Sports

Exclusif- Entretien avec Lord Sebastien Coe, président de la Fédération internationale d’athlétisme «World Athletics»

Lord Sebastien Coe : «Je pense que la popularité de l’athlétisme sera encore plus forte après la fin de la pandémie»

Abderrahmane Ichi Abderrahmane Ichi,

Lord Sebastien Coe : «Je pense que la popularité de l’athlétisme sera encore plus forte après la fin de la pandémie»

Dans un entretien accordé au «Matin», Lord Sebastian Coe, président de la Fédération internationale de l’athlétisme, World Athletics, assure que l’athlétisme, touché de plein fouet par la pandémie du Covid-19, comme d’ailleurs tous les autres sports, en sortira grandi à la fin de cette crise sanitaire. L’ancien champion de demi-fond raconte que le retour à la compétition est une décision prise au nom et en faveur des athlètes qui vivent de leur travail qui est l’athlétisme. Le patron de l’athlétisme mondial annonce qu’entre 2.500 et 3.000 athlètes vont bénéficier au mois de juin de l’aide financière de World Athletics et la Fondation internationale de l’athlétisme. Concernant le dopage au Maroc, Lord Coe indique que la Fédération Royale marocaine d’athlétisme fait énormément d’efforts pour lutter contre ce fléau, mais c’est difficile. Il souligne que seule une intervention du gouvernement marocain peut mettre fin à ce problème.

Le Matin : Avant tout, comment négociez-vous cette période de confinement ?
Sebastien Coe : Cela aura été un grand challenge. Le premier défi aura été comment maintenir l’activité de l’athlétisme, comment maintenir les employés de «World Athletics» en fonction et comment ils pourraient continuer à servir l’athlétisme mondial, les athlètes et tous les autres dossiers sur lesquels nous travaillons, sachant qu’ils ne pouvaient plus se présenter au bureau. Le deuxième challenge a été de soutenir les athlètes pendant cette période délicate, après avoir sécurisé et maintenu l’activité et le business de l’athlétisme.

Récemment, la Diamond League a publié un nouveau calendrier pour ses meetings de cette année. Pensez-vous que l’organisation de ces compétitions est réellement nécessaire au vu des conditions sanitaires ? N’est-ce pas là une décision purement économique ?
Non, cela est une décision que nous avons prise au nom et en faveur des athlètes. Les athlètes ont besoin de ces compétitions… Les athlètes étaient désespérés et nous avons voulu leur fournir, à eux, mais aussi aux fédérations membres et à l’ensemble de notre sport, une structure de compétition. Maintenant, il se peut que l’on ne puisse pas vraiment compléter la liste des événements annoncés, mais il était quand même important de faire cette annonce, de signifier que nous voulons que ces compétitions reprennent leurs droits. Après, cela dépendra de la sécurité des athlètes et de celle des spectateurs. Donc c’est une décision en faveur des athlètes, pour qu’ils reprennent la compétition, mais aussi pour qu’ils puissent récupérer leurs prize-money, car il faut se rappeler qu’ils vivent de leur travail qui est l’athlétisme.

Est-ce que la pandémie du coronavirus pourrait changer le Business Model de l’athlétisme mondial ?
J’espère que ce ne sera pas le cas. Sur le court terme, nous devons être vraiment prudents avec les finances et nous devons nous assurer de protéger notre capacité à servir les fédérations membres et à soutenir les athlètes. Pour ce qui viendra, je pense que la pandémie nous impose de recentrer notre travail dans des communautés en bonne santé et de recentrer notre travail aux côtés des gouvernements, car l’athlétisme et la course à pied plus particulièrement est la forme la plus efficace et la plus populaire de l’exercice sportif. Je pense que si nous prenons le temps de penser à ce repositionnement et à ces problèmes, puis à penser à de nouveaux formats, à de nouvelles compétitions et à un nouveau calendrier, je crois que notre Business Model peut s’améliorer et non régresser après la pandémie.

Quel sera l’impact du report des Jeux olympiques sur l’athlétisme mondial, quel impact sur les résultats, les classements, les performances… ?
Pour être tout à fait clair, il est certain que c’était la bonne décision à prendre, car on ne pouvait pas risquer la santé des athlètes. En même temps, cela a un impact sur les délais d’entraînement, sur les prize-money… Il sera donc plus compliqué pour les athlètes de préparer les Jeux olympiques pour l’année prochaine. Nous avons suspendu les périodes de qualification pour les JO pour être sûr que lorsque les athlètes seront de retour, ils le seront avec des chances égales. Donc oui, l’impact est grand et nous avons dû prendre des décisions sensibles et dures à la fois.

Pensez-vous que l’athlétisme survivra à la pandémie du coronavirus, la popularité de la discipline n’est-elle pas en danger ?
Au contraire, je pense que la popularité de l’athlétisme sera encore plus forte après la fin de la pandémie.

Pourquoi ?
Car il y a de l’appétit pour la compétition. L’athlétisme est un sport apprécié et il manque aux gens. Les fans de l’athlétisme attendent impatiemment la reprise des compétitions. C’est une grande opportunité, selon le développement des calendriers, pour que l’athlétisme soit au centre des saisons sportives estivales.

Sachant que les résultats et records ne seront comptabilisés qu’à partir de décembre 2020, quelle est l’importance de la reprise des compétitions à partir d’août 2020 ?
La plus importante requête que nous recevons de la part des athlètes est la reprise des compétitions, car ils ont vraiment besoin de la compétition. La pire chose pour un athlète est d’être loin des compétitions, sans vraiment prendre en considération les qualifications pour les Jeux olympiques de Tokyo, c’est la compétition en elle-même qui compte. Ils ont besoin de reprendre les entraînements puis les compétitions, et cela comptera beaucoup dans leur capacité à se qualifier aux JO de Tokyo l’année prochaine.

Ya-t-il des contacts avec les départements techniques des fédérations pour essayer d’harmoniser les entraînements à domicile, sachant qu’il devrait y avoir de grandes différences entre les niveaux des athlètes après la période de confinement ?
Il sera vraiment difficile d’harmoniser ces procédés avec la pandémie, car plusieurs pays sont toujours en confinement, d’autres n’ont toujours pas atteint le stade le plus critique de la pandémie malheureusement, d’autres encore ont déconfiné et ont rouvert les centres d’entraînement et les athlètes y sont libres de reprendre les entraînements sans restriction aucune. C’est donc un paysage très diversifié et les situations sont profondément différentes entre les pays. Il est donc très ardu de prédire un temps ou une phase de reprise pour les compétitions internationales. Ce que l’on a fait en revanche, c’est que l’on a créé une structure où, à chaque fois qu’un pays ou une organisation s’estime capable d’organiser un événement, on est avisé. Comme ça, on est au moins informé en temps réel.

Êtes-vous parvenu à des solutions avec des pays comme le Maroc, où plusieurs événements ont été reportés ou simplement annulés ?
On entretient un dialogue constant avec les fédérations, les athlètes, les directeurs des meetings, les associations continentales… On parle tout le temps. Toutefois, on n’a toujours pas développé de programme spécifique à une fédération de façon individuelle. Pour les fédérations, il y aura une fenêtre en août pour leur permettre d’envisager la reprise des championnats. Les discussions avec les fédérations portent donc essentiellement sur la reprises des activités lorsque cela sera possible.

Combien d’athlètes ont bénéficié du fonds de soutien créé par World Athletics et la Fondation internationale de l’athlétisme ?
Pour l’instant les athlètes n’ont toujours pas bénéficié de ce fonds, cela est prévu pour le mois prochain, c’est-à-dire en juin. Maintenant, nous avons passé en revue tous les critères, pour pouvoir définir les athlètes qui sont éligibles et ceux qui ne le sont pas. J’ose espérer que nous pourront aider au moins 2.500 ou 3.000 athlètes.

Parmi eux, combien y aurait-il de Marocains ?
On ne peut toujours pas définir de nombre, car le groupe de travail est toujours en train d’étudier l’éligibilité des athlètes et on attend aussi que les athlètes soumettent des demandes. Donc il est encore tôt pour se prononcer.

Comment est-ce que World Athletics poursuit sa lutte contre le dopage, sachant que les tests de dépistage sont quasiment impossibles en cette période de confinement ? Que se passe-t-il lorsqu’une fédération est black-listée, le cas du Maroc justement ?
Non, le Maroc n’est pas black-listé, il fait juste partie de la catégorie A (liste de pays à haut risque de dopage, aux côtés du Bahreïn, de la Biélorussie, de l’Éthiopie, du Kenya et de l’Ukraine, ndlr). Cela ne veut pas dire que le Maroc est un mauvais pays. Ça veut dire que le risque de dopage y est grand, et cela requiert des mesures spéciales et un travail spécifique avec l’Unité de l’intégrité de l’athlétisme. La difficulté des tests existe bel et bien, mais, mon ami, n’assumez pas le fait que les tests ne se font pas, car ils sont bien effectués. Ils sont faits par les agences nationales anti-dopage, par l’Unité de l’intégrité de l’athlétisme. Ils sont plus difficiles à faire en raison des restrictions liées à la pandémie, mais les athlètes doivent absolument savoir que les tests anti-dopage se font toujours. 

Les athlètes dont la suspension est prévue pour l’année 2020 bénéficieront d’un «dysfonctionnement légal», puisqu’ils pourront prendre part aux JO reportés en 2021. Quel est votre position sur cette question ?
Absolument, c’est légal. La suspension obéit aux délais, même si la période concernée ne connaît pas la tenue d’aucune compétition. On ne peut pas suspendre ces athlètes jusqu’à ce que les compétitions reprennent. C’est légal. On ne peut pas leur dire que la pandémie va rallonger la période de votre suspension, car elle a annulé ou reporté des compétitions.

 Pensez-vous que la Fédération Royale marocaine d’athlétisme fournit des efforts suffisants dans le cadre de la lutte contre le dopage ?
La Fédération marocaine a beaucoup travaillé, mais pour la lutte contre le dopage au Maroc, c’est difficile. Cela requiert une réponse de la part du gouvernement, car la Fédération à elle seule ne peut pas faire baisser le niveau du dopage au Maroc, elle n’en a pas la capacité, c’est un grand problème. Malheureusement, plusieurs athlètes à travers le monde vont se doper au Maroc, avec l’aide de coachs, de physiothérapeutes et d’autres praticiens médicaux. Certains sont du Maroc, d’autres simplement en visite et ils prennent avec eux ces méthodes dans leurs pays respectifs. Donc seule une intervention gouvernementale peut mettre fin à ce grand problème, et l’Unité de l’intégrité de l’athlétisme travaille, en concertation avec la Fédération dans un premier temps, puis avec les autorités gouvernementales, pour résoudre cette problématique. 

Entretien réalisé par Abderrahman Ichi

 

 

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