sociale qui a déferlé d’abord en Espagne avant de se répandre ailleurs, ou encore celui d’Occupy Wall Street visant les symboles du capitalisme, à commencer par la place financière new-yorkaise éponyme, Extinction Rebellion parvient à fédérer à la faveur d’un objectif commun : dénoncer l’inaction des gouvernants face à la crise climatique. Une large diffusion de ce message sur les réseaux sociaux a fortement contribué à l’internationalisation du groupe qui exige une action immédiate contre la destruction de l’environnement, après les terribles prédictions selon lesquelles l’être humain ferait face à une menace existentielle, si le changement climatique et la perte de la biodiversité se poursuivaient. 

Lisez nos e-Papers