Fête de la Jeunesse

Entretien avec Karima Rhanem, présidente du Centre international de diplomatie, experte en politiques publiques et communication digitale

«Les jeunes ont fait preuve d’une solidarité et d’une créativité sans précédent durant la crise sanitaire»

Abdelwahed Rmiche Abdelwahed Rmiche,

Karima Rhanem.

Karima Rhanem.

Forte de ses 20 ans d’expérience dans le domaine des politiques de la jeunesse et de la société civile, Karima Rhanem partage dans cet entretien sa lecture de la situation des jeunes, de leur rôle, mais aussi des contraintes qui freinent parfois leur élan. Pour elle, la question de la jeunesse a été, depuis l’accession de S.M. le Roi Mohammed VI au Trône de ses glorieux ancêtres, au cœur des politiques publiques. Elle estime que les jeunes Marocains regorgent de talents et de compétences et que malgré les difficultés, ils peuvent relever les défis et être des acteurs du développement de leur pays. La fondatrice d’Africa My Home et présidente du Centre international de diplomatie au Maroc en veut pour preuve l’esprit de solidarité et la créativité dont ils ont fait montre durant la crise sanitaire du Covid-19.

Le Matin : Le Maroc célèbre le 57e anniversaire de S.M. le Roi. Que représente pour vous cet événement ? Quelle signification revêt-il ?
Karima Rhanem
: La fête de la Jeunesse est un événement national phare, un rendez-vous annuel qui met en lumière les réalisations dans le secteur de la jeunesse sous la conduite éclairée de S.M. le Roi qui n’a cessé, depuis Son accession au Trône, de placer les préoccupations de la jeunesse au centre des politiques publiques et des programmes de développement humain sur les plans politique, socio-économique et culturel. La jeunesse est omniprésente dans presque tous les Discours Royaux, S.M. le Roi a fait de la question des jeunes une priorité nationale afin de renforcer leurs capacités, faciliter leur insertion socio-professionnelle, libérer leur créativité à entreprendre, promouvoir leur participation dans la prise de décision et leur assurer un accès égal et équitable aux différents services publics. Le Souverain a aussi exigé que la problématique de la jeunesse soit placée au cœur du nouveau modèle de développement. Cette année, la célébration vient dans un contexte de crise sanitaire causé par le coronavirus, et même si la fête n’est plus célébrée par une cérémonie officielle, elle sera un moment incontournable pour s’appuyer sur les acquis et repenser les politiques de la jeunesse post-Covid-19.

Quelles sont, selon vous, les principales avancées enregistrées en matière de promotion de la jeunesse marocaine ?
Sur le plan constitutionnel, plusieurs articles ont prévu la généralisation de la participation des jeunes, et la création d’un Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative, une instance chargée de formuler des propositions sur tout sujet d’ordre économique, social et culturel intéressant directement les jeunes et l’action associative, ainsi que le développement des énergies créatives des jeunes et leur incitation à la participation à la vie nationale. La loi relative au Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative a été adopté par le Parlement et publiée au Bulletin officiel en 2017. Mais ce Conseil tant attendu depuis 2011 n’a malheureusement pas encore vu le jour jusqu’à présent. Sur le plan politique, l’abaissement de l’âge du vote de 20 à 18 ans, suite aux Directives Royales, a certainement encouragé la participation des jeunes dans la vie politique, à travers l’introduction des quotas et d’autres textes dans la loi organique relative aux partis politiques et la loi formant le Code électoral, encourageant la participation des jeunes dans la politique. De même, la mise en place des conseils locaux des jeunes en vertu de l’article 14 de l’ancienne charte communale et de l’instance régionale chargée des affaires des jeunes au niveau des 12 régions du Maroc, en vertu de la loi organique n° 111-14 relative aux régions, ainsi que d’autres mécanismes de démocratie participative tels que les pétitions ont permis une plus grande implication des jeunes dans la chose publique.
Sur le plan stratégique, une nouvelle politique de la jeunesse a été présentée au Conseil du gouvernement après la première stratégie nationale intégrée de la jeunesse qui n’a pas pu être implémentée depuis son adoption il y a quelques années. La nouvelle politique devrait assurer la cohérence des politiques sectorielles destinées aux jeunes et garantir l’efficacité et la cohésion des interventions des différentes parties, mais aussi la valorisation des efforts consentis. Cette politique, qui n’a pas encore de décrets d’application et n’est pas encore programmée dans le budget d’état doit prendre en considération non seulement le nouveau modèle de développement et les directives dans les Discours Royaux, mais aussi les réalités et priorités d’environ 11,7 millions de jeunes, qui ont émergé durant la crise du coronavirus.
Sur le plan économique, S.M. le Roi a déjà initié une série de mesures concrètes pour promouvoir les emplois des jeunes. Le lancement du programme «Intilaka» et la facilitation d’accès au financement sont des exemples significatifs. La généralisation de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) et des allocations familiales, annoncée par S.M. le Roi Mohammed VI dans le discours adressé à la Nation à l’occasion du 21e anniversaire de la Fête du Trône, est primordiale pour protéger les citoyens, y compris les jeunes, ainsi que les jeunes entrepreneurs et intégrer le secteur informel qui emploie beaucoup de jeunes, dont des femmes. 

D’après vous quelles sont les principales préoccupations des jeunes marocains ? Comment peut-on y répondre ?
À mon avis, les préoccupations majeures ont trait à l’emploi, l’éducation et la santé et l’équité dans l’accès aux services publics. Le taux de chômage avant la pandémie était déjà élevé, surtout parmi les jeunes entre 15 et 24 et les femmes. Avec le Covid-19, des milliers de jeunes ont perdu leurs emplois et ou ont cessé leurs activités. Le recrutement a aussi été gelé. Dans un climat d’incertitude et avec la difficulté que rencontrent plusieurs secteurs clés tels que le tourisme et le secteur des services et de l’événementiel, qui emploient d’ailleurs un grand nombre de jeunes, le problème de l’emploi sera toujours posé.
En revanche, cette crise nous a montré qu’il existait d’autres opportunités que les jeunes peuvent saisir pour s’autofinancer et créer leurs propres projets en prenant en considération la revalorisation du métier du Freelance et les opportunités offertes par le crowdfunding et le e-commerce. Avec la transformation digitale et l’adoption du télétravail par plus de 50% des entreprises, le renforcement des capacités digitales devient une nécessité pour explorer les métiers de demain et relever les défis de la digitalisation et de l’intelligence artificielle qui, indépendamment du coronavirus, contribueront à des suppressions d’emploi. Il faut aussi lancer une grande réforme du système éducatif pour plus d’employabilité des jeunes et développer une politique éducative inclusive tout en assurant un équilibre entre l’éducation en présentiel et à distance et en adoptant de nouvelles approches pédagogiques adaptées au digital. Avec l’accélération de la digitalisation, il faut renforcer les infrastructures de base et la connectivité ainsi que l’accès à la technologie pour tous. Pour ce faire, il faut créer des incubateurs digitalisés pour renforcer les capacités des jeunes et explorer autrement l’entrepreneuriat et l’innovation.

En tant que co-fondatrice du Réseau africain des jeunes experts en politiques de la Jeunesse et membre du groupe consultatif des jeunes diplomates du Global Diplomatic Forum, vous avez côtoyé des jeunes de divers horizons, notamment européens et africains. Quels sont leurs points communs et les points de divergence avec les jeunes Marocains ?
De manière globale, les jeunes ont les mêmes préoccupations. Néanmoins, leurs priorités sont différentes selon le pays et le contexte. J’ai visité plusieurs pays touchés par des conflits de différentes natures, y compris la Palestine. Les priorités des jeunes peuvent être perçues du point de vue de la pyramide de Maslow (hiérarchie des besoins). En travaillant avec ces jeunes, il est difficile de leurs parler parfois de la participation politique, alors qu’ils luttent d’abord pour leurs survie et l’instauration de la paix. Le discours ou le jargon utilisé doit être différent. Il est difficile de faire des comparaisons, car chaque jeunesse a son contexte culturel, économique, politique et social. Mais durant une tournée africaine en 2019, j’ai constaté que certains jeunes de l’Afrique subsaharienne, malgré leurs conditions difficiles, prenaient des initiatives innovantes pour participer au développement de leurs propres solutions locales. Ainsi, les opportunités offertes par l’entrepreneuriat social ont permis à des milliers de jeunes d’innover pour créer des solutions technologiques à des problématiques complexes de développement et nous l’avons bien constaté durant les premiers trois mois du confinement. La différence réside dans le climat propice pour valoriser et motiver les talents des jeunes en leurs assurant un mentorat en continu pour qu’ils puissent participer au développement de leurs pays et limiter l’impact de l’immigration des cerveaux ou même l’immigration clandestine.

À cause de la pandémie du Covid-19, le Maroc traverse une crise sanitaire, à l’instar de l’ensemble des pays du monde. Quel regard portez-vous sur le rôle joué par les jeunes durant le confinement ?
Les jeunes ont joué un rôle sans précédent allant de la lutte contre les Fake News jusqu’à la création de solutions technologiques pour contribuer à la gestion du Covid-19. La «Civic Tech» a caractérisé le travail des jeunes qui n’a pas été freiné par la distanciation sociale. Ils ont pu assimiler et adapter rapidement leurs méthodes de travail pendant la crise. Le confinement a aidé plusieurs jeunes à se démarquer dans la Toile grâce aux différents webinaires live, hackathons et vidéos graphiques promotionnelles lancées pour la sensibilisation au Covid-19, la mobilisation, la veille stratégique, l’aide humanitaire... Cette crise a fait revivre l’esprit de solidarité et de volontariat des jeunes qui ont fait preuve de beaucoup d’ingéniosité pour atténuer l’impact de la crise. Les jeunes entrepreneurs ont utilisé l’innovation technologique et l’intelligence artificielle pour développer des applications mobiles pour l’information, la sensibilisation et le monitoring des cas de Covid-19, ainsi que pour produire des masques intelligents et d’autres produits sanitaires. Il y a aussi un grand nombre de jeunes qui ont créé des plateformes électroniques d’éducation pour permettre à un plus grand nombre de jeunes de bénéficier de formations et d’outils pédagogiques gratuits.
S’agissant de ma contribution personnelle, étant donné que je suis présidente exécutive de l’organisation Internationale Peacful Mind Foundation, spécialisée dans la santé mentale, j’ai mis à profit mon expérience pour être à l’écoute des jeunes et leur apporter un appui psychologique. J’ai aussi organisé et participé, à travers mon initiative Africa My Home ou le Centre international de diplomatie, dont je suis présidente, à plus de 50 webinaires ayant mobilisé environ 100 acteurs et experts du continent pour débattre de l’impact du Covid-19 et proposer des alternatives pour la gestion de la post-crise. Je suis aussi en train de travailler à une recherche sur l’impact du Covid-19 sur le continent africain afin de proposer des alternatives post-Covid-19. J’ai aussi donné plusieurs cours en ligne pour les étudiants de plusieurs pays africains sur différents sujets.

Dans le même ordre d’idées, quel peut être le rôle des jeunes, d’après vous, dans la gestion de la phase post-Covid-19 ?
Les jeunes ont fait montre d’une grande responsabilité et maturité dans la gestion de la crise. Aujourd’hui, il faut leur donner l’opportunité de participer pleinement à la prise de décision. À ce jour, 34% de la population marocaine est jeune. Dans les 30 ans à venir, ce pourcentage va diminuer. Il faut investir davantage dans cette jeunesse pour pouvoir assurer une nouvelle génération de décideurs. Ainsi, dans l’esprit de dialogue de génération, il faut inclure les jeunes dans la réflexion post-Covid-19, étant donné qu’ils sont les plus touchés par les conséquences socio-économiques de la pandémie, et valoriser les compétences de la génération précédente et les inciter à coacher et transférer leur savoir et savoir-faire aux jeunes. Les politiques post-Covid-19 doivent être reflétés dans le quotidien des jeunes. Il faut écouter leurs avis et propositions par rapport à l’évaluation de l’employabilité, la création d’entreprise et aussi l’enseignement à distance. On ne peut plus envisager aucune politique sans l’implication des jeunes.

En tant que jeune, comment avez-vous contribué à la gestion de la crise Covid-19 et quelles sont vos ambitions pour votre pays ?
Malgré les difficultés qu’on rencontre au quotidien, et parfois les déceptions, l’amour de notre pays prime sur tout. Je rêve d’un Maroc pluriel avec plus de tolérance et de coexistence, un pays où il y a moins de disparités sociales, de violence ou de discrimination, un Maroc caractérisé par plus de justice territoriale et de solidarité régionale, un Maroc où il y a une harmonie entre l’être humain et la nature, un pays où il y a plus de places pour la jeunesse, où les citoyens femmes et hommes sont pour l’égalité du genre, un Maroc réconcilié, en paix et sécurité et économiquement prospère. Cela ne peut se réaliser qu’à travers la transparence, la bonne gouvernance, la responsabilité, l’engagement, la redevabilité et la reddition des comptes.

Un nouveau modèle de développement est en gestation. Pensez-vous que les jeunes sont impliqués dans cette réflexion ? Quelle place ce nouveau modèle doit-il réserver aux jeunes ?
Je pense que les jeunes ont été impliqués dans certaines phases du processus lancé par la Commission chargée du nouveau modèle de développement. Néanmoins, avec la nouvelle donne liée au Covid-19, il faut impliquer plus les jeunes et leur redonner confiance tout en favorisant leur participation politique et citoyenne, car cette confiance, surtout envers les institutions publiques, est déjà mise à mal. Les jeunes ont besoin d’espaces d’écoute, de partage et de connexion avec une communication souple, sans jargon et horizontale. Les jeunes doivent être considérés comme des partenaires de développement et des acteurs de changement et non pas comme des êtres ayant besoin d’aide et d’assistance. Cela créera la différence. L’arsenal juridique, les politiques publiques et les stratégies sectorielles ou intégrées ne sont pas suffisantes ni efficaces si on ne change pas notre «mindset». Il faut aussi pousser la réflexion plus loin et utiliser de nouvelles méthodes agiles de co-design UX pour imaginer le Maroc que nous voulons. Les jeunes ne pourront plus être de simples consommateurs de ces politiques, ils doivent contribuer concrètement à leur conception, leur mise en œuvre et leur évaluation.

Vous êtes une militante engagée depuis des années, vous avez fait beaucoup de terrain, quel est votre message pour les jeunes Marocains ?
Si je dois donner un conseil aux jeunes, je dirais que le changement nécessite du temps, beaucoup de patience, du sacrifice et du travail et bien sûr de la volonté. Ne baissez jamais les bras, il faut travailler pour renforcer vos compétences, il faut penser autrement, innover, transformer ses idées en projets concrets, il ne faut pas perdre espoir à cause d’un échec, car c’est un apprentissage et un point de départ pour atteindre les objectifs escomptés. Le vrai succès n’est pas dans le résultat final mais dans le progrès et le processus. Quelle que soit votre condition socio-économique, vous pouvez créer vos propres solutions et même monétiser vos talents et compétences. 


Biographie

Ayant à son actif plus de 24 prix et distinctions, Karima Rhanem est une panafricaine, une diplomate citoyenne ayant une expérience professionnelle de 20 ans dans les politiques de la jeunesse et de la société civile, la communication stratégique, le plaidoyer, les médias, la diplomatie et le développement international. Elle est la fondatrice d’Africa My Home et la présidente du Centre international de diplomatie au Maroc. Mme Rhanem a été sélectionnée parmi le TOP 100 des femmes PDG en Afrique, un classement réalisé par Reset Global People et Pulse avec le soutien de l’agence de relations publiques et de notation Avance Media. Mme Rhanem a également été choisie parmi les 30 et 100 jeunes leaders les plus influents en Afrique et en Europe durant l’année 2019 par la Pan African Youth Leadership Foundation, et nommée Ambassadrice de l’action humanitaire par la World Habitat Ambassadors Foundation. Elle a été aussi honorée par le Forum de Crans Montana en tant que Jeune femme africaine leader à l’occasion du 30e anniversaire de la Fondation. Elle a également été nommée «Most Resourceful Person of the Year 2019» par Helpline Foundation Abuja à l’occasion de la Conférence des femmes africaines.

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