Emploi

Entretien avec Hassan Filali, CEO du Réseau Honoris United Universities Maroc

«Avec ce nouveau campus transversal, nous voulions offrir les mêmes infrastructures d’un campus horizontal qui se trouve en général en périphérie des villes»

Mounia Senhaji Mounia Senhaji,

Sur le boulevard Roudani à Casablanca se dresse un bâtiment flambant neuf de 10 étages qui abrite désormais le nouveau campus universitaire Honoris. Cette infrastructure de 10.000 m², dont l’inauguration officielle a été annoncée pour le 12 juin courant, est destinée à réunir plusieurs pôles d’excellence de l’Université Mundiapolis et de l’École marocaine des sciences de l’ingénieur (EMSI). Sa réalisation a été principalement dictée par un souci de proximité des étudiants comme nous l’explique Hassan Filali, CEO du Réseau Honoris United Universities Maroc. Les détails.

Management & Carrière : Avant de parler de l’événement qui se prépare, pouvez-vous nous donner brièvement quelques détails 
sur le Réseau Honoris ?
Hassan Filali :
Le Réseau Honoris est constitué de trois institutions : l’École marocaine des sciences de l’ingénieur, l’Université Mundiapolis et l’École d’architecture de Casablanca. Mais Honoris Maroc fait partie d’une plateforme panafricaine qui regroupe 32.000 étudiants dans 48 campus avec une présence dans 9 pays. Les deux plus grandes présences sont en Tunisie avec l’Université Central Group et en Afrique du Sud avec les deux plus grandes universités du pays. Au Maroc, nous avons 6.000 étudiants dans notre réseau.

Vous vous apprêtez à fêter ce mercredi l’ouverture d’un nouveau campus Honoris en plein centre de Casablanca. Parlez-nous de cette nouvelle infrastructure et de sa valeur ajoutée pour votre réseau, mais aussi pour le paysage éducatif marocain ?
Le campus de Roudani est un campus de 10.000 m² qui se trouve au cœur de Casablanca. Il s’agit d’un campus transversal. Le souci que nous avions en choisissant ce bâtiment en centre-ville est un souci d’accessibilité. Nous voulions être le plus proche possible des lieux de résidence des étudiants afin qu’ils puissent passer, en dehors des heures de cours, plus de temps dans les locaux de l’université et moins de temps dans les transports. Cette accessibilité est d’autant plus importante que nous avons beaucoup d’étudiants qui sont en alternance : ils sont en cabinet une partie de la semaine et l’autre partie à l’université. Troisième raison pour laquelle nous voulions être en centre-ville, c’est qu’avec les changements profonds que connait le marché de l’emploi avec cette révolution technologique, et nous n’en sommes qu’au début, nous sommes convaincus qu’il y a beaucoup d’actifs qui devront revenir à l’université et compléter leurs compétences parallèlement à leurs activités. Donc, la proximité des lieux du travail est un élément très important quand il s’agit de formation continue. Il faut souligner qu’avec ce campus, nous avions le souci d’offrir les mêmes infrastructures qu’un campus horizontal qui se trouve en général en périphérie des villes, à l’exception des terrains de sport bien entendu. Mais en termes de salles de séminaires, de bibliothèque, de centres de calculs, de laboratoires…, nous avons tout ce qui se fait dans les campus horizontaux.

Qu’en est-il des espaces de vie ?
Dans ce nouveau campus, il y a également des espaces vie. Pour nous, il s’agit d’une nécessité pour une raison qui est au cœur de notre stratégie, à savoir la collaboration intelligente. Un récent rapport de la SFI indique que 40% des compétences qu’exige le marché de l’emploi vont changer d’ici 2022. Et parmi les compétences demandées, il y a les compétences socio-comportementales : être capable de travailler en intelligence avec des personnes qui ont des spécialités différentes, être capable de communiquer, de construire ensemble… C’est pour cela que ces espaces de vie – surtout dans un campus qui est multidisciplinaire avec des écoles d’ingénieurs, de commerce, de droit et de santé – sont un élément très important qui nous tient à cœur pour que l’on puisse préparer nos étudiants au monde de demain qui est, en fait, le monde d’aujourd’hui. Cela permet de développer tous ces soft skills et c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles on est au cœur de la ville.

Vous comptez organiser une grande conférence à l’occasion de l’inauguration pour initier une réflexion autour d’un modèle innovant pour l’enseignement supérieur au Maroc. Pour vous, quels pourraient être les grands axes de ce modèle ? Mais avant, quel regard portez-vous sur l’enseignement supérieur au Maroc ?
Nous, modestement, ce que nous voulons c’est contribuer au débat. Nous sommes l’un des acteurs – nous sommes certes le plus grand acteur de ce secteur –, mais nous voulons continuer à débattre parce que nous avons tous, en tant que citoyens, un défi qui est celui de l’emploi des jeunes, surtout les jeunes diplômés. Donc, l’idée est de s’interroger sur l’environnement dans lequel nous évoluons actuellement, avec l’environnement macroéconomique, avec la massification de l’éducation et la détérioration de la qualité. Nous avons de plus en plus d’étudiants dans l’université et de moins en moins d’encadrement. Il faut dire que l’enseignement privé au Maroc représente moins de 5% alors que dans d’autres pays à revenu intermédiaire comme le Maroc, la moyenne se situe autour de 13%. Donc, pour que le privé puisse jouer son rôle dans l’économie nationale, il faut plus d’investissements dans l’éducation. Et pour que ces investissements puissent réussir, il faut que ce privé soit institutionnalisé, soit d’une taille importante, pour qu’il puisse investir dans la recherche et l’innovation parce que c’est ce qui alimente la qualité de l’école et de l’université. Pour nous, le débat est de se demander : quels sont les défis auxquels nous faisons face aujourd’hui au Maroc et quels sont les défis de l’emploi ? Nous avons demandé à un expert international dans le domaine de l’éducation, qui est un administrateur indépendant d’Honoris, de venir nous dire comment d’autres pays émergents comme le Maroc, tels que le Brésil et la Malaisie, qui ont fait face aux mêmes problèmes, ont réussi à les régler. Mais pour nous, le privé doit jouer un rôle beaucoup plus important, car le Maroc en a besoin. Il faut qu’il y ait plus d’investissements dans ce secteur, non seulement dans les infrastructures, mais aussi dans la formation des ressources pédagogiques. Il faut former des docteurs pour enseigner ces étudiants, mais il faut aussi être imprégné de la culture locale : ce n’est pas un modèle qui est importé de l’étranger, mais un modèle construit à partir du Maroc. Pour qu’une université soit de taille et qu’elle ait un impact, il faut qu’elle s’imprègne de l’environnement socio-économique du pays. Il faut que les frais de scolarité soient adaptés au pouvoir d’achat des Marocains et à la réalité économique de ce pays pour pouvoir avoir des institutions qui soient grandes et qui peuvent réellement avoir de l’impact.

Mais en général, ce genre d’institutions s’adresse à une certaine 
catégorie…
Vous avez raison, mais pas la nôtre. Je vais vous donner un exemple. Vous savez, l’EMSI est aujourd’hui la plus grande école privée au Maroc et c’est un modèle pour nous parce que l’EMSI a aujourd’hui 4.500 étudiants. L’école forme des ingénieurs reconnus par l’État en bac+5 et les frais de scolarité sont parfois les mêmes que ceux que les parents paient à des écoles d’enseignement primaire et secondaire. Pourtant, il s’agit d’un diplôme d’ingénieur et les lauréats sont très appréciés sur le marché du travail. Et c’est grâce à cette accessibilité matérielle que l’EMSI a réussi à avoir autant d’étudiants. Nous avons adopté cette démarche même avec nos autres institutions qui étaient sur un positionnement plus élevé de prix. Nous les avons ramenées à la réalité pour les rapprocher de ce que l’EMSI fait, car notre ambition est de toucher le maximum de gens. Car c’est aussi et avant tout – en tout cas pour les gens qui travaillent sur ces sujets-là – un projet citoyen. Parce que pour pouvoir avoir un impact, il faut toucher le maximum de personnes et pouvoir influencer leurs vies et leurs carrières, et ce, au niveau de toutes les strates de la société.

Quel a été le montant de vos investissements dans l’éducation au titre 
de cette année ?

Honoris a investi en infrastructures cette année au Maroc environ 270 millions de dirhams. Ces investissements ne concernent pas des rachats, mais des capacités nouvelles.
Et combien pour ce nouveau campus ?
Pour ce campus en particulier, je ne pourrais pas vous dire. Mais nous avons un campus similaire qui va très bientôt ouvrir ses portes à Rabat et donc, en gros, sur les investissements que nous faisons, cette année c’était autour de 270 millions de dirhams. Nous comptons aussi ouvrir l’année prochaine à Tanger parce que c’est la deuxième ville industrielle du pays et elle mérite d’avoir une école d’ingénieurs qui a pignon sur rue et qui est reconnue. 
Nous poursuivons donc nos investissements. Mais pour que ces investissements réussissent, il va falloir offrir une vraie valeur ajoutée qui va au-delà de la diplomation. Il va falloir anticiper pour que nos lauréats puissent trouver un travail. Et c’est pour cela que c’est aussi le rôle de l’université d’engager des ponts avec le monde de l’entreprise et les employeurs pour pouvoir définir les compétences dont ils ont besoin et former des lauréats dotés des compétences requises. 


Entretien réalisé par  Mounia Senhaji

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