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Le bras de fer continue entre parents et écoles privées

Nadia Ouiddar Nadia Ouiddar,

Le bras de fer continue entre parents et écoles  privées

«Est ce qu’il faut payer la scolarité des enfants en période de confinement ?» C’est la question qui se pose actuellement pour les parents d’élèves scolarisés en écoles privées. Depuis la fin du mois de mars, un grand débat s’est ouvert concernant le règlement des frais de scolarité durant la période de crise sanitaire. Les échanges entre parents, enseignants et directeurs d’écoles étaient très chauds sur les réseaux sociaux.

Certains cadres pédagogiques ont accusé  les parents de désengagement d’un  contrat d’honneur passé au moment de  l’inscription. «En inscrivant leurs enfants dans une école  privée, les parents comptaient payer toute l’année  scolaire. Je ne comprends pas pourquoi ils se désengagent maintenant ?» écrit une enseignante dans un groupe Facebook d’écoles casablancaises. D’autres professeurs déplorent le refus des parents de payer les frais de scolarité et le qualifient d’injuste : «Nous avons fourni beaucoup d’effort dans les cours en ligne. Nous devons être  payés. On n’accepte pas que les parents dénigrent l’enseignement à distance, alors qu’eux sont bien payés pour leur télétravail.» Il faut rappeler  que les enseignants ne sont pas en arrêt d’activité.
Des directeurs d’écoles ont également souligné qu’outre les salaires de leurs employés, ils ont des traites de crédit à payer : «Nous avons beaucoup investi pour le bien des enfants, et les parents nous laissent tomber en cette période de crise». Pour certains établissements scolaires privés, la crise du Covid-19, les baisses de salaires et le chômage partiel ne sont nullement un prétexte pour ne pas payer les frais de scolarité. Ces écoles  n’a pas hésité à  envoyer des messages de rappel pour régler le mois d’avril menaçant d’interrompre subitement les cours à  distance. D’autres écoles se sont montrées  plus compréhensives  en diminuant les frais de scolarité ou en  désengageant les parents en chômage  partiel, à  condition qu’ils le prouvent.

Les établissements scolaires appartenant à une troisième  catégorie, dont ceux appartenant à  des holdings, ont été  plus généreux. Ils ont choisi de décharger les parents de tous frais durant la période de confinement ou du moins ne pas resserrer l’étau sur eux. Pour couvrir leurs charges de personnel, ces écoles n’ont pas toutes opté pour une réduction de salaires ou pour les aides de l’État. «Les petites structures ne peuvent pas se permettre de renoncer aux cotisations des parents. C’est leur seule source de revenus», explique le propriétaire d’une petite école à  Temara.
Pour leur part, les parents aussi se répartissent en plusieurs catégories. Il y a ceux qui soutiennent le paiement des frais de scolarité en totalité. En général, il s’agit  de personnes qui n’ont pas été affectées  financièrement par la pandémie du Covid-19 ou qui ont déjà payé le dernier trimestre avant le confinement. Un autre groupe de parents ne refuse pas de payer l’école des enfants, mais conteste surtout la qualité des cours. «On ne peut pas payer des cours par WhatsApp, des fiches à imprimer ou des vidéos sur YouTube à plein tarif. Les établissements scolaires devraient faire un geste de solidarité avec les parents et privilégier le côté pédagogique plutôt que le gain financier»,  nous confie Zineb,  maman de deux enfants en primaire et au lycée.
Les parents déplorent le fait qu’ils font une grande partie du travail avec leurs enfants. «L’école se contente d’envoyer les cours et les exercices. Je dois tout expliquer à mes enfants, sachant que je fais du télétravail à plein temps. Je me vois souvent obligée de laisser mes gamins démotivés  devant la télévision. Vous comprenez pourquoi j’ai du mal à payer l’école, alors que mes petits ont perdu presque un mois de cours», ajoute une autre maman. Certains parents  Casablancais reprochent aux établissements scolaires qu’ils ont choisi avec grand soin pour leurs enfants  en début d’année «leur insouciance». Pour eux, il faut mettre en place des plateformes professionnelles dédiées à l’enseignement à distance, au lieu de se contenter des liens  de  YouTube.
Outre les familles déçues, il y a celles qui ont perdu une grande partie de leurs ressources financières ou qui touchent des indemnités permettant à peine de remplir le frigo. Cette catégorie fait appel à «l’esprit de citoyenneté des écoles  privées» pour prendre en considération leur nouvelle situation financière. «J’ai perdu une bonne partie de mon salaire du mois de mars. L’école  de mon aîné m’a demandé si elle pouvait encaisser le chèque et  j’ai jugé  qu’en tant que bonne citoyenne, je dois payer la scolarité  de mes enfants. J’ai aussi choisi de payer l’auxiliaire de vie scolaire de mon fils et le prof de musique, car ils sont payés à  l’heure et ne sont pas déclarés à  la CNSS. Mais je n’ai pas de visibilité pour le salaire du mois d’avril et je ne sais pas comment les écoles vont réagir», nous confie une jeune maman. «Nous réclamons une diminution des tarifs ou une répartition des frais sur plusieurs échéances», propose Brahim, papa qui doit payer 5.600 DH de frais scolaires mensuels pour ses deux enfants. Cette proposition n’est pas au goût de tous les établissements scolaires. «Certaines écoles ont bloqué sur WhatsApp les personnes qui demandent une réduction des tarifs», affirme une autre maman.
Face à  cette situation, les parents se demandent si l’assurance, les droits d’entrée et autres frais d’inscription payés au début de chaque année scolaire ne couvrent pas ce genre d’imprévu. Nous avons posé la question à la responsable pédagogique d’une école casablancaise. Mais pour  elle,  ces frais permettent à  l’école de payer ses employés pendant les vacances d’été et d’investir dans le développement de l’établissement scolaire. «L’école, comme tout autre entreprise,  doit avoir un fonds de roulement. Même dans la crise actuelle, elle fait plusieurs économies en période de confinement, notamment l’eau, l’électricité, le carburant... Ceci, en plus des montants versés  par les parents qui ont déjà payé. Donc, elle devrait faire plus d’effort pour les familles touchées financièrement par la crise du Covid-19», explique un père de famille casablancais. Et d’ajouter que le salaire des employés ne dépend pas du chiffre d’affaires réalisé par l’école. Donc, cette dernière doit payer les enseignants sans faire des parents un bouc émissaire.
«Malheureusement, certains établissements scolaires privés au Maroc ont perdu le sens de l’humanité. Non seulement ils harcèlent  les parents pour le paiement du mois d’avril, mais ils refusent de déduire les frais de transport et de cantine», ajoute un autre papa casablancais. Un constat confirmé  par plusieurs parents qui paient les frais de scolarité par chèques déposés  en début d’année ou de trimestre. «J’ai été choquée  en constatant que l’école  de mon fils a tout encaissé. Normalement, j’attends un remboursement des frais de cantine», explique cette jeune maman qui n’a pas eu le droit de changer ou de négocier le montant des frais de scolarité pour avril. Cette situation met à rude épreuve  la relation écoles-parents. Plusieurs de ces derniers envisagent déjà de revoir leur choix pour l’année prochaine. 


Réponse du ministre

Le ministre de l’Éducation nationale, Saaïd  Amzazi, a déclaré sur la chaîne 2M que les écoles privées  ont les charges salariales des enseignants qui fournissent à  distance  un contenu pédagogique aux élèves. Il a par ailleurs appelé à  la flexibilité à propos du paiement des frais mensuels. Le ministre a ainsi proposé aux parents qui perçoivent la totalité de leurs salaires de continuer à  payer les écoles. Pour les personnes qui se sont vu retrancher une partie de leur salaire, il appelle  les établissements scolaires à  réduire les frais de scolarité alors qu’une exonération  peut être envisagée pour les parents en chômage. Saaïd Amzazi a également rappelé  que les délégations provinciales de son département suivent le processus d’enseignement à distance assuré par les écoles  privées. Pour lui, les écoles  et parents doivent être solidaires dans cette situation exceptionnelle.


L’Alliance de l’enseignement privé au Maroc appelle à la solidarité

L’Alliance de l’enseignement privé au Maroc a annoncé que les établissements privés sont des institutions  citoyennes prêtes à aider les familles touchées par les répercussions de la crise du Covid-19. Ce soutien peut se traduire par un report du paiement des frais de scolarité, par une répartition des mensualités sur plusieurs tranches ou  par une exemption totale si nécessaire sur la base de documents justificatifs. L’alliance a souligné que l’essentiel est de poursuivre l’activité éducative pour finir le programme à la fin de l’année scolaire. Ainsi, elle a appelé tous les partenaires à prendre leurs responsabilités et agir avec un esprit citoyen et solidaire. L’alliance a, par ailleurs, appelé les familles qui vivent une stabilité financière à honorer leurs engagements afin d’aider les écoles à  payer les salaires de leurs employés et à poursuivre l’enseignement à distance.
Selon le président de l’Alliance, Abdeslam Ammor, le secteur de l’enseignement privé au Maroc compte  environ 6.000 établissements scolaires dont 70% considérés comme moyens à petits, avec des frais mensuels ne dépassant pas les 800 DH. Toute interruption des ressources financières est à même de freiner le fonctionnement normal de  ces structures. L’alliance a rappelé les efforts fournis par les écoles pour assurer la continuité de la scolarité via des outils classiques puis modernes. Selon M. Ammor, ces outils sont parfois payants. Il a également rappelé la décision de l’Alliance de veiller sur la stabilité sociale des employés du secteur de l’enseignement privé.

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