Culture

Entretien avec l’acteur marocain Rabie Kati

De grandes opportunités dans le cinéma grâce au rôle de Souleimane Bacha Al Baroni 

Ouafaa Bennani Ouafaa Bennani, LE MATIN

Acteur marocain talentueux, Rabie Kati suscite une grande admiration chez un large public. De retour au Maroc suite à son confinement sanitaire en Tunisie où il était en tournage d’une série historique sur le leader libyen, Souleimane Bacha Al Baroni, Rabie nous raconte les péripéties de cette période exceptionnelle qu’il a pu dépasser avec courage et beaucoup de patience.

Le Matin : Vous avez vécu des moments particuliers ces derniers temps avec le confinement sanitaire, sachant qu’à l’annonce de la suspension des vols entre les pays, vous vous trouviez en Tunisie où vous étiez en tournage pour le premier rôle de la série «Elzaiman» (Les leaders Souleimane Al Baroni et Bachir Saadaoui). Comment avez-vous reçu cette nouvelle au début, c’est-à-dire le fait de ne pas pouvoir retourner à votre pays ?
Rabie Kati :
En ce qui concerne le confinement sanitaire qui a, également, conduit à la fermeture des frontières marines, terrestres et à la suspension des vols, je pense que le Maroc a été parmi les premiers pays qui ont réagi avec sagesse face à la pandémie du Covid-19. Ce qui nous a évité le pire de cette crise. Franchement, c’était un nouveau passage pour nous que de vivre dans ces conditions. Personnellement, je ne pouvais penser un instant, en quittant mon pays pour aller tourner le premier rôle du film «Elzaiman», que j’allais rester sur place, que le monde allait être exposé à une pandémie qui a nécessité le confinement des pays concernés. C’était au début une grande surprise. Mais il faut dire que mon expérience dans ce sens s’est développée à travers des étapes. Depuis mon voyage le plus normalement possible du Maroc en Tunisie, en fin décembre 2019, pour le tournage du film historique que j’ai cité jusqu’au 23 mars, date où malheureusement les frontières terrestres, aériennes et maritimes étaient déjà fermées. 

Comment avez-vous vécu cette crise loin de la famille, surtout durant le mois du Ramadan ?
Ce n’était pas simple pour moi, en tant que citoyen marocain, d’être obligé de rester en dehors de mon pays dans ces conditions un peu spéciales, surtout avec l’avènement du mois du Ramadan. Nous savons tous ce que représente ce mois sacré pour nous, en termes de piété, de relations sociales et de rencontre avec la famille. C’était très dur pour moi, car je suis très attaché à mon pays, à l’union familiale en ce mois plus spécialement. D’autant plus que nous n’avons pas d’expérience pour affronter ce genre de crise. Le monde entier était stupéfait et ne savait quoi faire. Malgré cela, j’ai essayé de m’adapter à cette situation pour ne pas tomber dans l’ennui. Dans ces conditions exceptionnelles, il fallait que je trouve un rythme à ma nouvelle vie en dehors de mon pays pour passer mon temps à des choses positives. 

Justement, comment occupiez-vous votre temps pour ne pas vous ennuyer ?
J’ai essayé de partager mes journées, des 3 mois et demi plus les 4 mois de tournage, entre lire et voir des films, des choses que je ne pouvais faire en temps normal, vu mes engagements professionnels. J’ai lu beaucoup de romans, des livres d’histoire, des recueils de poésie. J’ai aussi profité de ce temps pour communiquer avec mon large public, concernant les différents rôles que j’ai campés dans plusieurs séries, téléfilms et films de cinéma diffusés durant le mois sacré sur les chaînes marocaines, notamment «L’héritage», «Zahr Al Batoul», «Le passé ne revient pas», «Corsa»…, en plus de la série qui était diffusée sur les chaînes arabe, «Elzaiman». Cette dernière fut très suivie et appréciée par les publics du Maghreb et des pays arabes. Elle m’a permis de m’ouvrir sur un large public arabe. D’autant plus que l’audimat en cette période était très fort. Cela a donné lieu à une grande communication. Donc, ce confinement sanitaire avait ce côté positif.

Quel souvenir gardez-vous de cette période ? Y a-t-il quelque chose qui a changé dans votre vie ?
Je pense que les souvenirs qui sont restés dans ma mémoire à travers cette expérience à l’extérieur de mon pays, tout comme dans d’autres circonstances, sont les moments intimes que j’ai vécus avec moi-même. Car comme tout le monde, je me suis retrouvé seul, il fallait que je parle avec moi-même, 
Je me vois dans le miroir d’une autre manière, c’est-à-dire Rabie face à Rabie. C’est une belle expérience dont nous avons besoin de temps en temps pour nous interroger et méditer en nous-mêmes. J’ai profité de ces moments de solitude pour les rendre positifs. J’ai passé en revue tout mon parcours et j’ai revu mes choix artistiques avec plus de profondeur. Je me suis dit que cette période est un examen auquel j’ai été préparé psychologiquement et moralement.

Parlez-nous un peu du film que vous tourniez en cette période, le rôle que vous avez campé... Et comment avez-vous été contacté au départ pour y participer ?
À propos de ma participation à la série «Elzaiman», j’ai été contacté par le talentueux réalisateur Oussama Rizq, à travers une amie qui fut le lien entre nous. Dès qu’il m’a proposé le rôle de ce film historique évoquant la lutte du peuple libyen pour avoir son indépendance et sa liberté, je n’ai pas hésité à accepter. Aussitôt, j’ai entamé les recherches sur le personnage à travers les documents que me procurait le réalisateur. Sachant que je suis très épris par tout ce qui est historique. C’était une occasion aussi pour mieux connaître ce leader qui a unifié les tribus libyennes pour affronter l’ennemi. À travers ce personnage, j’ai eu le privilège de voyager dans l’histoire de ce pays frère et de connaître ses leaders, outre Omar Al Mokhtar. Souleimane était en plus un homme de lettres, poète, militant par l’esprit, l’écriture et l’épée. C’est pour cela que cette série est très importante, car elle jette la lumière sur une époque historique cruciale du jihad en Libye.

On vous a vu aussi dans des séries marocaines pendant le Ramadan. Avez-vous eu des échos de ces films quand vous étiez en Tunisie ?
Il faut dire que la presse tunisienne s’est beaucoup intéressée à moi en tant qu’acteur marocain. Divers organes médiatiques très connus ont écrit sur moi et sur le rôle important que j’ai incarné dans le film, celui du leader Souleimane Bacha Al Baroni. Mes choix de rôle dans des films marocains et arabes m’ont permis d’être connu dans plusieurs pays, du Maghreb jusqu’à l’Orient. Ce qui inclut, bien sûr, le public tunisien qui a suivi mes travaux marocains. J’ai constaté cela à travers les réseaux sociaux où ils ont communiqué avec moi exprimant leur satisfaction quant à mon interprétation des rôles. Le public marocain l’a sûrement constaté. C’est d’ailleurs le rôle de l’art, celui de créer des ponts de communication entre les peuples. Je pense que l’expérience du Ramadan 2020 avait cette particularité pour moi.

Est-ce que les Tunisiens s’intéressent aux séries marocaines ?
Le public tunisien est ouvert à ce que présentent les télévisions marocaines en termes de séries, d’expériences cinématographiques et théâtrales. D’ailleurs, dès que je suis arrivé en Tunisie, j’ai été sollicité par plusieurs chaînes nationales tunisiennes, en tant qu’acteur marocain qui travaille sur le plan arabe. C’est comme le cas des Marocains qui sont ouverts sur les chaînes des pays maghrébins et arabes. Par exemple, pour la série «Elzaiman», il y avait une grande audience tunisienne qui a découvert l’acteur Rabie Kati dans un rôle différent. Ce qui les a poussés à vouloir mieux me connaître dans les séries marocaines «Zahr Al Batoul» et «L’héritage».

Pouvez-vous nous parler de vos projets futurs, maintenant qu’on a commencé à donner les autorisations de tournage ?
Effectivement, il y a de nouveaux projets, dont un film arabe que je suis en train de préparer. J’espère que cette pandémie passera vite pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Il y a un autre film de cinéma, déjà en boîte, «Annizal Al Akhir» du réalisateur franco-marocain Mohamed Fekrane, où je joue le premier rôle. Sur le plan des séries, il y a plusieurs surprises qui attendent le public marocain et arabe, à travers des personnages divers et où j’essaye de ne pas me répéter, afin de faire voyager le spectateur dans des univers où il peut lui aussi se retrouver et rêver. 

Quel regard portez-vous sur le cinéma marocain, sachant que vous avez travaillé avec beaucoup de réalisateurs marocains ?
Concernant ma participation dans divers films cinématographiques et séries télévisées, je trouve que c’est une expérience artistique très importante pour moi, dont je suis très fier. Je considère que je suis toujours au début de mon parcours cinématographique et que j’ai encore énormément de choses à donner pour le 7e art marocain. Mais je peux dire que le domaine cinématographique marocain connaît des problèmes au niveau de la structuration et du mode de fonctionnement. Nous devons passer à une autre étape, car la production des films cinématographiques dépend, dans 90% des cas, du Fonds de soutien du CCM qui a beaucoup milité et donné pour aider le cinéma marocain. Donc, maintenant, nous devons passer à une autre étape. Car la manière de produire un film marocain est devenue répétitive, aucune évolution sur le plan financier. Alors que le cinéma a beaucoup évolué dans le monde. Sachant que la créativité a une relation étroite avec le budget et les moyens de production. J’espère qu’il y aura une nouvelle révolution au niveau de la production et des sujets présentés. Car ce sont les sujets qui créent l’événement dans le cinéma. Il est temps que tous les professionnels du domaine revoient toutes ces questions pour aller de l’avant, il faut penser à libéraliser le secteur, encourager le secteur privé à y investir.

Quelle est la différence entre tourner au Maroc, dans d’autres pays arabes et à l’étranger ?
Nous savons tous que le Maroc attire beaucoup de productions étrangères (longs métrages, téléfilms ou documentaires). Mais quand l’occasion se présente pour nous de voyager ailleurs, on peut se faire une idée bien précise sur notre expérience et en même temps on peut faire une évaluation de notre travail au Maroc et ailleurs. Bien sûr, il y a une différence et une spécificité de chaque pays. Mais, pour parler de ma propre expérience, je peux vous dire que nous pouvons rivaliser avec les séries arabes. Nous avons tous les ingrédients pour faire mieux. Il est temps que nous nous ouvrions sur les pays arabes à travers des mécanismes pour diffuser nos séries et films en dehors du pays. Il faut une stratégie entreprise par les professionnels du secteur, sachant que nous partageons la même langue, un patrimoine culturel commun. Il faut explorer tous ces avantages et penser à faire des coproductions. Car l’art n’a pas de frontières. Donc, un échange entre nos pays sera le bienvenu. Toujours est-il que l’expérience marocaine reste leader sur le plan artistique. Nous avons tout ce qu’il faut, des techniciens de haut niveau, des acteurs de grande valeur, des réalisateurs avec une grande expérience, des jeunes talentueux…


Un artiste de grand talent

Lauréat de l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle, Rabie Kati est un acteur talentueux plein d’ambition, dont la formation et la riche expérience lui ont valu d’être considéré parmi les plus brillants artistes marocains. Avec l’incarnation de nombreux rôles où il s’est distingué, toujours avec beaucoup de maîtrise, Rabie Kati est en train de réaliser un rêve d’enfance qui lui tenait tant à cœur. Il faut dire que sa détermination et sa persévérance pour arriver à marquer son temps le poussent à choisir avec soin ses rôles. Car pour lui, l’important est de marquer son temps et non de passer inaperçu. Que ce soit à la télévision ou au cinéma, Rabie Kati surprend et dévoile toujours de nouvelles facettes de son talent. Aller lentement mais sûrement est sa devise qu’il tient des plus grands artistes ayant réussi à graver leurs noms en travaillant dur et avec passion.

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