Culture

Université Hassan II de Casablanca

Le concept genre en littérature, médias et éducation décortiqué par des chercheurs

Nadia Ouiddar Nadia Ouiddar,

Le laboratoire de recherche Genre, Éducation, Littérature et Médias (GELM) de l’Université Hassan II de Casablanca - Faculté des lettres et des sciences humaines Aïn Chock (FLSH AC) - a organisé récemment la rencontre : «Le genre en questions». Concocté en collaboration avec le Centre des études, de recherche et de formation sur le Genre et l’égalité au Maroc (CEG), cet événement a débattu sur les questions traitant des problématiques de genre dans différentes disciplines de la recherche académique, dont la littérature et les médias. La rencontre a permis de montrer, d’une part, la dynamique de la recherche dans le champ disciplinaire des études de genre, et de rappeler, d’autre part, la nécessité d’institutionnaliser le genre dans l’Université marocaine.

Quel rôle pour le Laboratoire de recherche GELM ?

Le Laboratoire de recherche Genre, Éducation, Littérature et Médias (GELM) a été créé en 2016, à la Faculté des lettres et des sciences humaines Aïn Chock qui relève de l’Université Hassan II de Casablanca.
Selon Rajaa Nadifi, directrice du GELM, cette structure œuvre dans le cadre de 4 champs de recherche : Lettres, Éducation, Communication et Études de genre. Il est constitué de trois équipes, Éducation, Culture, Territoires et Genre (ETCG) Genre et Littératures (GEL) Textes, Discours et Médias (TDM). Ses thèmes fédérateurs sont les représentations, les perceptions et les pratiques du genre, l’étude des discours et des textes et l’analyse des médias.
«Le Laboratoire de recherche GELM, qui a pour but de promouvoir et de coordonner les activités de recherche ayant pour objet la thématique du laboratoire, est rattaché au Centre marocain des sciences sociales. Il a une vocation pluridisciplinaire et accueille des enseignants-chercheurs issus du secteur des langues, des sciences humaines et des sciences sociales. Le laboratoire assure l’accueil et la formation dans les directions des études, associe à ses activités de recherche des personnes appartenant à d’autres institutions marocaines ou étrangères. Il collabore avec des organismes de recherche ou d’enseignement marocains ou étrangers.» 
Le laboratoire a une triple mission de recherche et de formation sur :
•Les productions littéraires, culturelles comme systèmes de représentation.
•  L’éducation et l’environnement socioculturel en matière de rapports sociaux de sexe.
•  Les enjeux de la communication et des médias dans la société.
«Les objectifs que nous nous efforçons d’atteindre peuvent être résumés en ces différents points :
•  La valorisation des études de genre au Maroc.
• La création d’un espace de réflexion et d’échange sur les études, la recherche et la formation sur le genre et l’égalité au Maroc.
• La mise en place de l’éducation à l’égalité femme-homme dans les cursus de l’enseignement universitaire.
• La mise en place de partenariats au niveau national et international avec des organismes œuvrant dans le domaine du genre et en faveur de l’égalité : structures de recherche des universités, institutions, organisations internationales, etc. 
• La diffusion des résultats des travaux de recherche», indique Rajaa Nadifi. 


Questions au Pr Rhita Iraqi, enseignante-chercheure, FLSH AC

«Les stéréotypes de genre qui persistent dans la littérature impactent lourdement les lecteurs qui reproduisent, dans leur quotidien, des comportements sexistes»

Le Matin : Le laboratoire de recherche GELM de l’Université Hassan II de Casablanca – Faculté des lettres et des sciences humaines Aïn Chock a organisé récemment une rencontre sur le thème «Le genre en questions». Quels en étaient les grands axes ?
Rhita Iraqi
: La journée du 25 mars 2021, consacrée au thème «Le Genre en questions», a été l’occasion pour nous, membres du Laboratoire Genre, Éducation, Littérature et Médias (GELM) de partager nos réflexions avec un large public (rencontre accessible en ligne) autour du concept genre dans les différents domaines : éducation, littérature, sociologie, médias, etc.
Lors de leurs interventions, les chercheur(e)s se sont interrogé(e)s sur les fondements de l’inégalité femme/homme en mettant l’accent sur les schémas binaires qui interviennent dès qu’on évoque les relations entre les femmes et les hommes : force/faiblesse ; domination/soumission ; parole/silence.

Vous êtes responsable de l’équipe genre et littérature. En quoi consiste son travail ?
L’équipe Genre et Littérature (GEL) que je dirige fait partie du Laboratoire GELM. Les enseignant(e)s chercheur(e)s et les doctorant(e)s se rencontrent pour débattre à partir de textes littéraires des problématiques liées au genre. Les stéréotypes de genre qui persistent dans la littérature impactent lourdement les lecteurs qui reproduisent dans leur quotidien des comportements sexistes. Leur repérage et leur déconstruction contribuent à comprendre le fonctionnement de la société et de là à chercher les clés pour une société égalitaire.

Est-il difficile de parler du genre dans les études littéraires ?
Dans toute recherche, il y a difficulté, à plus forte raison lorsqu’il s’agit de traiter du genre dans une société patriarcale. L’idée de l’égalité femme/homme bouscule l’ordre établi depuis des décennies et la résistance à tout changement est forte, non seulement du côté des hommes, mais aussi dans une moindre mesure de celui femmes. Montrer du doigt les injustices faites aux femmes dérange les esprits conservateurs qui justifient leur réticence par «le respect» de la religion et de la tradition. Or, des études ont montré que ni la religion, ni la tradition n’empêchent l’égalité entre les femmes et les hommes. Dans un monde où la compétition est rude, se délester d’une part de son potentiel d’énergie ne peut que retarder le développement d’une société.

Comment évaluez-vous la représentation des femmes dans la littérature marocaine ?
Dans la littérature marocaine, on rencontre deux tendances : les écrivains qui s’accrochent avec nostalgie à des images de femmes traditionnelles victimes de l’ordre patriarcal, et d’autres (en grande partie des femmes) qui mettent en scène des femmes responsables et actives telles qu’elles existent dans la société.

Selon vous, comment évoluent les études genre en littérature au Maroc par rapport aux pays voisins et de la Méditerranée ?
Notre Faculté abrite depuis seize ans un master genre, «Genre, Société et Culture», et nous organisons de nombreux événements tant nationaux qu’internationaux autour du genre. Nous avons formé des lauréats qui se destinent après leur master soit à la vie active, soit à la recherche dans le cadre d’un doctorat. Ainsi, nous formons un vivier de personnes sensibilisées à la question du genre et qui à leur tour transmettent le concept d’égalité dans leur environnement professionnel, sociétal et familial. D’autres formations genre existent dans les facultés du Maroc et nous n’avons rien à envier à nos voisins.

Quels sont les autres projets de la Faculté des lettres et des sciences humaines Aïn Chock et de l’équipe GEL en rapport avec le genre ?
Notre faculté, FLSH Aïn Chock, a de nombreux projets en cours, je vous cite celui qui est le plus immédiat : la création d’une filière Genre dans le cadre du Bachelor pour la rentrée universitaire 2021-22 où, bien sûr, la matière de la «Littérature et genre» sera enseignée. Notre vœu est que dans toutes les facultés du Maroc, quelles que soient leurs spécialités, il y ait une filière Genre pour que nos étudiants, les acteurs de demain construisent au-delà des préjugés sexistes une société égalitaire. 


Déclaration de Abdelhalim Ziti, doctorant à la FLSH AC

«Lors de mon intervention «Questions sur le genre et la trandisciplinarité», j’ai essayé de soulever des questions autour de quatre thèmes : la possibilité du genre comme substrat d’un travail scientifique pluridisciplinaire, et l’examen de sa transdisciplinarité comme processus et transposition dans la réalité ; le genre comme catégorie de recherche ; la famille comme genre irréductible et ouverture vers la transdisciplinarité ; et enfin, le problème d’une conceptualisation pluridisciplinaire. Comme hypothèses : premièrement, je crois qu’en relation avec la pluridisciplinarité comme projet, il y a cette sorte de dissension entre les scientifiques originaires de plusieurs disciplines, et qu’ils recourent, suivant leurs angles respectifs, à des catégories formelles telles que les modes quantitatifs de recherche, en vue d’un rendement qui ne dépasse pas, en fin de compte, la forme des rapports. En second lieu, j’ai essayé de souligner l’importance d’une ouverture à des voies polysémiques pour enrichir le concept du genre. À cet effet, je crois qu’à côté des rapports de pouvoir entre les sexes, comme sens en aucun cas unique, on peut intégrer toutes les formes de pouvoir dans une société, et qui sont basées sur le genre. On peut désigner avec ce terme toute espèce ou groupe qui présente des traits ou des caractéristiques communes, physiques ou comportementales ainsi qu’un mode collectif de vie. Et j’entends ici les genres sociaux, les castes ou les classes sociales. Troisièmement, j’ai insisté sur l’importance de la famille comme genre irréductible et catégorie de recherche. La famille est un élément du pouvoir, économique avant tout. Elle assure le bon fonctionnement des cycles économiques. Et sur son système, sont fondés conjointement les exemples de l’État et de l’organisation sociale à une grande échelle. En fin, j’ai recommandé aux scientifiques de se méfier de toute conceptualisation extrinsèque ou exclusive des données locales, fondée sur des idéaux universels tels que la liberté ou l’égalité. Ces derniers sont relatifs, dans leur essence, et sont toujours liés à des modèles contextuels ou à des formes de pouvoir politique.»


Déclaration de Rajaa Nadifi, directrice du Laboratoire de recherche Genre, Éducation, Littérature et Médias (GELM) à la Faculté des lettres et des sciences humaines Aïn Chock – Université Hassan II de Casablanca

«Les objectifs de la rencontre «Le genre en questions»

«Cette activité s’inscrit au cœur des objectifs que notre structure cherche à atteindre : la dynamique de la jeune recherche en genre et la question de l’institutionnalisation nécessaire de ce champ disciplinaire. Nos intervenants sont des doctorants, de jeunes docteurs, de jeunes enseignants chercheurs qui, encadrés par leurs directeurs de recherche, ont présenté des réflexions, des analyses autour des thématiques de genre et leur participation effective ici, autour de questions centrales et d’actualité, renvoie à toute la dynamique de ce champ de recherche qu’est le genre au Maroc.
Ont été abordés dans le premier axe : les représentations littéraires : l’écriture carcérale au féminin, les rapports de pouvoir, le corps et ses manifestations genrées, les identités féminines, la question de la transdisciplinarité du genre, le genre et le langage. Puis, dans l’axe second de l’événement, le genre a été questionné dans les pratiques et les perceptions, à travers l’étude du corps et ses mises en scène, la parentalité en situation de VIH, les masculinités dans les séries TV, l’histoire du masculin et du féminin au Maroc pré-colonial, le travail de nuit des femmes, l’engagement religieux radical des femmes marocaines. Toutes ces recherches en cours ou finalisées montrent la richesse et l’enjeu qu’elles constituent, leur importance dans la recherche, sous l’éclairage du genre, et le caractère transversal du genre, les questions de société cruciales que ces travaux soulèvent et les réponses qu’ils apportent.
Cette rencontre est aussi l’occasion de faire le point sur la place et le rôle des études de genre au Maroc. Nous avons tenu ainsi à souligner les avancées de la formation et la recherche au Maroc dans le domaine du genre. Au sein de l’université au Maroc, malgré les difficultés qu’elle connaissait et connaît encore, des chercheurs, des compétences engagées, une avant-garde consciente des enjeux du développement a tôt fait de s’impliquer, s’engager dans la réflexion, l’étude des relations de genre socialement construites, consciente du rôle fondamental joué par les femmes dans la société, de l’intérêt de l’approche genre comme concept et comme outil.» 


Autres actions du laboratoire GELM

La rencontre «Le genre en questions» a été l’occasion de faire le point sur les objectifs du Laboratoire GELM et les actions entreprises pour les atteindre. Ainsi, pour rappel, notre laboratoire a organisé, pour la première fois au Maroc, «Les états généraux de la recherche et de la formation sur le genre au Maroc» qui se sont tenus, les 16 et 17 avril 2015 à Casablanca, avec le Master Genre Cultures et Sociétés de la FLSH Aïn Chock (dont j’étais responsable à l’époque) et en partenariat avec l’Unesco et l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Issu d’un programme de recherche en partenariat entre l’IRD et l’Université Hassan II de Casablanca (1), notre projet visait le renforcement des Études de genre au Maroc et la consolidation des réseaux au niveau national et international. Les états généraux ont rassemblé les différentes équipes de recherche et les formations universitaires sur le genre de l’ensemble du territoire marocain et plusieurs chercheurs internationaux y ont participé. À l’issue de ce grand rassemblement ont été proposées des solutions à la fois à court et à long terme (2) afin que la culture de l’égalité et la mise en œuvre des droits humains universels progressent. Puis une conférence de presse a été organisée à Casablanca, en novembre 2015, en présence du président du CNDH (Conseil national des droits de l’Homme) de l’époque, Driss El Yazami, des responsables de notre Université, le représentant de l’Unesco et de l’IRD, etc., pour présenter la Déclaration commune adoptée à l’issue des états généraux et signée quelques semaines plus tard par le président de l’Université Hassan II de Casblanca de l’époque (Pr Mansouri), le doyen de notre établissement, la Faculté des lettres et des sciences humaines Aïn Chock, le Pr Mawhoub, ainsi que plusieurs responsables universitaires au niveau national et plus de 200 enseignants chercheurs et nombre de doctorants et, enfin, des représentants de la société civile. Un ouvrage analytique, «Le Genre et l’Université au Maroc. État des lieux, enjeux et perspectives», sous la direction de R. Nadifi et G. Gillot, issu des débats et exposant l’état des lieux, est paru en août 2018 publié aux éditions de l’Unesco en partenariat avec Université Hassan II de Casablanca. Cet ouvrage, qui constitue la base scientifique à partir de laquelle nous travaillons, a été présenté lors du symposium international «Le Genre et l’Université ; expériences croisées vers la généralisation des études de genre», coorganisé par la Faculté des lettres et des sciences humaines Aïn Chock (le laboratoire GELM) et des partenaires l’Unesco, l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, l’IRD, l’UMR Développement et Sociétés et le Centre d’études et de recherche sur le genre et l’égalité (CEG), association de jeunes chercheurs ancrée à la FLSH AC. Ce symposium international s’est inscrit donc dans la continuité de ces efforts entrepris, il a eu pour objectif d’amorcer de façon concrète la structuration de la recherche et de la formation sur le genre au Maroc et visait d’abord la question de l’institutionnalisation et la généralisation des études de genre.
Les structures de recherche et de formation des universités marocaines, au niveau national, ont participé à cette deuxième étape de réflexion pour soulever et faire avancer cette question. 

Sources : (1) «Études et valorisation des études de genre au Maroc», FLSH Aïn Chock UH2C et IRD/Université de Paris 1, 2014-2015. Responsables Rajaa Nadifi et Gaëlle Gillot.
(2) Voir la Déclaration commune des États généraux, Le Genre et l’Université au Maroc. État des lieux, enjeux et perspectives, sous la direction de R. Nadifi et G. Gillot, p. 113.


L’enseignement du Genre au sein de l’université 

Pour Rajaa Nadifi, «l’université Hassan II de Casablanca (UH2C) a joué et joue encore un rôle pivot et moteur pour les Études de genre. Sur les 6 campus de notre Université, il y a aujourd’hui 3 structures de formation et 8 structures de recherche orientées Genre. Ces structures œuvrent pour la promotion du Genre et de l’égalité à travers trois niveaux ; le premier étant l’organisation de manifestations scientifiques, le deuxième est la publication de travaux de recherche et enfin le troisième – qui me semble le plus important – est la formation d’une relève de doctorants qui continueront à nourrir la dynamique instaurée. Le nombre de doctorants, d’enseignants-chercheurs, de masterants abordant ce champ thématique est sans doute le plus élevé des universités marocaines. L’UH2C s’est inscrit dans l’évolution enclenchée depuis les années 2000, celle que connaît le Maroc en matière de prise en compte du Genre dans son développement. Et depuis plusieurs années est ressentie une réelle nécessité de mise en place de mesures visant l’égalité dans l’enceinte même de nos différents établissements ainsi que l’intégration de mesures en faveur de la promotion du genre autant dans la formation que dans la recherche. Mais l’institutionnalisation du genre n’est possible que par deux facteurs indispensables et interdépendants qui favorisent le changement : la volonté et l’engagement politique. En clair : se donner les moyens d’opérer le changement. Ce qui nécessite un travail d’identification, de planification, de mise en œuvre, de gestion et de suivi. C’est un projet : celui de toutes les universités au Maroc et avant tout de la nôtre. C’est à cet égard que nous considérons que la nécessité la plus urgente, par rapport à la promotion du genre et de l’égalité au sein de l’Université, est d’installer un cadre clair et commun à l’enseignement du Genre dans toutes les filières et à tous les niveaux de l’Université et favoriser la culture de l’égalité dans l’ensemble de ses établissements. Notre projet actuel dans ce sens est de mettre en place la première filière en Études de genre au niveau Bachelor et par ce biais favoriser l’institutionnalisation de ce champ disciplinaire : le Bachelor Genre discours et pratiques.» 

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