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Nabila Mounib : «Il faut mettre en place un modèle de développement dont le principal point d’entrée est le modèle éducationnel»

author Souad Badri, LE MATIN

Réforme fiscale, action du gouvernement, élections, éducation, nouveau modèle de développement,… La secrétaire générale du parti socialiste unifié (PSU), Nabila Mounib, invitée de l’Info en Face, a livré sa lecture de la situation politique, économique et sociale du Maroc. Une situation qui rend encore plus urgent la mise en place d’un nouveau modèle de développement basé sur une réforme politique et une réforme de l’enseignement, selon Mme Mounib.

La réforme fiscale passe par la réforme du modèle économique
«Les Assises de la Fiscalité étaient une occasion pour notre parti de présenter notre proposition, en tant que Fédération de la gauche démocratique, pour la réforme fiscale de notre pays. En plus de la vision d’avenir, nous avons présenté une critique des anciennes Assises pour s’interroger sur le sort des recommandations prises lors des éditions précédentes et qui n’ont pas été mises en œuvre. Notre projet a été d’ailleurs apprécié et qualifié de complet, car il tient compte notamment du modèle économique de notre pays. En effet, pour mener à bien cette réforme fiscale, il faut qu’elle tienne compte du nouveau modèle de développement, car la crise fiscale n’est que le reflet de l’échec de ce même modèle. Donc, la première réforme fiscale doit être politique. Il faut arrêter l’hémorragie de la fraude fiscale, de l’évasion, de la rente… pour essayer de mettre en place un modèle de développement économique mixe et efficace. Nous avons présenté des mesures concrètes dans le sens d’un élargissement de l’assiette fiscale, d’un rééquilibrage entre l’imposition du capital et l’imposition du travail, de la fiscalité régionale, écologique… Plusieurs mesures qui ne pourront pas être efficaces si elles ne sont pas intégrées à une nouvelle vision d’un modèle économique qui devrait revoir le financement de l’économie marocaine et l’ouverture de notre économie sur l’international».

La privatisation ne règlera pas le problème de la dette
«La croissance de la dette est certes alarmante, mais ce n’est pas la privatisation qui va résoudre le problème. Nous avons l’impression que le gouvernement ne sait plus comment créer de la richesse ! On nous a promis une augmentation du PIB, une amélioration de la croissance, etc. Rien n’est fait, nous sommes face à un gouvernement de gestion du quotidien et non un Exécutif qui a un plan de développement pour l’avenir de notre pays. On sait tous que le principe de démission de l’État en ayant recours à la privatisation et en laissant aux institutions internationales le droit de faire ce qu’elles veulent dans ce monde, n’est pas la solution». 

Augmentation des salaires, ce n’est pas assez !
«Les 500 DH échelonnés en trois ans, il ne faut pas appeler ceci une augmentation, alors que les salaires sont gelés depuis près de 20 ans. Prenez par exemple les salaires des professeurs universitaires, il y a 40 ans, nous étions classés 3e sur l’échelle des salaires après les ministres, aujourd’hui, 43e ! Comment imaginez-vous un professeur faire de la recherche ou prendre part à des conférences internationales avec un tel niveau de salaires ? Donc, nous sommes face à une situation où les salaires sont gelés alors que le pouvoir d’achat augmente de manière vertigineuse, la facture de l’eau et de l’électricité a explosé à cause de la politique de gestion déléguée. Ce gouvernement se comporte avec les salariés comme des mendiants à qui on donne une aumône, mais de l’autre côté, on accorde une retraite aux parlementaires, aux ministres… Pour moi, ce gouvernement est faible, il s’est présenté avec un projet qu’il n’applique pas. Ce n’est pas avec des mesurettes pareilles qu’on réduira la pauvreté ou les écarts sociaux». 

Formation/Emploi, la faille vient de l’éducation
«Certes, nous constatons une inadéquation entre la formation et l’emploi, mais ce n’est pas l’Université ou les écoles supérieures qui en sont responsables ou plutôt les seuls responsables. Ce sont des choix qui ont été opérés au niveau des réformes appliquées à l’université et qui nous ont aujourd’hui conduits vers cette situation. Je cite par exemple le système LMD qui entraine un saucissonnage des formations avec plein de modules. Les étudiants n’ont donc plus accès à un savoir qui est bien construit. À l’Université, nous recueillons le fruit de ce système éducatif qui normalement doit démarrer efficacement de manière globale au niveau du préscolaire, chose qui n’est pas faite parce que l’État se débarrasse du préscolaire au profit d’un privé qui est mal formé et mal préparé et qui pense que l’enseignement est un supermarché. On ne peut pas aujourd’hui dire qu’il y a un problème économique alors que nous avons aussi un problème au niveau de notre système éducatif qui est en échec. Mais si le système de l’école ne marche pas aujourd’hui, c’est à cause des choix qui ont été opérés au Maroc et qui ne sont pas démocratiques. Nous n’avons pas mis en place l’école du peuple, une école égalitaire émancipatrice, nous avons au contraire mis en place une école à cinq vitesses : Vous avez l’enseignement traditionnel, l’enseignement religieux, l’enseignement public, l’enseignement privé et puis l’enseignement des 
missions. Au niveau du cycle supérieur, nous importons des Universités clés en main, c’est un choix terrible. Aujourd’hui, nous avons également des milliers de savants marocains, toutes disciplines confondues, qui ont émigré à l’étranger alors que nous en avons besoin pour construire ce nouveau modèle, qui n’est pas uniquement économique mais aussi sociétal. Certes, ils peuvent être utiles là où ils sont, mais c’est une hémorragie terrible que ne nous pouvons pas supporter, car nous avons besoin des compétences.
Pour les ressources budgétaires pour l’école, il faut trouver l’argent, sinon, on va tomber dans un système, qui est déjà là malheureusement, d’échec qu’on va même perpétuer. Il n’est pas question de demander aux familles déjà pauvres de payer des frais supplémentaires. Cela est une ligne rouge et il faut trouver l’argent ailleurs.»

Le débat sur la langue d’enseignement : 
ouverture oui, mais….

«Je suis pour l’ouverture sur une langue étrangère parce que cela permet de s’ouvrir sur d’autres cultures et sur le savoir dans sa dimension universelle, mais il est aussi certain qu’il n’y a aucun pays qui peut se développer sans sa langue maternelle. La question qui se pose c’est de savoir ce qu’on enseigne en langue arabe. Aujourd’hui dans les classes, on enseigne la Darija et non pas l’arabe. Notre école est pauvre, car l’arabe que nous enseignons ne transmet pas les valeurs telles que la solidarité, l’humanisme, la confiance en soi et l’esprit critique. 
La langue évolue parallèlement à l’évolution du pays. Quand les Arabes étaient à l’apogée des sciences, de l’astronomie, de la physique, de la médecine, de la chimie, etc., le monde parlait arabe et pour étudier les sciences, il fallait maitriser l’arabe. Aujourd’hui, c’est l’anglais d’abord. Il faut donc réhabiliter notre langue pour qu’elle puisse transmettre notamment les sciences, les valeurs et les savoirs et permettre ainsi la construction de cet être citoyen éclairé que nous voulons. L’école devrait donc être révisée complètement pour aller vers l’école égalitaire émancipatrice.»

Quel modèle de développement pour le Maroc
«La situation actuelle du Maroc, que ce soit au niveau économique, social, éducatif… est le résultat de choix qui ont été opérés. Et la digitalisation qui arrive à grande vitesse va nous donner une claque qui nous permettra peut-être de nous remettre de cet état et nous faire comprendre enfin que notre pays ne peut avancer que si on avance sur le plan politique d’abord, asseoir une vraie démocratie, rétablir le climat de confiance et comprendre que notre État, comme partout ailleurs, est menacé par les grands défis du 21e siècle, par la crise climatique, la crise migratoire… Il faut donc travailler, libérer les compétences, encourager l’investissement, redistribuer les richesses pour éviter les tensions sociales et donner à l’État son rôle stratégique d’accompagnement. En somme, il faut mettre en place un modèle de développement dont le principal point d’entrée est le modèle éducationnel.» 

 

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