Culture

Entretien

Bantunani, artiste franco-cangolais : «Je finalise un nouvel album pour mars 2022 qui sera sans doute le 13e et le dernier»

Nadia Ouiddar Nadia Ouiddar,

Bantunani, artiste franco-cangolais : «Je finalise un nouvel  album pour mars 2022 qui sera sans doute le 13e et le dernier»

La star internationale de l’afrofunk, Bantunani est très inspiré par le Maroc. Surnommé le dandy dansant, l’artiste franco-cangolais aime mêler le groove, le funk et la rumba congolaise à la spiritualité des Gnaouas. Dans cette interview, il nous parle de son dernier clip «Lady Aïsha», de l’album qui marquera ses 20 ans de carrière et de ses connexions avec les artistes marocains.

Le Matin : Dans votre dernier clip vous chantez  Aïcha Kandisha, mais vous vous intéressez  à son aspect de résistante. Est-ce une volonté de redorer l’image de cette femme ?
Bantunani
: La chanson «Lady Aïsha» parle effectivement du mythe de Aïcha Kandisha. Dès mon arrivée au Maroc voilà près de deux ans, j’ai ressenti des vibrations étranges qui m’ont conduit à la musique Gnawa où sa présence invisible hante les rituels. J’ai compris alors que quelque chose se passait lorsque qu’on m’a expliqué la légende de cette femme. 
Ma musique spirituelle et profonde venait de s’enrichir encore d’une nouvelle quête qui m’a menée à El Jadida, à Meknès, Fès et Casablanca pour comprendre avant d’entreprendre l’écriture de cette chanson qui devait à la fois incarner le folklore marocain et porter un groove moderne. Après la séduction, j’ai compris que la comtesse était aussi le visage d’une résistance, une résistance souvent oubliée des peuples, mais qui pourtant porte le message de la liberté. Étrange, plus j’écrivais, plus j’avais l’impression que cette femme me parlait. Son langage m’était familier comme si nous nous connaissions depuis toujours. Oui Aïsha Kandisha est une femme africaine méconnue. Elle a le visage de Mami Wata au Congo qui fut elle aussi une résistante face aux colonialistes. 
C’est important pour moi, car notre jeunesse africaine a besoin de trouver une histoire commune à notre continent, même bâtie sur des légendes, elle contribue à ancrer l’africain dans le passé.

Vous utilisez la musique pour dénoncer  les défaillances sociales. Est-ce que selon vous l’art peut sauver le monde ?
À vrai dire, je ne dénonce pas pour dénoncer, je m’efforce de peindre en musique le monde dans lequel nous vivons. Un monde où les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres. L’injustice sociale est devenue une banalité, une fatalité qui échappe au pouvoir politique. Démunie, l’Afrique avance en mode dispersé face à un Occident qui avance en bloc. Il est donc important que parfois l’artiste s’engage et chante sans complaisance au risque de se voir critiquer. Je veux danser et chanter la vie, mais cela devient difficile de se taire quand les peuples meurent de faim. Oui, je ne suis pas de ceux qui mentent au public, ma musique porte un message, un code et une certaine éthique. De Aïcha Kandicha au titre «Sunday Can Wait», je tente de partager mes réflexions et doutes. L’art peut ouvrir les portes quand le message contient une vérité. Cette vérité est une quête profonde vers autrui, un dépassement de son soi ou du “moi-je” qui aujourd’hui tue les artistes dont l’objectif n’est plus l’humanité, mais le microcosme des réseaux sociaux pour ne pas dire soucieux. Je vois une opportunité technologique avec la diffusion massive de la musique et des contenus multimédia pour apporter des contenus pédagogiques au public, faire de l’art un fait d’éducation de masse et non d’abrutissement.

Dans vos clips vous mettez en valeur plusieurs  espaces du Maroc. Qu’est-ce qui vous attire dans ces lieux ?
Le Maroc est un pays merveilleux tels les contes de mille et une nuits, il offre une variété de décor naturel qui m’a fortement inspiré et fait voyager dans le temps. Je garde du Maroc l’image d’un pays qui pourrait être un hub de croissance pour l’Afrique tant il réussit à conjuguer développement des infrastructures et maintien du patrimoine architectural. J’ose croire que les Marocains pourront bénéficier dans leur ensemble de cette mutation économique qui semble en plus accorder une large place à la culture et à la musique. Il est dommage que la crise sanitaire ait quelque peu entravé ma volonté de faire le tour du Maroc pour y chanter dans toutes les villes.

Est-ce qu’il y a d’autres sujets en commun entre le Maroc et votre pays natal ou d’autre pays africains que vous avez envie de chanter ?
En dépit de la distance, le Maroc et le Congo (RDC) se ressemblent beaucoup en tant que pays africains avec les mêmes problématiques : la question centrale de la jeunesse, les inégalités, quelle politique face au numérique. J’incite les artistes à ré-inventer le panafricanisme en lançant des projets inter-régionaux pour montrer toutes nos convergences. Quand le monde retrouvera son cours normal, j’aimerais faire une série de concert où la transe Gnawa et le vodoo Bantunani pourraient s’exprimer tant à Kinshasa qu’à Casablanca. Définitivement, ce séjour marocain aura été une expérience unique dans mon parcours d’afropolitain.

Outre les maallems gnawis, est ce que vous envisagez d’autres collaborations avec des artistes marocains ?
On aura quand même eu la chance de travailler avec le Maalem Abdendi El Meknessi sur 3 titres dans un contexte ô combien difficile. Sur Aïcha Kandisha, on a travaillé également avec l’école du conservatoire de Mers Sultan de Casablanca. Pour l’avenir, oui je compte garder cette connexion marocaine qui nous a bien réussi, car l’album «Perspectives» est un immense succès.  J’en profite pour passer un message à deux chanteuses marocaines que j’ai eu l’occasion de rencontrer et avec lesquelles j’aimerais bien faire un featuring, place aux femmes oblige : il s’agit des chanteuses Oum El Ghaït et Kawtar Sadik.

Vous travaillez sur d’autres projets ?
Comment s’arrêter, parfois on a l’impression que la musique est une drogue bénigne qui aide à surmonter l’idée de la mort. Je ne cesse d’écrire, de composer à travers une introspection. Je viens de sortir la chanson remixée du titre «Casablanca, Sunday Can wait» qui vient conclure la promotion de «Perspectives» et de l’aventure marocaine. Ce titre fut tout de même écrit à Casablanca et aujourd’hui, il est joué dans les clubs et radios du monde entier grâce au génie de l’ingénieur James Auwarter. Voilà comment on pousse l’Afrique. 
C’est une chanson forte car elle propose un swing, une danse douce pour dépasser l’angoisse du dimanche. 
Une angoisse que j’ai pu ressentir dans un Casablanca confiné. Ce projet fini, je finalise un nouvel album pour mars 2022. Avec 15 nouvelles chansons, il sera sans doute mon 13e et dernier album. Pour ce faire, cet opus sera une parfaite synthèse de 20 ans de carrière et un vibrant pamphlet, un groove chargé sans tabou.

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