L’agence de presse officielle Chine nouvelle a dénoncé de façon générale l’utilisation d’expressions «racistes et xénophobes pour rejeter la responsabilité de l’épidémie sur d’autres pays». Sans résultats scientifiques définitifs sur l’origine du virus, qui a été détecté pour la première fois en décembre à Wuhan (centre), Pékin exhorte à ne pas montrer du doigt la Chine. Dans un entretien téléphonique, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a fait part lundi à Yang Jiechi, plus haut responsable du Parti communiste chinois (PCC) pour la politique étrangère, «des fortes objections américaines» face aux «efforts» de Pékin pour «faire porter le chapeau aux États-Unis pour le Covid-19», selon le département d’État. «Le secrétaire d’État a souligné que le moment était mal choisi pour semer la désinformation et des rumeurs abracadabrantes», ajoute le communiqué. Autre lecture côté chinois : selon Chine nouvelle, Yang Jiechi a lui adressé «un ferme avertissement aux États-Unis», prévenant que «toute tentative de salir la Chine était vouée à l’échec». «Propager des théories du complot est dangereux et ridicule», avait alors estimé un responsable américain. Depuis que l’épidémie a commencé à s’étendre au-delà de la Chine, les deux puissances rivales n’ont cessé de multiplier les piques. L’administration Trump a oscillé entre dénonciation d’un manque de transparence initial côté chinois, et marques de «confiance» du Président américain en son homologue Xi Jinping. Les mesures du gouvernement américain, qui a rapidement interdit l’entrée aux États-Unis des personnes en provenance de Chine, ont en outre provoqué l’ire de Pékin. Au moment même où les puissances occidentales tentent de se coordonner dans le cadre du G7, les États-Unis soulignent que l’union sacrée mondiale ne met pas fin aux tensions avec le géant asiatique, qu’ils considèrent comme leur premier rival stratégique sur le long terme. L’administration Trump est également engagée sur plusieurs autres fronts contre Pékin, de la défense de la démocratie à Hong Kong à la dénonciation de son expansionnisme militaire en mer de Chine méridionale, en passant par les accusations d’espionnage industriel. Donald Trump a toutefois assuré que l’accord commercial en forme de trêve dans la guerre des droits de douane, conclu après des mois de négociations, ne pâtirait pas des nouvelles tensions liées au coronavirus.
La rivalité États-Unis/Chine continue... autour du virus
La rivalité Washington-Pékin n’a pas été mise en sourdine par la lutte contre le Covid-19, connaissant même mardi une escalade, la Chine se disant «indignée» par un tweet de Donald Trump parlant d’un «virus chinois».
Donald Trump a assuré que l’accord commercial, conclu après des mois de négociations, ne pâtirait pas des nouvelles tensions liées au coronavirus. Ph. AFP
LE MATIN
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17 Mars 2020
À 18:05
