AutoHero, Cazoo, Aramis, Driverama : ces plateformes européennes veulent emmener sur Internet le marché des voitures d’occasion, dans une guerre qui pourrait peut-être tourner à l’avantage des automobilistes.
«Il faut être totalement transparent quant à l’état de la voiture, montrer ses défauts», explique Hamza Saber, vice-président d’Auto1. La plateforme se base sur une énorme base de données pour déterminer le prix à l’achat comme à la vente.
Les voitures passent ensuite les frontières pour aller au plus offrant, comme dans le cas d’une berline Audi rachetée en Allemagne et qui intéresserait un Français, explique Hamza Saber.Pour nourrir leur offre, ces plateformes vont devoir acheter des voitures par dizaines de milliers. «Il leur faudra du stock !» explique Steve Young du cabinet de conseil IDCP. «Elles n’ont pas le bassin d’approvisionnement naturel d’un concessionnaire. Il leur faudra aussi acheter des sociétés qui remettent ces occasions en état».Dernier arrivé sur le marché, le site Driverama compte aussi acheter 80% de ses voitures aux particuliers, et le reste aux marques et aux loueurs. Cette filiale du géant tchèque de la voiture d’occasion, Aures, doit se lancer en Allemagne en 2021, en Belgique et aux Pays-Bas en 2022 et en France en 2023.«Il y a de la place pour plusieurs», lance le jeune président de Driverama, Stanislav Galik. «Ce sera une question de confiance. Les prix des voitures sont publics. La vraie guerre se jouera autour de la transparence du service, de ses garanties, et des avis en ligne».«Les particuliers vont bénéficier de la hausse des prix de rachat de leurs véhicules auprès des professionnels, et profiter en même temps d’une expérience client plus satisfaisante», souligne Stéphane Caldairou, directeur général d’Emil Frey France, le leader français des concessions automobiles qui compte bien se battre contre cette concurrence croissante avec son propre site, Autosphere.Selon Steve Young, les prix pourraient ne pas bouger. Mais ce sont en effet les concessionnaires qui vont devoir «monter au créneau», souligne-t-il. «Internet a rendu le jeu transparent. Les acheteurs sont prêts à se déplacer pour voir une voiture».À court terme, la bataille des plateformes pourrait également se jouer sur les terrains de sport. Très British, Cazoo sponsorise du golf, du rugby et des fléchettes, pour un budget de 58 millions d’euros de sponsoring cette année au Royaume-Uni, avant de monter en puissance sur le continent.En Allemagne, AutoHero a annoncé récemment qu’il sponsoriserait le club de foot berlinois Hertha BSC.