Régions

Moyen Atlas

Pêche sportive : Un fort potentiel touristique en quête de développement

LE MATIN

Depuis le 21 mars dernier, les férus de la pêche à la ligne ont pu retrouver les sentiers menant aux plans d’eau, ou plutôt au seul plan d’eau ouvert pour l’instant, celui d’Amghass I, dans la province d’Ifrane. L’ouverture de la saison de la pêche dans les eaux continentales a, certes, fait des heureux, des amateurs de pêche sportive privés, l’année dernière pour cause de confinement, de leur passion. Cependant, le retour au bord des lacs et autres cours d’eau ne fait pas que des heureux, notamment ceux qui sont de l’autre côté du miroir, tant acteurs associatifs que militants pour cette pratique séculaire, qui font état de ratages dans la gestion de tout ce qui entoure cette discipline au Maroc. Entre responsables qui mettent en avant leurs réalisations et acteurs associatifs qui adoptent un langage antagonique, le débat est ouvert. Au menu, du poisson à toutes les sauces !

Les mordus de la pêche investissent les cours d’eau de l’Atlas

L’ouverture officielle de la saison de pêche dans les eaux douces continentales, au titre de l’année 2021-2022, a eu lieu dimanche 21 mars dans différentes régions du Royaume et, notamment, dans la région du Moyen Atlas, et ce, à l’initiative du département des Eaux et forêts et de la lutte contre la désertification et du Centre national d’hydrobiologie et de pisciculture (CNHP).
Parallèlement, l’ouverture officielle de la pêche de la truite dans le plan d’eau conditionnée par un permis spécial à Amghass 1, ainsi que de la pêche «No Kill» au niveau du plan d’eau Amghass 3, s’est déroulée le 28 mars dernier. À cette occasion, plus de 170 pêcheurs, venus de différentes villes, se sont donné rendez-vous au complexe Amghass relevant de la province d’Ifrane.
Selon Mohamed Saddik, chef du CNHP d’Azrou, les pêcheurs se sont donné rendez-vous en ce 21 mars coïncidant avec le premier jour du printemps et la Journée mondiale des forêts, au niveau des différents plans et cours d’eau et de barrages pour inaugurer la nouvelle saison de la pêche. Cette saison est marquée par l’allégement des restrictions sanitaires liées à la pandémie de la Covid-19, car l’an dernier, les pêcheurs n’ont pas pu en profiter.
Le responsable a rappelé le rôle important joué par le CNHP le long de l’année pour préparer la saison de la pêche, notamment au niveau de la station de pisciculture de Ras El Mae, qui a connu de grands efforts d’aménagement et de repeuplement des différents cours d’eau et étangs, aussi bien par des alevins que par des poissons adultes. Mohamed Saddik a souligné qu’à travers ces efforts, le CNPH permet aux pêcheurs de valoriser ces milieux, de les connaître et de les préserver. Car ces milieux aquatiques servent aussi bien comme habitats que comme milieux contribuant au développement local, à travers la promotion du tourisme halieutique et écologique par le biais de la promotion de la pêche sportive.
Le chef du CNHP a aussi fait savoir que cette activité vise à créer une chaîne de valeur en tant que locomotive pour le développement local, à travers la création de services et de postes d’emploi. Mettant en relief la position géographique stratégique du Moyen Atlas central surtout, le responsable a indiqué que cette région, qui attire de nombreux pêcheurs, constitue un véritable espace qui se prête à l’élevage et au développement de la truite arc-en-ciel. 


Mohamed Abouabdellah, président de la Fédération marocaine de la pêche responsable

«L’ouverture de cette saison s’est déroulée dans des conditions assez particulières à cause de la Covid-19»

«Ce jour d’ouverture est un jour de fête pour tous les pêcheurs marocains, qui se sont déclarés très satisfaits de cette première journée marquant l’ouverture de la saison de pêche». La formule est signée Mohamed Abouabdellah, président de la Fédération marocaine de la pêche responsable. Selon lui, cette première journée était une belle réussite grâce aux efforts déployés par le département des Eaux et forêts et par le CNHP, dont le but était d’assurer un bon repeuplement des cours d’eau et des étangs par des poissons pêchables, dont le nombre et la taille sont très importants.
«Bien que cette ouverture se soit déroulée cette année dans des conditions assez particulières, à cause de la pandémie de la Covid-19, les adhérents de la Fédération marocaine de la pêche responsable sont sensibilisés aux gestes barrières à respecter et aux mesures de protection», a-t-il indiqué. Et de conclure : «La Fédération est mobilisée et adhère à la nouvelle stratégie Forêts du Maroc, en adoptant une approche participative pour la mise en œuvre d’une promotion du tourisme halieutique comme produit de l’écotourisme». 


Mohamed Sadik, directeur du Centre national d’hydrobiologie et de pisciculture (CNHP)

«Le CNHP doit s’aligner sur les cycles biologiques afin de sécuriser les opérations de repeuplement des parcours de pêche»

Le Matin : Quel rôle joue le CNHP pour promouvoir et développer la pêche sportive dans les eaux continentales ?
 Mohamed Sadik : Le CNHP entreprend toujours des activités de reproduction et d’élevage de poissons d’eau douce quelles que soient les conditions. Il doit s’aligner sur les cycles biologiques pour assurer une production soutenue des poissons de différentes tailles afin de sécuriser les opérations de repeuplement des parcours de pêche et, notamment, de maintenir le renouvellement des stocks de géniteurs.
Les pisciculteurs du Centre ont travaillé d’arrache-pied et dans un défi absolu pour s’occuper des cheptels piscicoles pour ne pas rater les campagnes de reproduction et de déversement.

Qu’en est-il de l’état des infrastructures dont dispose le CNHP pour bien remplir ses fonctions ?
Durant les 4 dernières années, le Département des eaux et forêts a doté le CNHP des crédits nécessaires pour réanimer toutes les infrastructures piscicoles, à commencer par la mise à niveau des différents blocs de laboratoires et leurs équipements pour stimuler la motivation du staff technique. Puis il y a eu la réhabilitation des écloseries, des canaux d’adduction d’eau des sources, la réalisation de l’aquarium pour exposer la biodiversité piscicole et, bien sûr, le réaménagement des 4 stations, à savoir celle de Ras El Mae qui a connu un réaménagement radical lui permettant de faire face aux risques des crues, la station de Deroua qui a été aménagée et qui a connu une action phare qu’est l’installation d’un système de panneaux photovoltaïques pour la production d’énergie verte, elle est ainsi devenue station piscicole écologique. Pour sa part, la station d’Amghass a connu l’installation d’un circuit fermé dont les travaux prendront fin cette année pour assurer la production des percidés, des sandres et des perches fluviatiles et, finalement, l’aménagement des parcours de pêche comme Amghass, Ouiwane et la station Aïn Atrouss où les travaux d’aménagement sont en cours.

Où en êtes-vous avec le projet de reproduction de l’écrevisse à pattes rouges en voie d’extinction dans notre pays ?
La station astacicole pour la production de l’écrevisse a pattes rouges continue à jouer pleinement son rôle et à remplir sa fonction de production, qui varie entre 20.000 et 30.000 estivaux qui sont déversés dans les eaux de l’oued Tizguit, du complexe Zerrouka et du plan d’eau Sidi Mimoune.


Barrage de Tamaloute, le paradis de la truite arc-en-ciel

Le barrage de Tamaloute, situé dans la province de Midelt, dont la superficie dépasse 180 ha, dispose d’une capacité de plus de 50 millions de m³. L’ouvrage constitue un biotope par excellence pour la truite arc-en-ciel, selon les paramètres prélevés dans ce site. Il représente une opportunité pour le développement du tourisme halieutique et écologique. La faune piscicole autochtone y est constituée de la truite fario et du barbeau.
Les actions de repeuplement entreprises au niveau de ce barrage, durant sa mise en eau il y a un peu plus de deux ans, ont porté sur le déversement de 220.000 alevins de truites arc-en-ciel en 2019, le lâcher de 3.600 truites adultes pêchables en 2020, le déversement de 200.000 alevins en janvier 2021 et 1.240 truites adultes pêchables en mars 2021.
Cette valorisation du barrage de Tamaloute constitue, à coup sûr, un pôle d’attraction pour les pêcheurs, dans cette région bénéficiant d’un paysage fascinant et imprenable aux côtés de sources thermales. Le site offre également une opportunité au développement socioéconomique local et à la commercialisation des produits du terroir. Le barrage joue indéniablement un rôle dans l’impulsion de l’économie locale. 


Un sport à part entière

La pêche sportive est une pratique de la pêche en loisir ou en compétition, conditionnée par la détention d’une licence. Avec l’augmentation du nombre de pratiquants et de compétitions dans le monde entier, elle tend à être considérée comme un sport à part entière. Chaque catégorie de pêche possède ses règles et ses records. Il existe des disciplines où l’objectif n’est pas de réaliser la plus grosse prise, mais plutôt le plus grand nombre de prises en un temps limité.
La pratique de la pêche nécessite généralement la possession d’un équipement sophistiqué, une expérience et la connaissance du lieu, mais également une bonne condition physique et une certaine patience. Les pêcheurs sportifs font en principe preuve d’un esprit sportif, en respectant l’adversaire, ainsi que le poisson. Dans le cas de la pêche au vif, le poisson-appât est inévitablement maltraité et tué, mais il est de plus en plus fréquent, lorsque la technique de pêche le permet, que le poisson capturé soit relâché. Cette pratique se nomme le «No-Kill». Il arrive également que les prises soient conservées en vue d’une pesée ou pour la consommation personnelle.
La pêche sportive peut se réaliser en eau douce ou en mer. Elle est parfois encadrée par des fédérations qui organisent des compétitions, qui fixent les lois et les règles. Le respect de ces réglementations et de l’environnement est primordial dans le monde de la pêche. 


Entretien avec Abdellah Bouzid, président de la Fédération marocaine de la pêche écologique

«Nous insistons sur une gestion patrimoniale des cours d’eau»

Le Matin : La pêche sportive a aussi subi les affres du confinement l’année dernière. Comment a été la reprise avec l’ouverture de la saison actuelle de la pêche ?
Abdellah Bouzid
: L’ouverture de la saison de la pêche n’était pas vraiment fameuse. Après la période du confinement que nous avions vécu l’année dernière, on s’attendait à ce que la saison de pêche actuelle soit différente de celles des années précédentes. Du coup, ça a quelque part contrarié nos espérances.

Devrait-on en déduire que l’engouement n’était pas au rendez-vous ?
Pas vraiment. Certes, il y avait de l’engouement, les pêcheurs étaient en nombre pour cette ouverture, d’autant que de plus en plus de Marocains s’adonnent à la pêche. Preuve en est le nombre de permis délivrés chaque année. Cependant, ils ne trouvent pas beaucoup d’espaces pour pratiquer la pêche sportive. C’était le cas cette année. De même, le cheptel de poissons dans les cours d’eau n’est pas consistant. Le dimanche coïncidant avec l’ouverture de la saison, il y avait un seul plan d’eau ouvert, celui d’Amghass I, sur lequel se sont rués plus de 400 pêcheurs. De ce fait, la faiblesse du nombre de prises ne peut augurer d’une bonne journée de pêche.

Quel rapport entretient la Fédération marocaine de la pêche  écologique avec le Centre national d’hydrobiologie et de pisciculture (CNHP) ?
Nous avons toujours défendu l’idée que le CNHP doive procéder à une gestion patrimoniale de la truite fario qui se reproduit en milieu naturel, contrairement à la truite arc-en-ciel qui ne se reproduit qu’en élevage, et dont le CNHP est obligé de faire des déversements chaque saison dans les cours et les plans d’eau. La truite fario existe dans des cours d’eau comme Sidi Hamza, le Lac Tamda et le Lac d’Ifni, mais ce sont des sites excentriques par rapport aux pêcheurs, alors que dans les sites forestiers comme Azrou où les pêcheurs peuvent se déplacer, nous avons remarqué une diminution du cheptel de truite fario à cause, justement, de cette gestion du CNHP, d’où la nécessité de s’orienter vers une gestion patrimoniale, à l’image de ce qui se fait en Espagne, en France ou encore au Portugal, pour ne citer que ces pays limitrophes. Sur tout le continent africain, la truite fario n’existe qu’au Maroc et elle doit bénéficier d’un vrai travail de valorisation.

Que préconisez-vous dans ce sens ?
En tant que Fédération, nous insistons sur une gestion patrimoniale des cours d’eau, notamment en truite fario, qui est une truite marocaine, dont 4 ou 5 souches ont été identifiées. Depuis deux ans, le CNHP n’en fait pas la reproduction dans le centre de Ras El Mae. À la place, on amène des truites arc-en-ciel d’autres pays, on les engraisse puis on les met à l’eau, pour qu’un pêcheur vienne les prendre et voilà, le capital s’est envolé, alors qu’on peut privilégier la fario qui peut se développer en milieu naturel. C’est un axe de développement très important, car cette espèce, prisée par les pêcheurs du monde entier, est susceptible de booster l’écotourisme, avec tous les impacts que cela peut avoir sur beaucoup d’activités telles ue l’hébergement, la restauration, la randonnée et toutes sortes de loisirs. Malheureusement, nous constatons un recul des actions du CNHP ces quatre dernières années. 


Association 8 mars : La pêche sportive au féminin

Créée le 3 juin 2016 à l’initiative d’un groupe de femmes, l’Association 8 mars de la pêche écologique et de la préservation de la nature est active dans le domaine de l’éducation à l’environnement. Elle a également pour ambition le renforcement de la présence de la femme marocaine dans des secteurs réservés, de nos jours, aux hommes, tel que la pêche sportive dans les eaux continentales et ses activités connexes.
Selon Aïcha Falaki, présidente de l’Association, la femme marocaine est loin d’être une passionnée de la pêche pour la simple raison que cette activité est strictement masculine. Autrement dit, c’est un cliché que cette Association cherche à inverser pour montrer que la femme peut aussi s’investir dans ce genre d’activités qui est non seulement liées aux loisirs et au bien-être de la femme, mais qui peut aussi jouer un rôle important dans le développement socioéconomique des communautés féminines rurales.
«Afin d’atteindre ces objectifs, l’Association s’est fixé comme activités opérationnelles la conception de circuits de pêche et l’organisation d’activités de pêche sportive et écologique spécialement dédiées aux femmes, l’intégration de la femme dans les activités de pêche, en particulier les compétitions et les événements y afférents au niveau national et international, fournir aux femmes des opportunités de découverte de la pêche et à travers ses activités, contribuer à la valorisation et à la conservation de la nature, la contribution à la formation des enfants et leur encouragement à aimer la pêche écoresponsable dans les eaux continentales moyennant des concours, la conception de projets de développement de la pêche en faveur de l’économie locale et au profit de la femme rurale, la contribution à la sensibilisation à l’impact des changements climatiques sur les ressources piscicoles et aux comportements à adopter pour éviter l’aggravation de ce phénomène menaçant la préservation et la durabilité des ressources halieutiques.  

Dossier réalisé par Abdelhakim Hamdane & Mohammed Drihem

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