Culture

Musée du parfum à Marrakech

Un lieu idyllique de senteurs et de méditation

Ouafaa Bennani Ouafaa Bennani,

Niché au cœur de la Médina de Marrakech dans un Riad du XIXe siècle, le Musée du parfum de Abderrazzak Benchaabane, ouvert en 2016, propose au visiteur un univers bien spécial, celui de l’art des parfums. Il fait découvrir toute la chaîne de préparation d’un parfum : de la distillation à la mise en flacon, en passant par la composition du parfum. Ainsi, chaque salle du Musée est réservée à l’une des différentes étapes de transformation des matières premières pour la composition des parfums : des huiles végétales jusqu’aux huiles essentielles. Le visiteur a même la possibilité de créer son propre parfum grâce aux ateliers de création de parfum sur mesure, à travers les fragrances qu’il aime. Il peut vivre, ainsi, une exceptionnelle et inoubliable expérience olfactive unique à Marrakech. Cependant, le Musée du parfum est, également, connu pour ses parfums vendus aussi bien au Maroc qu’à l’étranger, grâce à des revendeurs en Allemagne, en Italie et en France. «Soir de Marrakech», «Majesté», «Côté Jardin», «Côté Cour», «Été Indien» et autres sont autant de parfums créés par le parfumeur Abderrazzak Benchaabane et dont chacun raconte une histoire et possède une saveur particulière. Le Musée du parfum, grâce à la Fondation Benchaabane et une équipe dévouée, organise, tout au long de l’année, des ateliers d’éveil olfactif au profit des enfants les initiant ainsi au monde merveilleux des fragrances et différents processus de la préparation d’un parfum.


«Le Livre du parfum : Sur le chemin du sacré au profane»

«Le Livre du parfum : Sur le chemin du sacré au profane» offre aux lecteurs une vision, et le point de vue d’un spécialiste marocain, arabe et musulman, sur les usages des parfums qui sont à la fois profanes et sacrés. En historien et anthropologue, il dévoile, dans cet ouvrage, les apports de l’Orient, du Maroc jusqu’à la Chine, à la parfumerie. Selon Carole Latifa Ameer, Abderrazzak Benchaabane brosse, dans ce livre, l’un des plus beaux portraits de parfumeur, artiste à la recherche de la beauté, mais surtout de l’émotion que va susciter sa création. Et d’ajouter que cet ouvrage, tout comme le parfumeur, transcende les frontières, unit les arts et les êtres, s’adresse à l’intellect, mais aussi au cœur, aux émotions communes à toute l’humanité.
Avec ce livre de 190 pages, édité par le Musée du parfum, Abderrazzak Benchaabane, en archéologue des odeurs et des parfums, s’inscrit dans la tradition des grands maîtres musulmans herboristes-parfumeurs avec leur fine connaissance des plantes et des parfums.


Biographie

Natif de Marrakech, Abderrazzak Benchaabane est docteur d’État en écologie végétale, en ethno-botanique, photographe, voyageur, conférencier et créateur de parfums. Il a restauré les Jardins Majorelle et les a gérés de 1999 à 2008. En plus de ses nombreux articles et reportages sur les jardins marocains, français et allemands, il est l’auteur d’ouvrages sur l’histoire des jardins à Marrakech et sur les plantes médicinales et aromatiques.
Dans ses projets de photographes, il fait paraître quatre albums-photos en noir et blanc au Maroc, en France et en Italie. Sa Fondation Benchaabane est à l’origine du Festival de l’art des jardins à Marrakech «Jardin’Art» et de la publication du Magazine «Jardins du Maroc, Jardins du monde». Elle encourage à l’éducation des jeunes à la protection de l’environnement et à leur éveil artistique et olfactif.


Entretien avec le botaniste et créateur de parfums Abderrazzak Benchaabane

«C’est la culture arabo-musulmane qui a introduit les parfums dans les cours européennes au Moyen Âge»â€‹

Le Matin : Racontez-nous un peu l’histoire de ce Riad devenu Musée du parfum?
Abderrazzak Benchaabane
: Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion d’acquérir un vieux Riad du 19e siècle qui était à proximité de notre maison. Depuis mon enfance je regardais cette maison en ruine de la terrasse de chez moi. Quand je l’ai achetée en 2004, j’ai pris tout mon temps pour la restaurer. Pendant sa restauration, j’ai remarqué que beaucoup de touristes étaient attirés par ce Riad. En passant, ils rentraient pour voir ce qui se passe à l’intérieur et prennent même des photos avec les artisans. C’est ce qui m’a motivé à penser en faire un Musée au lieu d’y habiter.

Donc, c’est là où est venue l’idée d’ouvrir un Musée du parfum ?
Au départ, j’ai ouvert un Musée de l’art de vivre où il y avait sept salles, dont une était consacrée aux soins du corps (Hamman, soins des cheveux, préparation des ghassouls, l’eau de fleur d’oranger, le savon noir…). C’était une sorte d’exposition des techniques et méthodes de réalisation de ces préparations. J’ai remarqué que cette salle attirait beaucoup plus de visiteurs qui posaient des questions avec beaucoup intérêt. Avec le temps, pourquoi ne pas transformer ce lieu en un Musée du parfum, puisqu’il y a plus de demandes ? Quand le projet a été réalisé, le succès était au rendez-vous.

Quel a été votre objectif principal en créant ce Musée ?
Le but est de pouvoir communiquer sur le savoir-faire traditionnel des Marocains en matière de soins du corps et des parfums. Puis, en même temps de montrer leurs capacités à s’ouvrir sur le monde extérieur. Tout de suite après l’ouverture du Musée, il y a eu un impact et des retombées très positives.

Quelle est la place des parfums dans les traditions marocaines ?
Le parfum est dans notre culture. Car, nous sommes tous nés avec les parfums dans nos familles, à travers toutes les cérémonies (mariages, naissance, circoncision…) où les parfums sont toujours présents, jusqu’aux funérailles où le mort est accompagné de parfums (fleur d’oranger et oud). Le parfum est présent dans toutes nos étapes de vie au Maroc. Et on oublie souvent que les Arabes et Andalous étaient les premiers parfumeurs. C’est la culture arabo-musulmane qui a introduit les parfums dans les cours européennes au Moyen Âge. À cette époque, les Européens ne se parfumaient pas et ne se lavaient même pas. Jusqu’à la renaissance, ils ne connaissaient pas le savon. Et donc, dans l’art de vivre marocain, il y avait une place très importante consacrée aux soins du corps et au bien-être. Les parfums font partie de cette histoire.

Comment le parfum est-il arrivé chez les Arabes ?
Pour répondre à cette question, j’ai écrit tout un livre sur l’histoire universelle du parfum sous l’intitulé «Le Livre du parfum : Sur le chemin du sacré au profane». Dans cet ouvrage, il y a toutes les réponses qui sont en rapport avec l’histoire du parfum.

Et votre histoire avec Yves Saint Laurent ?
À la fin des années 1990 début 2000, on était en train de finir l’aménagement du Jardin Majorelle, Yves Saint Laurent avait exprimé le vœu d’ouvrir une boutique pour vendre des souvenirs du jardin. Il a proposé des livres, des cartes postales, puis un parfum. Mais, à la fin de la réunion, il m’a dit : «c’est vous qui allez faire ce parfum». C’est là où je me suis dit : il faut que je fonce, puisque du jardin au parfum, il n’y a qu’un pas. Il fallait le franchir et je l’ai fait. Et c’est comme ça que je suis devenu parfumeur. C’est grâce à cette rencontre avec Yves Saint Laurent.
Expliquez-nous cette relation intime entre les plantes et les parfums...
D’abord, il n’y a pas de parfum sans les plantes et leurs essences. Je me dis toujours que dans la vie si on peut apprendre quelque chose qui améliore ce qu’on fait, c’est merveilleux. Donc, un parfumeur travaille avec les matières qui viennent des plantes. S’il ne connaît pas les plantes, il ne peut pas faire les nuances entre elles. Mais, tous les botanistes ne peuvent pas devenir des parfumeurs. Il faut d’abord aimer faire cela. Mais, le parfumeur doit avoir une vaste connaissance floristique, c’est-à-dire une connaissance sur la vie des plantes et une connaissance chimique. Plus la connaissance est élargie, plus le produit fini est meilleur.

Puisqu’on parle des connaissances, que vous a apporté votre expérience au Jardin Majorelle ?
J’ai appris, pendant cette période, qu’il y a différentes manières de réaliser un jardin. Que ce jardin Majorelle est un jardin d’un artiste qui aime les plantes. Car, il a conçu son jardin comme une œuvre d’art, en ajoutant des couleurs dans les bassins, sur les pots, sur les murs… afin d’animer cet espace. Durant mon exercice, j’ai pu apprendre le rôle de l’eau dans les jardins islamiques. Donc, la multiplicité des jardins qu’il a faits donne une meilleure idée sur l’art de design du jardin. J’ai aussi découvert que le climat de Marrakech était propice à cultiver des cactus qui viennent du milieu aride et du bambou qui vient du milieu humide. Et ce, grâce à la température de Marrakech où tout peut pousser s’il y a de l’eau. J’ai alors confirmé, grâce cette expérience, ce que j’ai appris à l’université ; c’est-à-dire une plante à besoin de trois choses : un sol qui est bien, de l’eau et de la chaleur. Et pour faire un beau jardin, il faut de l’imagination et Jacques Majorelle en avait énormément, notamment le goût, le sens de la perspective et le sens de l’esthétique. Ainsi, malgré les personnes qui se sont succédé dans la gestion du jardin, cette œuvre restera pour longtemps et pour toujours l’œuvre de Majorelle. Elle est vivante et fragile. J’avais appris à m’en occuper comme un bébé avec beaucoup de soins. Dans ce jardin, j’ai appris plein de choses sur l’univers des plantes d’une manière pratique.

Vous avez, également, écrit des ouvrages sur ces expériences vécues ?
Je crois beaucoup à la transmission et toute expérience acquise doit être diffusée pour les autres, à travers les Médias et l’écriture. Quand on écrit, on a plus le temps et l’espace pour exprimer un peu les idées et pouvoir les transmettre de manière fidèle au lecteur. Aujourd’hui, si nous existons en tant qu’étudiants ou professeurs, c’est grâce au millier de livres écrits par des gens qui nous ont précédés.

Pourquoi avez-vous choisi de vivre loin de la ville ?
Ceci me permet de travailler sur ma passion qui est le domaine végétal. Je cultive mes potagers et mes vergers. Je médite. Et pour transmettre ces expériences, j’écris.

Vos prochains projets en matière de livres ?
Je vais, dans mon prochain ouvrage, parler d’un grand jardinier marocain inconnu. Je l’ai déniché à travers les lectures et les recherches. Puis, j’ai commencé à l’imaginer et à écrire son histoire d’une manière romanesque.

Et pour les parfums ?
Dès l’ouverture des frontières, je lancerai un nouveau parfum sur le thème du voyage. À la fin des travaux, qui sont en cours dans le Musée du parfum, je prévois une exposition qui raconte la vie d’une femme mordue de parfum. 

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