Fête de la Jeunesse

Entretien avec Saaïd Amzazi, ministre de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique

«Notre défi est à la fois de mieux former nos jeunes et de créer la croissance afin de multiplier les opportunités d’emplois»

Souad Badri Souad Badri, LE MATIN

M. Saaïd Amzazi. Ph. MAP

M. Saaïd Amzazi. Ph. MAP

Lematin : Quelle lecture faites-vous de la situation des jeunes au Maroc à la lumière de la vision de Sa Majesté le Roi ?
Saaïd Amzazi
: La promotion de la jeunesse marocaine est en effet un sujet fondamental au cœur des discours de Sa Majesté le Roi, que Dieu le glorifie, en particulier celui du 13 octobre 2017 prononcé à l’occasion de l’ouverture de la première session de la deuxième année législative de la dixième législature, au cours duquel notre Souverain dresse le constat d’une jeunesse qui, bien qu’elle représente plus du tiers de la population marocaine, ne profite pas assez des progrès enregistrés par notre pays. À cette occasion, Sa Majesté avait d’ailleurs appelé à l’élaboration d’une nouvelle politique intégrée dédiée aux jeunes, axée fondamentalement sur la formation et l’emploi, et capable d’apporter des solutions réalistes aux problèmes à leurs problèmes.
En outre, la nouvelle Constitution adoptée en 2011 stipule dans son article 33 qu’il incombe aux pouvoirs publics de prendre toutes les mesures appropriées en vue de généraliser la participation de la jeunesse au développement social, économique, culturel et politique du pays, d’aider les jeunes à s’insérer dans la vie active et de faciliter leur accès à la culture, à la science, à la technologie, à l’art, au sport et aux loisirs.
Cette jeunesse marocaine est donc perçue comme une véritable aubaine démographique, une richesse nationale, sur laquelle nous devons investir et capitaliser en mettant en place des stratégies et des politiques d’action d’envergure nationale, via une approche impérativement holistique, comprenant aussi bien les volets de l’éducation et de la formation que ceux de l’emploi, de la promotion de l’entrepreneuriat, de l’engagement civique ou encore de la tolérance et du vivre ensemble.

L’enseignement supérieur et la formation professionnelle sont les leviers pour un épanouissement de la jeunesse. Quelles sont les priorités de votre ministère dans ce sens ?
L’enseignement supérieur et la formation professionnelle sont incontestablement des leviers fondamentaux pour la promotion et l’épanouissement des jeunes, mais il ne faut pas perdre de vue que les potentialités et les opportunités du marché de l’emploi le sont tout autant. Notre défi est donc à la fois de mieux former nos jeunes, certes, mais aussi de créer la croissance afin de multiplier les opportunités d’emplois.
En matière de formation, le ministère de l’Éducation nationale, de la formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique s’est fixé comme priorité d’encourager et de développer l’orientation des jeunes vers la voie de la formation professionnelle à travers la mise ne place d’un nouveau système d’orientation, la multiplication des filières collégiales de formation professionnelle et des bacs pro et l’augmentation du nombre de bourses octroyées aux stagiaires post-bac, car il faut savoir qu’actuellement seuls 25% de nos bacheliers optent pour cette voie, une tendance que le ministère s’attelle donc à rehausser. En effet, si notre pays veut se doter d’une main-d’œuvre qualifiée et diversifiée qui lui permette d’augmenter sa compétitivité et la croissance de son tissu économique et de continuer d’attirer les IDE, il doit miser sur la formation professionnelle.
Sur le plan de la formation proprement dite, et en application de la feuille de route du département validée par Sa Majesté le Roi en avril 2019, la priorité absolue est désormais de favoriser les formations en milieu professionnel, que ce soit en apprentissage ou par alternance. Voilà pourquoi dans notre nouvelle vision, l’entreprise doit être pleinement «investie» en tant que CADRE PEDAGOGIQUE par excellence pour la formation professionnelle. D’où la nécessité d’impliquer les professionnels à tous les niveaux, de l’élaboration et la conception des filières à la formation des stagiaires, en passant par la gouvernance des centres de formation et l’évaluation. C’est dans cet esprit qu’a été pensé le modèle des Cités des métiers et des compétences, dont seront dotées les différentes régions du Maroc, car en choisissant judicieusement leur lieu d’implantation dans des écosystèmes économiques et industriels adéquats, donc à proximité de bassins de stages favorables au développement des formations en alternance et par apprentissage, et en adaptant la carte des formations aux spécificités locales et régionales, il est bien évident que les stagiaires qui y seront formés pourront mieux répondre aux exigences du marché du travail et plus facilement intégrer la vie active. Les trois premières de ces cités ouvriront d’ailleurs leurs portes dans les trois prochains mois dans les régions de Souss-Massa, l’Oriental et Laâyoune-Sakia El Hamra.
Sur le plan de l’enseignement supérieur, nous vivrons dans les prochaines semaines, lors de la rentrée universitaire, le lancement des premières filières du nouveau diplôme du Bachelor, lesquelles seront généralisées à partir de la rentrée 2022. Il s’agit là d’un changement qui s’est véritablement imposé de lui-même, suite à un diagnostic national très objectif sur les nombreuses contraintes du système actuel de la licence fondamentale à accès ouvert, qui accueille tout de même plus de 87% de nos étudiants, et dont les rendvements aussi bien internes qu’externes entraînent de lourdes déperditions incarnées par des taux élevés d’abandon d’études et d’échec et de faibles taux d’insertion professionnelle.
Voilà pourquoi le fil conducteur qui a guidé à l’élaboration du système Bachelor a été avant tout le profil du lauréat que nous voulons former : un lauréat doté de leadership, d’autonomie, du sens de la communication et de l’esprit d’initiative, toutes ces compétences que l’on regroupe sous le terme de soft-skills, un lauréat qui maîtrise les langues étrangères et le numérique, en somme un candidat doté des précieux atouts qui lui permettront de mieux appréhender le monde du travail et de réussir son insertion professionnelle.
Dans un tel contexte, il va de soi qu’aussi bien pour les stagiaires de la formation professionnelle que pour les étudiants, la promotion de l’entrepreneuriat doit occuper une place de choix en tant que véritable alternative, mondialement reconnue, au lourd problème du chômage des jeunes.

Quels sont les défis à relever pour la première phase de mise en œuvre du système Bachelor avant sa généralisation ?
Le ministère a tenu à laisser à chaque université sa totale autonomie de décision concernant le nombre et la nature des filières Bachelor qu’elles ouvriront dès la rentrée prochaine, en septembre 2021. Ainsi, les étudiants pourront s’inscrire dès cette année dans une cinquantaine de filières Bachelor, toutes disciplines confondues, au sein de nos universités aussi bien publiques que privées. Le premier défi consistera à mener de front les deux systèmes Licence et Bachelor en parallèle afin de permettre aux étudiants déjà inscrits en licence de poursuivre et d’achever leur cursus. Toutefois, il s’agit là principalement d’une question d’organisation et de logistique que nos universités pourront gérer sans difficultés.
Un des défis de la mise en place du Bachelor sera surtout la profonde mutation du modèle pédagogique actuel avec l’adoption désormais d’un enseignement hybride, des classes inversées et de la pédagogie interactive, notamment pour dispenser les langues étrangères et les soft-skills. D’où l’intérêt de démarrer de façon progressive, avant de généraliser le système à toutes les filières. Un autre défi sera l’acquisition indispensable d’une nouvelle forme d’autonomie par les étudiants, qui seront désormais maîtres de leur cursus universitaire. Ces derniers seront en effet appelés à mettre en place un véritable projet personnel d’études, basé sur la multitude d’opportunités qui leur seront offertes en matière de choix des modules optionnels, des sessions d’études (dont certaines seront ouvertes durant l’été), d’acquisition de crédits de capitalisation supplémentaires et de certifications dans diverses disciplines. Enfin, dernier défi, et de taille : l’évolution de la situation épidémiologique liée au Covid-19 dans notre pays. Il va de soi que pour les étudiants de première année, qui découvrent le monde universitaire, le déroulement de l’année universitaire entièrement en mode distanciel n’est pas des plus souhaitables, en particulier dans le contexte du Bachelor, qui exigera d’eux un supplément d’autonomie et de sens de l’organisation.

Vous avez identifié le problème de gouvernance comme l’un des freins au développement de la recherche scientifique au Maroc. Comment remédier à ce problème ?
Tous les chercheurs vous le diront : notre recherche est totalement et littéralement asphyxiée par les modalités d’engagement des ressources financières, qu’elles soient propres ou sous forme de subventions de l’État, voire même issues de la coopération étrangère. Les universités perdent chaque année des sommes non négligeables faute de pouvoir les utiliser, tant les procédures administratives d’engagement des financements alloués à la recherche, notamment les appels d’offres, qui nécessitent de très longs délais, sont totalement inadaptées aux réalités de la recherche scientifique, laquelle est acculée à une réactivité et une compétitivité extrêmes sans lesquelles elle ne survivrait pas. Et pour cause. De par son statut, l’université est considérée comme un établissement public à caractère administratif donc assujettie aux procédures financières de l’administration marocaine, basées sur le contrôle a priori, alors qu’un contrôle d’accompagnement, voire un contrôle a posteriori, seraient bien plus adaptés aux exigences spécifiques de la recherche scientifique. Par ailleurs, la mise en place de fondations partenariales au niveau des universités pourrait être envisagée comme moyen de mieux gérer le financement, de façon plus souple, sachant que des dispositifs de contrôle existent (Commissaires aux comptes, Inspection générale des finances, Cour des comptes...).
Sur ce plan, les propositions émanant de la CSMD vont plus loin encore, préconisant la mise en place d’une agence de moyens indépendante et capable de mobiliser des ressources importantes locales et internationales pour créer un fonds de financement de la recherche et de l’innovation géré directement par un conseil scientifique indépendant et orienté directement vers les inventeurs et les chercheurs. Le mot d’ordre d’un tel système serait d’éviter l’émiettement des fonds en finançant de façon conséquente des chercheurs rigoureusement sélectionnés sur la base des potentialités découlant de leurs projets de recherche, en leur ménageant une certaine souplesse dans l’engagement des fonds qui leur seront attribués. 

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