Des leviers sont à activer afin de faire des provinces du Sud du Royaume un moteur de développement régional et continental. Un processus entamé par l’État depuis 1975 avec des investissements massifs dans tous les domaines, lui conférant le rôle de premier investisseur et premier employeur dans la région.
Reda Chami, président du CESE
«L’investissement public ne suffit pas !»
«Bien sûr, il ne peut y avoir création de richesses sans investissements (…). Depuis 1975, le Maroc a beaucoup investi dans cette région. Cet investissement massif fait que la région est dotée d’une infrastructure de haut niveau. L’indice de développement humain (qui mesure l’accès aux soins, à l’éducation, à l’électricité, à l’eau...) y est plus élevé que la moyenne nationale et est deuxième ou troisième au niveau national après la région de Casablanca. On pense vraiment que Dakhla peut être ce maillon d’intégration entre l’Afrique et le Maroc, et constituer un hub pour les échanges, le commerce et la logistique. Aujourd’hui, le gouvernement indique que 70% des projets ont été réalisés depuis 2015. 179 autres ont été achevés pour un coût global de 13,2 milliards de DH et 336 sont en cours de finalisation pour un investissement de 46,9 milliards de DH. 236 autres projets nécessitant un budget de 25 milliards de DH n’ont pas encore été lancés. Bien sûr, il faut maintenir l’effort pour s’assurer que tous ces investissements profitent à un maximum de la population, mais à mon avis, l’investissement public ne suffit pas. Il faut qu’on arrive d’une manière ou d’une autre à expliquer aux entreprises marocaines et internationales qu’il y a des opportunités réelles à saisir sur place. L’État pourrait les aider à travers des subventions au niveau de l’investissement. Je ne suis, en revanche, pas favorable à une fiscalité différente dans cette région.»
Hassan Sentissi, président de l’Asmex
«Nous portons un grand espoir sur le projet du port Dakhla Atlantique»
«L’étude réalisée par l’Association marocaine des exportateurs (Asmex) déclinée par région a démontré qu’il existe un grand gisement non exploité dans cette région. Nous déplorons aussi que plusieurs produits soient exportés à leur état brut sans aucune valeur ajoutée. Notre engagement en partenariat avec la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Dakhla pour créer un bureau d’études de l’Asmex dans cette région vise, entre autres, à recenser l’ensemble des niches à mettre sur les rails à l’export. Si aujourd’hui les connexions se font globalement par voie terrestre, nous portons un grand espoir sur le projet du port Dakhla Atlantique pour renforcer la compétitivité de nos exportations et toucher des marchés aussi lointains dans notre continent.»
