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Allocution de Saaïd Amzazi, ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique

«Pour un pays qui ambitionne d’intégrer les nouvelles chaînes de valeurs internationales, le sésame aujourd’hui réside dans la créativité de ses hommes et de ses femmes qui constituent son premier capital»

LE MATIN

Mesdames et messieurs,
Je tiens tout d’abord à vous exprimer tout le plaisir que j’ai à être parmi vous aujourd’hui, à l’occasion de cette 4e édition du Morocco Today Forum, un évènement phare du groupe Le Matin, qui, en 3 éditions, a eu le mérite de s’imposer comme un espace de référence en matière de débat et de réflexion sur le modèle marocain.
J’en veux pour preuve le public nombreux qui nous accompagne aujourd’hui, ainsi que la qualité exceptionnelle des panélistes qui ont été conviés à cet évènement.
En outre, le fait de m’inviter, en tant que ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, à m’exprimer sur le nouveau modèle du développement de notre pays, prouve en tout cas que les organisateurs de ce forum ont tous compris : le capital humain est désormais le fer de lance incontestable de toute stratégie de développement. Un capital qui n’en est vraiment un que s’il est suffisamment instruit, formé et compétitif.

Mesdames et messieurs,
Le Président Carter avait dit un 
jour : «Si nous indexons le dollar sur les matières premières, son potentiel est grand, mais limité ; si nous indexons le dollar sur la connaissance, alors son potentiel est infini». C’était il y a plus de 40 ans, mais l’histoire lui a largement donné raison. Mais ce n’était pas le seul…
Certains pays, à défaut d’avoir été dotés de réserves naturelles, se sont fabriqué des réserves de connaissance. Et ont gagné leur pari.
La Corée du Sud, petit pays qui possède l’équivalent du tiers de la population russe, exporte aujourd’hui bien davantage que ce géant, deuxième producteur de pétrole au monde. Parce que la Corée a misé sur la connaissance.
Nous connaissons tous l’intérêt véritablement obsessionnel que les familles coréennes portent à l’éducation et aux diplômes de leurs enfants. Ce pays est d’ailleurs le seul au monde à avoir mis en place un ministère de l’Économie de la connaissance.
Voilà bien de formidables leçons pour tous les États en quête d’émergence.
Le mot est lâché : sociétés de la connaissance, économie du savoir…
Une nouvelle richesse, inépuisable celle-là. Car en moins d’une décennie, l’humanité a produit plus de connaissances nouvelles que dans les sept mille dernières années de son histoire. Un chiffre hallucinant ! Et vous savez ce que l’on dit : la connaissance est la seule chose qui s’accroît lorsqu’on la partage…

Mesdames et messieurs,
Il paraît que le 21e siècle nous condamne à devenir intelligents. Parce qu’aujourd’hui la connaissance vaut plus cher que le pétrole. Nous vivons désormais dans le monde du capitalisme cognitif.
Pour un pays qui ambitionne d’intégrer les nouvelles chaînes de valeurs internationales, le sésame aujourd’hui réside dans la créativité de ses hommes et de ses femmes, qui constituent 
donc son premier capital. Son capital humain.
Bien que constituant un bel exemple d’oxymore, car à la base l’humain ne peut être réduit à une valeur matérielle, le terme capital humain résume pourtant à la perfection le poids déterminant de la valeur des citoyens d’une nation dans sa stratégie de développement. Et nous savons pertinemment que l’éducation est le déterminant majeur de la qualité et de la richesse de ce capital humain. Toutefois, les enjeux de l’éducation vont même bien au-delà de celui-ci.
On ne peut nier que pour l’écrasante majorité des personnes dans le monde, l’éducation est simplement le moyen, pour leurs enfants, d’accéder à un travail qui leur permettra de subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille.
Peu de gens sont par contre conscients de l’impact prodigieux de l’éducation sur le plan du développement personnel et de l’épanouissement mais aussi sur les sociétés et sur l’équilibre mondial. Peu de gens sont également conscients que l’éducation est un droit.
Cela fait plus d’un demi-siècle que l’éducation est reconnue comme un droit humain fondamental par la communauté internationale, inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme et la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant.
C’est donc de la responsabilité des pays de garantir le droit à l’éducation de chaque enfant et de lui permettre, à minima, d’apprendre à lire, écrire et compter.
Fort heureusement, nous disposons chaque année de rapports édifiants, généralement produits par des organismes internationaux tels que l’OCDE, l’UNESCO ou la Banque mondiale, qui ont le mérite de nous dresser des états des lieux mondiaux de l’éducation et qui constituent le plus souvent une richesse extraordinaire d’informations et de données destinées à éclairer et à orienter les stratégies des différents pays en matière d’éducation.
C’est ainsi qu’il est clairement établi aujourd’hui que l’éducation est tout simplement le meilleur investissement qu’une nation puisse réaliser pour atteindre les objectifs de développement durable, tant ses externalités sont multiples et dotées d’un fort impact sur le développement, que ce soit en matière de croissance économique, de démocratie, d’équité, de santé, d’environnement ou encore de sécurité ou de réduction des conflits. 
 

Mesdames et messieurs,
Le Maroc, à la base, est mieux loti en termes de territoire et de ressources naturelles que de nombreux pays qui ont réussi, en moins de 50 ans, à se hisser au rang de superpuissances économiques. Il lui suffirait donc d’adapter les solutions qui ont fait leurs preuves ailleurs, sans avoir besoin de réinventer la roue… Mais pour cela, il doit pouvoir s’appuyer sur des hommes et des femmes capables de relever tous les défis qui nous attendent. Et la qualité de notre capital humain dépend directement de l’éducation qu’il a reçue.
Sans vouloir alourdir mon propos par un remake historique de notre système éducatif, je me permettrai tout de même un petit rappel.
Notre pays, me direz-vous, a tout de même disposé d’une soixantaine d’années, depuis son indépendance,pour éduquer et former ce capital humain de qualité, dont nous avons tant besoin.
C’est vrai.
Mais de quoi disposait exactement le Maroc à l’aube de son indépendance en matière d’éducation et de formation ?
Le Maroc en 1956 comptait 200 étudiants universitaires marocains 
pour une population de 11 millions d’habitants !
Il fallait donc reconstruire le pays, avec seulement cette part minime de la population qui était à l’université, et qui comprenait 2 femmes seulement. À la même époque, notre pays disposait en tout et pour tout d’une centaine de bacheliers et d’environ 200 professeurs marocains du secondaire.
Le défi d’éduquer et de former les Marocains était donc, vous en conviendrez, herculéen.
60 ans plus tard, alors que nous avons atteint un taux de scolarisation de plus de 99% dans le primaire, force est de constater que trois contraintes majeures ont finalement décidé du sort de notre système éducatif.
La première était l’urgence de la généralisation de la scolarisation qui était alors autour de 20% pour le primaire. Un effort considérable a été développé pour construire des écoles dans tout le Royaume.
En effet, le Maroc se devait de suivre le même schéma qui prévaut dans le monde en matière d’éducation, à savoir d’abord généraliser l’enseignement, et ensuite s’atteler à l’améliorer sur le plan qualitatif. Et nous nous situons actuellement au cœur même de ce second processus.
La deuxième contrainte fut la marocanisation des effectifs d’enseignants, car seul 1 enseignant sur 2 était marocain dans le primaire et 1 sur 10 dans le secondaire.
Pour remplacer les ressortissants étrangers dans l’éducation, il fallait donc former, forcément à la va-vite, des enseignants marocains.
Cette marocanisation des effectifs d’enseignants s’est faite, il faut bien le reconnaître, dans l’urgence et au détriment de la qualité de formation.
La troisième contrainte fut l’arabisation de notre système éducatif, qui a produit sa première génération de bacheliers en 1989. Du jour au lendemain, des enseignants formés en français et qui dispensaient leurs cours en français ont dû, encore une fois dans la précipitation, passer d’un enseignement des maths, de la physique, de la chimie et des sciences naturelles en arabe, avec des manuels en arabe, et emmagasiner tout un nouveau lexique de termes techniques en arabe, élaboré dans la précipitation la plus totale.
Ce fut le début de la fin, si je puis dire, et la naissance d’une fracture sociale au sein de notre système éducatif qui n’a fait que s’exacerber au fil des années et aboutir à une fracture également linguistique qui nous a éloignés du modèle initial d’école que nous ambitionnions alors pour notre 
pays : celui d’une école de l’équité et de l’égalité des chances.
Pour simplifier, je ne vous apprends rien, les élèves nantis se sont tournés vers les écoles étrangères ou privées, ceux qui l’étaient moins ont dû faire avec les aléas d’une marocanisation trop rapide mais inévitable, et d’une arabisation improvisée dénuée de stratégie. Certains ont parlé d’ailleurs d’une réforme «inachevée», car celle-ci n’a pas pu être étendue à l’enseignement supérieur. Nous ne pouvons aujourd’hui que nous en réjouir…
Si l’on rajoute à tous les constats précédents les politiques malheureuses de ces dernières années de recrutements massifs de diplômés chômeurs dans le système éducatif, on comprend aisément que c’était là le coup fatal à porter à la qualité de notre système éducatif.

Mesdames et messieurs,
Il y a un dicton qui nous dit «Soyez modestes pour accepter vos erreurs, intelligents pour en tirer une leçon et matures pour les rectifier».
Je pense que le Maroc d’aujourd’hui est assez mature pour rectifier ses erreurs et continuer à croire en une école de qualité pour tous. Pour reprendre la formule du CESE qui résume bien la situation, je dirais qu’il s’agit pour nous de «Remettre en marche l’ascenseur social à travers la réhabilitation de l’école publique en assurant une éducation de qualité et accessible à tous». Pour commencer, partant du principe qu’«un système éducatif ne peut être plus performant que ne le sont ses enseignants», il n’y aura plus dans notre pays d’enseignants formés à la va-vite, ou d’enseignants improvisés suite à des recrutements massifs.
Un renouvellement en profondeur du métier d’enseignant s’impose.
Notre ministère a mis en place depuis la dernière rentrée scolaire une nouvelle mouture de formation des enseignants qui se fait sur 5 ans, avec des modules de Sciences de l’éducation dès la première année, et deux dernières années d’alternance entre formation et stage in situ, en classe. Les bacheliers inscrits dans ces formations sont sélectionnés sur la base de leurs compétences disciplinaires et linguistiques. Le bilinguisme et de mise. Ils doivent en outre à la fin de leur formation réussir un concours d’aptitude sans lequel ils ne pourront pas enseigner. Il faudra donc attendre 2023 pour que la première promotion de ces enseignants de nouvelle génération rejoigne les rangs de nos formateurs. Ceux-ci pourront en tout cas profiter du plan de renouvellement de nos effectifs d’enseignants, qui prévoit le recrutement de 200.000 nouveaux enseignants d’ici à 2030, pour compenser les départs à la retraite.
Combien faudra-t-il d’années pour que ces derniers impactent la qualité de notre enseignement ?
Vous l’aurez compris, les réformes que nous menons aujourd’hui ne porteront leurs fruits que dans une vingtaine d’années. C’est le propre des réformes éducatives. Mais cette action n’est qu’un exemple parmi d’autres des ambitions de notre pays en matière d’éducation et sollicite la contribution de tous : acteurs sociaux, acteurs institutionnels et acteurs privés afin de parvenir à réaliser ce «miracle éducatif» que préconise pour le Maroc la Banque mondiale.

Par ailleurs, le chantier pédagogique en cours, ouvert et novateur, prévoit l’introduction de nouvelles approches telles que la lecture précoce, le retour à la méthode syllabique et l’approche actionnelle pour les langues d’une part, ainsi que la pédagogie de l’erreur pour les mathématiques et la démarche d’investigation pour les sciences d’autre part, qui ont été désormais adoptées dès cette rentrée, ce qui a nécessité une véritable adaptation et renouvellement des manuels scolaires. De cette façon, nous espérons améliorer significativement les scores de nos élèves dans les évaluations internationales TIMMS et PIRLS ou encore PISA.

Mesdames et messieurs,
Puisque nous sommes ici pour débattre du nouveau modèle de développement de notre pays, et que nous sommes tous d’accord que le capital humain est au cœur de ce processus, je souhaite aborder à présent l’impact des mesures que nous prenons en matière d’éducation et de formation sur ce capital humain.
Je vous invite auparavant à faire un nécessaire état des lieux, dans l’objectivité la plus totale.
Ne m’accusez pas de pessimisme ou d’alarmisme, car même si les chiffres que je vous cite peuvent à priori sembler inquiétants, il est clair que la tendance est en train de s’inverser et qu’une nette tendance à l’amélioration s’est installée.
• Les Marocains ont une durée moyenne de scolarisation de 5 ans et 6 mois, c’est-à-dire moins que les 6 années du primaire (après la scolarité obligatoire). En Tunisie par exemple, c’est 7 ans !
• Un jeune diplômé sur 5 ne trouve pas de travail. Le paradoxe marocain veut que nos jeunes marocains aient plus de risque d’être au chômage s’ils sont diplômés.
• Aujourd’hui, nous avons 2 millions de NEETS, c’est-à-dire de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études ni en formation. Mais ce n’est pas une spécificité marocaine. En France par exemple, il y en a tout autant.
Ces constats ont entraîné la mise en place d’une série d’actions qui ont porté leurs fruits, et qui continuent de le faire, comme je vais vous l’expliquer.
- Pour ce qui est de la durée de scolarisation :
5 ans et 6 mois est un chiffre certes alarmant. Mais il a été évalué sur l’ensemble de la population marocaine âgée de plus de 15 ans. Les plus âgés auront effectué leur scolarité il y a de cela plus d’une trentaine d’années, alors qu’on était encore loin de la généralisation.
Il aurait été extrêmement intéressant de disposer du même chiffre chez les jeunes de 18-24 ans par exemple qui ont théoriquement effectué au minimum 9 années de scolarité obligatoire, 12 s’ils sont allés jusqu’au bac.
Mais cela n’empêche pas de prendre des mesures pour augmenter la durée moyenne de scolarisation des Marocains. Comme par exemple de prolonger, comme préconisé par la loi cadre, l’obligation de la scolarisation d’un an, jusqu’à l’âge de 16 ans.
Et avec l’instauration du préscolaire obligatoire à partir de l’âge de 3 ans, cela fait encore trois années de scolarité en plus. En tout, on aura déjà gagné 4 ans.
Pour notre capital humain et notre développement économique, ces années supplémentaires sont une amélioration cruciale.
En effet, il est démontré aujourd’hui que chaque année de scolarisation supplémentaire se traduit par une hausse de 1 point de PIB annuel pour le pays et une hausse de 10% des revenus d’une personne. Un rapport du CESE de 2016 nous apprend que si un pays comparable au Maroc se fixait pour objectif d’améliorer de deux années le nombre moyen d’années d’études par adulte, on pourrait tout simplement doubler la richesse globale du pays.
Nous, nous en proposons 4 de plus. Mais ce n’est pas tout.
Parallèlement, il convenait également de lutter contre l’abandon scolaire.
Depuis plusieurs années maintenant, les taux d’abandon scolaire reculent nettement grâce notamment à de nombreux programmes d’appui social : bourses aux familles, augmentation du nombre de bénéficiaires des cantines, des internats, du transport scolaire…
Dans le primaire nous sommes passés de 2,9% à 0,6%, durant la période 2014-2019. Une politique de discrimination positive est en outre menée en faveur des élèves du milieu rural où ce taux frôle tout de même les 5%. Nos projections prédisent une diminution de ce dernier à 1% d’ici 2025.
Dans le même esprit, la délicate transition primaire–secondaire, particulièrement en milieu rural où elle signe souvent l’arrêt de la scolarisation, fait désormais l’objet d’une attention particulière avec un accompagnement d’orientation qui se focalise sur l’élaboration d’un projet personnel par l’élève.
Nous agissons, par ailleurs, en aval de l’abandon scolaire, puisque ce sont actuellement plus de 70.000 élèves en abandon scolaire qui sont pris en charge dans les écoles de la deuxième chance pour leur permettre de retourner à l’école, ou leur faire acquérir des compétences professionnelles devant les conduire à la vie active.
Enfin, au nom de l’égalité des chances, il y a une autre catégorie d’élèves dont on ne peut plus tolérer qu’elle reste hors de l’école : ce sont les enfants en situation de handicap et ceux à besoins 
spécifiques.

Ils sont actuellement 80.000 dans les classes ordinaires et 8.000 dans les classes intégrées.
Nous venons de lancer, il y a tout juste une semaine, un programme national afin de franchir un nouveau cap : passer des classes inclusives aux écoles inclusives afin que tous ces enfants puissent jouir pleinement de leur droit à la scolarisation aux côtés des autres élèves dans les classes ordinaires.
- Pour ce qui est de l’analphabétisme :
Soulignons que le taux d’analphabétisme chez les jeunes de 15-24 ans, est à 10% (sachant que celui de la population générale 30%).
Nous pouvons donc très sérieusement considérer que dans la décennie à venir, l’analphabétisme au Maroc sera quasi-éradiqué.
Une avancée que l’on peut sans hésiter attribuer à une politique axée sur l’augmentation du taux de scolarisation de nos enfants : en 1990, seul 1 enfant sur deux allait à l’école primaire. Aujourd’hui, c’est 99.8% de nos enfants qui sont scolarisés dans le primaire, 90% au collège et 70% au lycée.
57% en 1870 ont dû attendre 1910 pour le voir grimper à 88%.
Il faut d’ailleurs savoir que la généralisation de la scolarisation était l’un des objectifs de développement durable fixés par l’UNESCO, qui n’a été atteint que par un pays sur deux, et le Maroc est de ceux-là.
- Pour ce qui est des jeunes sans emploi :
Le chômage des jeunes n’est pas une spécificité marocaine. Partout dans le monde, les jeunes portent cette épée de Damoclès sur la tête, et doivent jongler entre une compétitivité féroce et une évolution du mode du travail si rapide que les formations ont du mal à suivre.
Mais on n’est pas exposé au chômage de la même façon si l’on est médecin ou ingénieur, ou si l’on est issu de la formation professionnelle ou titulaire d’une licence universitaire, ou encore si on n’a aucun diplôme.
Nous envisagerons donc les actions de remédiation séparément.
• Que pouvons-nous faire pour améliorer l’employabilité des diplômés ?
80% de nos étudiants sont dans des filières non sélectives. C’est donc là qu’il faut agir prioritairement.
Or, deux facteurs impactent lourdement leur employabilité : le premier n’est pas directement lié au secteur de l’éducation mais au marché du travail, car dépendant de la conjoncture économique. Plus clairement, notre économie permet de créer un peu plus de 100.000 emplois par an pour environ 260.000 diplômés de l’enseignement supérieur et de la formation professionnelle qui arrivent sur le marché du travail chaque année.
Sur le deuxième facteur par contre, nous pouvons agir.

Il s’agit du profil du diplômé. Que faut-il inculquer à un étudiant pour le préparer à l’emploi ? Le monde du travail de demain est encore plus mondialisé, d’où le besoin de maitriser les langues étrangères, digitalisé d’où le besoin d’une formation numérique de base, compétitif et exigeant ce qui inciterait à créer sa propre entreprise plutôt que de cumuler les échecs aux entretiens d’embauche, et tellement changeant que l’esprit d’adaptation et les capacités de communication deviennent plus précieux que les compétences disciplinaires elles-mêmes si l’on veut faire long feu dans un emploi donné. C’est sur la base de ce constat que nous proposons de lancer une nouvelle architecture pédagogique dès la rentrée 2020, axée sur le modèle du Bachelor, un cursus qui bénéficiera d’une année fondatrice afin d’améliorer la transition secondaire/supérieur, d’ouvrir l’étudiant à des modules différents de la discipline choisie, de commencer son renforcement linguistique en français et en anglais et de lui permettre de conforter son choix d’orientation. Pour en finir avec les choix de filières par défaut, les bacheliers devront, pour accéder à l’université, passer désormais par un processus d’orientation active.
Ce sera en outre l’occasion de réformer également nos méthodes pédagogiques, en renforçant l’outil numérique dans les méthodes d’apprentissage, une tendance universelle aux enjeux phénoménaux sur laquelle nous ne pouvons que nous aligner. Le cursus Bachelor a également été pensé de façon à renforcer l’employabilité des étudiants. Pour cela, des modules de soft skills seront intégrés à tous les cursus, toutes filières confondues, afin de développer les compétences humaines de nos étudiants, à savoir le leadership, la communication, le positivisme, la créativité, l’esprit
d’initiative… le tout via des approches de simulations, de jeux de rôles, de mise en situation, d’études de cas…
Tous les étudiants, toutes filières confondues, bénéficieront également d’une formation de base en TIC.
Mais il est bien évident qu’en parallèle, il nous faut agir dès le primaire en formant dès le plus jeune âge à ces outils.
Car s’il est une langue que tout le monde sera bientôt obligé de parler, c’est bien le coding. Cela fait d’ailleurs maintenant 4 ans que le Maroc organise régulièrement son Africa Code Week, et l’édition 2018 a été exceptionnelle avec plus de 1 million d’élèves qui ont bénéficié de cette semaine dédiée au développement informatique, encadrés à travers près de 36.000 ateliers dans tout le Royaume.
Enfin, comme je vous le disais tout à l’heure, il serait utopique de demander à notre économie d’absorber tous les lauréats que nous formons chaque année.
À défaut de pouvoir décrocher un emploi, ces derniers ont tout à gagner à se tourner vers l’auto-emploi et l’entrepreneuriat. Et c’est à nous qu’il revient de les y préparer, dès le plus jeune âge.
Aussi, dès le primaire, et jusqu’à la diplomation universitaire, les jeunes seront sensibilisés à la culture entrepreneuriale, qui est, il faut le reconnaître, très peu ancrée dans la mentalité de nos diplômés qui lui préfèrent le salariat à 96%.

C’est un vrai manque à gagner pour notre pays, car l’entrepreneuriat est à la fois créateur d’emploi et de richesse.
Nous continuerons donc à mettre en place des actions d’accompagnement dont les plus récentes en date est la création du statut d’étudiant auto-entrepreneur et la multiplication des Careers Centers, des structures qui initient les étudiants au business plan et au montage de projet.
Pour ce qui est de la Langue d’enseignement, il y a, vous vous en doutez, beaucoup à dire…
Mais je pense qu’il est une langue dont les Marocains ne veulent plus entendre parler, c’est bien la langue de bois. 
Ce que nous voulons, c’est que nos bacheliers ne choisissent plus leur filière d’étude en fonction de sa langue d’enseignement. Les scientifiques parmi eux sont plus de 30% à abandonner leur vocation pour aller s’inscrire dans des filières de sciences humaines et sociales ou de Droit en arabe, faute de maîtriser le Français. À l’ère de l’industrie 4.0, nous en sommes encore là. Avec quels scientifiques allons-nous relever les défis technologiques du 21e siècle quand nos filières scientifiques n’accueillent plus que 12% de nos effectifs d’étudiants ?
Ce que nous voulons, c’est qu’un bachelier issu du système public ait les mêmes chances de réussite à l’université que celui issu du système privé, parce que lui aussi maitrisera les langues étrangères. C’est cela la justice sociale.
Car les chiffres sont là : 95% cette année de réussite au bac pour les sections internationales, contre 65 pour les autres.
Et quand vous interrogez les recruteurs, ils sont 70% à exiger la maîtrise du Français au moment de recruter un diplômé, quand ce n’est pas en plus celle de l’anglais.
• Sur un tout autre plan maintenant, que pouvons-nous faire pour améliorer l’employabilité des non-diplômés ?
Le Maroc a mis en place pour ces derniers plusieurs programmes de formation de reconversion et de requalification de courte durée qui focalisent sur les langues étrangères et les métiers afin d’augmenter leurs chances d’intégrer le marché du travail ou de se lancer dans le micro-entrepreneuriat.

Mesdames et messieurs,
Je voudrais finir sur un point dont on parle peu mais qui me paraît capital dans notre approche.
La banque mondiale parlait d’un miracle éducatif à réaliser par le Maroc pour réussir son émergence. Il n’y aura pas de révolution éducative sans révolution des esprits. Le rôle des parents est fondamental. Créer un environnement propice au travail à la maison, inculquer la culture de l’effort et du mérite, interagir avec l’école et les enseignants, contribuer à enrichir la vie scolaire sont des tâches qui leur reviennent. 
Si la petite Meriem Amjoun, à l’âge de 9 ans, a fait la fierté de toute la nation marocaine en remportant l’année dernière le premier prix du concours international du défi de la lecture arabe à Dubaï, face à des candidats adultes, c’est bien sûr grâce à l’instruction qu’elle a reçue à l’école, mais c’est aussi et surtout grâce à ses deux parents qui se sont totalement et brillamment investis dans son éducation. Aurait-elle réalisé la même performance si ses parents ne lui avaient pas inculqué l’amour des livres ? S’ils l’avaient laissée libre de passer ses soirées devant la télévision ou à jouer sur son ordinateur ? Et pourtant, combien de parents ont une attitude démissionnaire, attendant tout de l’école : l’instruction, l’éducation, les valeurs…, à tort.

Mesdames et messieurs,
C’est une fenêtre d’opportunités unique qui s’ouvre aujourd’hui pour le Maroc en matière d’éducation, car ce secteur fait désormais l’objet d’un chantier national, directement supervisé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu le glorifie, et fédère tous les acteurs institutionnels autour de ses nombreux objectifs. Peu à peu, notre pays se rapprochera plus que jamais de cet idéal que tous les Marocains appellent de tous leurs vœux, celui d’une «École de l’équité, de la qualité et de la promotion individuelle et collective», car si le passé ne peut être changé, l‘avenir, lui, est entre nos mains. 

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