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Samedi 25 Mai 2024
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Les cinq priorités proposées par l’Alliance des économistes istiqlaliens

La planification et la mise en œuvre de certains changements retenus par la Commission spéciale pour le modèle de développement sont urgentes pour amorcer une relance responsable et inclusive, particulièrement au niveau régional. Cinq séries de priorités sont ainsi proposées par l’Alliance des économistes istiqlaliens.

Les cinq priorités proposées par l’Alliance des économistes istiqlaliens
Abdellatif Maazouz.

Les recommandations proposées convergent, en grande partie, avec le référentiel et les contributions soumises par le Parti de l’Istiqlal à la Commission, affirme l’Alliance des économistes istiqlaliens (AEI) dans un communiqué. L’Alliance considère, «compte tenu de la profondeur économique et sociale de la crise actuelle», qu’il est nécessaire de bien définir certaines priorités afin de permettre au Maroc de reprendre son élan en saisissant les opportunités offertes par la reconfiguration en cours du tissu productif mondial. À côté des chantiers structurants initiés par Sa Majesté le Roi (couverture sociale généralisée, eau, énergie, réformes du secteur public, financement des entreprises…), il s’agit particulièrement de mettre en œuvre des actions et adopter des mesures visant à répondre aux besoins pressants des Marocaines et Marocains, notamment les jeunes et les femmes, en préservant leur dignité. Dans ce cadre, l’AEI insiste sur la nécessité de mener à bien cinq chantiers prioritaires :

Le premier consiste à assurer les conditions de réussite de la protection sociale généralisée. Ainsi, la couverture médicale ne pourra être efficiente que si des soins de qualité sont accessibles à tous sur l’ensemble du territoire, dans le cadre d’une vérité des prix et sans exiger de paiement des soins à l’avance aux familles vulnérables et celles de la classe moyenne. De même, ce chantier exige la mise en place d’une carte sanitaire, d’une politique juste et équilibrée des prix des soins et l’instauration du tiers payant. Il nécessite également la disponibilité d’établissements de santé équipés et surtout la formation de personnel soignant en nombre suffisant.

Le deuxième chantier prioritaire selon l’AEI porte sur la généralisation d’une éducation préscolaire de qualité, qui est la première des priorités en matière d’éducation. Sa mise en œuvre doit également être portée par les régions et les collectivités territoriales. Elle doit bénéficier à tous les enfants durant les 2 années précédant le cycle primaire. La généralisation d’un préscolaire de qualité préparera les futurs citoyens de 2035 à acquérir les compétences et les habiletés nécessaires à leur insertion sociale et leur épanouissement dans le Maroc émergent, visé par le NMD. 

L’AEI souligne en troisième lieu l’importance de  rentabiliser les efforts réalisés en infrastructures, stimuler l’entrepreneuriat et accélérer le développement du tissu productif en y consacrant une partie conséquente de l’investissement public. L’Alliance considère que la libération des énergies et la création massive d’emplois passent par la réalisation d’un véritable «choc entrepreneurial compétitif» dans notre pays. Cette inflexion nécessite, entre autres, un positionnement technologique clair et perçu de tous, l’investissement conséquent dans des programmes de recherche, la publication de textes juridiques simples et accessibles, des codes d’investissement et de fiscalité tenant compte des spécificités régionales et territoriales et des des procédures légères et dématérialisées. L’AEI souligne en quatrième lieu l’importance d’atténuer les inégalités sociales et territoriales et de promouvoir la classe moyenne. Il s’agit particulièrement de rétablir et de renforcer le pouvoir d’achat des classes moyennes et vulnérables. Celui-ci a été fortement érodé par une décennie de politiques ultra-libérales, accentuées par la crise issue de la Covid-19, qui a fait basculer plus d’un million de nos concitoyens dans la pauvreté. Enfin, le cinquième chantier prioritaire de l’Alliance des économistes istiqlaliens est l’urgence d’une gouvernance économique pour replacer le pays sur des sentiers de croissance durable et responsable. Selon l’AEI, La plupart des stratégies sectorielles étant arrivées à échéance, il s’agit de s’atteler, au plus vite, à l’évaluation des dites stratégies et à la mise en œuvre de plans d’action, nationaux et régionaux, des secteurs et branches constituant les moteurs de relance et de croissance de l’économie pour les toutes prochaines années. Ces plans doivent être immédiatement accompagnés de programmes de formation sur mesure en termes de métiers et de compétences. 

 

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